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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400853

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400853

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400853
TypeOrdonnance
Avocat requérantAKAKPOVIE EKOUE DIDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mai 2024, M. A B, représenté par Me Akakpovie, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a renouvelé, à compter du même jour, son assignation à résidence dans le département de la Corrèze pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter tous les mardis et jeudis auprès des services de gendarmerie à la brigade de Beaulieu-sur-Dordogne ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2024 par lequel le préfet de la Corrèze lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le même délai ;

4°) en tout état de cause, d'enjoindre au préfet de la Corrèze d'annuler l'arrêté portant assignation à résidence dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, à verser à Me Akakpovie, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Cnsidérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Selon le II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". L'article R. 776-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énonce au II que : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément ". L'article R. 776-5 du même code précise par ailleurs que ce délai de recours de quarante-huit heures ne peut faire l'objet " d'aucune prorogation ".

3. Aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. / Le délai de quarante-huit heures prévu au premier alinéa est également applicable à la contestation de la décision d'assignation à résidence notifiée postérieurement à la décision d'éloignement, alors même que la légalité de cette dernière a été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée () ".

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté du 14 mai 2024 renouvelant l'assignation à résidence de M. B, qui comporte l'indication des voies et délais de recours, lui a été notifié par voie administrative le 14 mai 2024 à 15h15. Or, la requête tendant à son annulation a été enregistrée au greffe le 16 mai 2024 à 15h25, après l'expiration du délai de quarante-huit heures prescrit par les dispositions précitées, lequel se décompte d'heure à heure. Les conclusions présentées contre la décision portant assignation à résidence du 14 mai 2024 sont donc tardives et, par suite, irrecevables. D'autre part, et à supposer que les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 30 mars 2024 par lequel le préfet de la Corrèze lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ne constituent pas une erreur de plume, il ressort des pièces du dossier que cet arrêté, qui comporte l'indication des voies et délais de recours, a quant à lui été notifié à M. B par voie administrative le 30 mars 2024 à 14h40. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation présentées le 16 mai 2024 à l'encontre de cet arrêté sont également tardives.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B, qui est tardive et ne saurait être régularisée, doit être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Akakpovie.

Fait à Limoges, le 21 mai 2024

Le président,

D. ARTUS

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef,

La greffière,

M. C

mf

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