vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401748 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2024, M. A C demande au juge des référés d'annuler le courriel du 12 septembre 2024 par lequel le chef du service des risques naturels et hydrauliques de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) de Nouvelle-Aquitaine a précisé les modalités d'organisation applicables au département des ouvrages hydrauliques à compter du 16 septembre 2024.
Il soutient, d'une part, que les mesures contenues dans ce courriel ne respectent pas les institutions judiciaires et méconnaissent tant les droits des victimes, le devoir de protection de l'employeur à l'égard des victimes présumées que le principe de précaution et, d'autre part, qu'il y a urgence en raison de l'impact avéré de ces mesures sur sa santé et celle des autres agents de la DREAL de Nouvelle-Aquitaine.
Vu :
- la requête au fond enregistrée le 20 septembre 2024 sous le n° 2401749 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courriel du 12 septembre 2024, le chef du service des risques naturels et hydrauliques de la Dreal de Nouvelle-Aquitaine a informé les agents affectés au département des ouvrages hydrauliques de la suspension du projet de réorganisation de ce département et des modalités de son organisation applicables, à titre temporaire, à compter du lundi 16 septembre 2024. M. C, agent titulaire chargé de la mission " suivi et renouvellement des concessions hydroélectriques " et de l'inspection de la sécurité des ouvrages hydrauliques, demande au juge des référés d'annuler ce courriel.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
3. D'une part, l'article L. 511-1 du même code dispose que : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".
4. D'autre part, les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
5. S'il ressort des termes de la requête que M. C, qui a entendu saisir le juge des référés, demande l'annulation du courriel susvisé du 12 septembre 2024, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 511-1 du code de justice administrative que le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'un acte administratif dès lors qu'une telle mesure revêt, eu égard à son objet et à ses effets, un caractère définitif. A supposer néanmoins que le requérant ait entendu demander la suspension de l'exécution de ce courriel, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que les mesures organisationnelles qui y sont indiquées porteraient atteinte aux droits que M. C tient de son statut ou emporterait une perte de responsabilités, ni qu'elles traduiraient une discrimination ou une sanction à son encontre. De telles mesures, qui présentent le caractère de mesures d'ordre intérieur, ne font pas grief et sont donc insusceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il suit de là que la requête présentée par M. C est manifestement irrecevable et doit ainsi être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Limoges, le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au ministre de la fonction publique, de la simplification et de la transformation de l'action publique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
M. B
cg