vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401761 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Dumont, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 17 mai 2024 par laquelle la présidente de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers près de l'Université de Limoges a prononcé son exclusion ferme de l'établissement pour une durée d'un an avec annulation du semestre comprenant l'épreuve à l'origine des faits de fraude ou tentative de fraude, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Université de Limoges une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la condamner aux entiers dépens.
Il soutient que :
-la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut plus s'inscrire à l'Université pour poursuivre son cursus de formation faisant l'objet d'une exclusion ferme d'un an et qu'il ne peut davantage obtenir la délivrance de son diplôme de licence dans la mesure où la commission disciplinaire a annulé l'intégralité du semestre 6 de son diplôme de licence ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
o la procédure est irrégulière dès lors d'une part que le procès-verbal, fondement de la procédure, est entaché d'une irrégularité substantielle portant atteinte aux garanties essentielles qui lui sont accordées, d'autre part, qu'il y a eu une méconnaissance des droits de la défense dans la mesure où la présidente de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers lui a adressé une convocation devant la commission d'instruction sans lui préciser la possibilité de présenter des observations écrites et le délai dans lequel il pouvait présenter ses observations, en outre, qu'il n'a pas été informé de son droit à récusation et n'a pu faire valoir ce droit et, enfin qu'elle est entachée de partialité puisqu'il n'a pas été en capacité d'assurer une défense adaptée et que le refus de reporter la séance n'était pas justifié ;
o la procédure est entachée d'irrégularité interne dès lors qu'il a été poursuivi devant la commission disciplinaire pour avoir eu recours, selon la présidente de l'Université, à une " antisèche " dans le cadre de l'épreuve terminale de la matière CM " La nature : concepts et idéologies, usages " alors qu'aucun élément dans le dossier ne permet d'établir qu'il aurait fait usage de ce document lors de l'épreuve considérée et que ce document n'était ni en sa possession, ni à sa proximité lors de l'examen.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 septembre 2024 sous le n° 2401762 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 janvier 2024, M. A a été convoqué à un entretien par le doyen de la faculté des sciences humaines. Au cours de cet entretien, le doyen a indiqué à M. A qu'une procédure disciplinaire allait être engagée à son encontre pour trois faits survenus lors de la session d'examen du printemps 2023, à savoir deux suspicions de plagiat et une suspicion de fraude ou de tentative de fraude. M. A a ensuite été convoqué devant la commission disciplinaire le 13 mai 2024 pour des motifs de fraude ou tentative de fraude. Par une décision du 17 mai 2024 notifiée le 10 juin 2024, la présidente de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers a décidé de l'exclusion ferme de l'établissement d'une durée d'un an immédiatement exécutoire nonobstant appel. M. A demande la suspension de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
3. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par M. A à l'appui de sa demande de suspension et tirés de ce que la décision serait entachée d'illégalité externe et interne tels que développés dans les visas ne paraissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions à fin de suspension ainsi que, par voie de conséquence, celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.
Fait à Limoges, le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
M. B
cg