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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2502505

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2502505

mardi 10 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2502505
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant par ordonnance, rejette l'opposition formée par une requérante contre une contrainte visant au recouvrement d'un indu de prime d'activité. Le juge estime que les moyens relatifs au bien-fondé de la dette sont irrecevables, car la requérante n'a pas justifié avoir exercé au préalable le recours administratif obligatoire devant la caisse, comme l'exige l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale. La requête est donc rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 décembre 2025, Mme B... A... forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 20 novembre 2025 par le directeur de la caisse d’allocations familiales de l’Essonne tendant au recouvrement de la somme de 534,41 euros au titre d’un indu de prime d’activité.

Par un courrier 22 décembre 2025, le tribunal a invité Mme A..., dans le délai de 15 jours, à produire toute pièce lui permettant de justifier qu’elle aurait exercé un recours administratif préalable obligatoire à l’encontre du bien-fondé de l’indu contesté.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…)». En matière de contentieux sociaux, aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».

2. D’autre part, aux termes de l’article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : « Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 (…) ». Aux termes enfin de l’article L. 161-1-5 du même code : « Pour le recouvrement d’une prestation indûment versée (…), le directeur d’un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d’opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d’un jugement et confère notamment le bénéfice de l’hypothèque judiciaire. »

3. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu’un recours contentieux tendant à l’annulation de la décision du directeur d’une caisse d’allocations familiales ordonnant le versement d’indu de prime d’activité n’est recevable que si l’intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu’elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l’opposition à une contrainte délivrée en vue de l’exécution d’une telle décision ne subordonnent pas l’exercice de cette voie de droit à l’exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l’occasion de l’opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l’indu que s’il a exercé le recours administratif préalable prévu par les dispositions précitées. En outre, pour demander la décharge de l’obligation de payer résultant d’une contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d’avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l’exigibilité de la créance de la caisse d’allocations familiales.

4. Mme A... forme opposition à la contrainte émise par la caisse d’allocations familiales de l’Essonne pour le recouvrement d’un indu de prime d’activité d’un montant de 534,41 euros en se bornant à contester le bien-fondé de cet indu. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction qu’elle aurait, préalablement à l’introduction de sa requête, exercé le recours administratif prévu à l’article L. 825-2 du code de la construction et de l’habitation. En effet, en dépit de l’invitation qui lui a été adressée le 22 décembre 2025 et nonobstant les documents transmis le 29 décembre 2025, Mme A... n’a pas produit de pièce par laquelle elle justifierait avoir exercé un recours administratif préalable obligatoire. Dans ces conditions, les moyens soulevés au soutien de l’opposition à contrainte, relatifs au seul bien-fondé de l’indu, ne sont pas recevables.

5. Dans ces conditions, la requête de Mme A... ne peut qu’être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er
:
La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2
:
La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Limoges, le 10 mars 2026.



Le vice-président,





F-J. REVEL




La République mande et ordonne
au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef
La Greffière

M. C...



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