LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2207080

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2207080

vendredi 27 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2207080
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de décharge d'un rappel de taxe sur les salaires formulée par la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan. Le litige portait sur l'assujettissement à cette taxe de la rémunération versée au directeur général de la caisse pour les années 2016 et 2017. Le tribunal a jugé que, conformément aux articles 231 du code général des impôts et L. 311-3 du code de la sécurité sociale, la caisse régionale était bien assujettie à la taxe sur les salaires et que la rémunération de son directeur général, en tant que mandataire social, devait être intégrée dans son assiette.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 avril 2022 et le 28 novembre 2024, la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, du rappel de taxe sur les salaires mis à sa charge au titre des années 2016 et 2017, pour un montant global de 155 973 euros.

Elle soutient que :
- à titre principal, les caisses régionales du Crédit agricole mutuel employant des salariés relevant du régime agricole de sécurité sociale, les dispositions du code de la sécurité sociale sont inapplicables pour la détermination des rémunérations entrant dans l’assiette de la taxe sur les salaires dont elles sont redevables ;
- il convient, au contraire, de faire application des dispositions du code rural et de la pêche maritime, en vertu desquelles les rémunérations directeurs généraux des caisses régionales n’entrent pas dans l’assiette de la taxe sur les salaires, dès lors que ces dirigeants ne figurent pas sur la liste exhaustive fixée par l’article L. 722-20 de ce code ;
- à titre subsidiaire, en raison du statut spécifique des caisse régionales du Crédit agricole mutuel, sociétés coopératives à capital variable relevant de la loi sur les coopérations, leurs directeurs généraux ne sont pas assimilables aux mandataires sociaux visés à l’article L. 311-3 du code de la sécurité sociale et, dès lors, leurs rémunérations n’entrent pas dans l’assiette de la taxe sur les salaires ; la décision de soumettre la rémunération de son directeur général aux cotisations sociales agricoles résulte d’une démarche volontaire et est sans incidence sur son affiliation à un régime de obligatoire de sécurité sociale ;
- l’inclusion de la rémunération de son directeur général dans l’assiette de la taxe sur les salaires contrevient aux termes du paragraphe n° 10 des commentaires administratifs publiés le 2 mars 2016 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) – Impôts sous la référence BOI-TPS-TS-20-10.


Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le directeur chargé de la direction des vérifications nationales et internationales conclut au rejet de la requête.


Il soutient que les moyens qu’elle comporte ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 décembre 2024, la clôture de l’instruction a été fixée au 17 janvier 2025.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Abdat, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Aymard, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

La Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan a fait l’objet d’une vérification de comptabilité portant sur la période courant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, à l'issue de laquelle les services de la direction des vérifications nationales et internationales lui ont adressé une proposition de rectification du 2 août 2019, mettant à sa charge un rappel de taxe sur les salaires au titre des années 2016 et 2017, assorties d’intérêt de retard, procédant de la réintégration de la rémunération versée par la requérante à son directeur général dans l’assiette de cette taxe. Après vaine réclamation contentieuse, adressée à l’administration fiscale le 9 juin 2021 et rejetée le 18 mars 2022, la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan demande au tribunal de lui accorder la décharge, en droits et pénalités, de ce rappel de taxe sur les salaires.




Sur l’assujettissement de la caisse régionale requérante à la taxe sur les salaires :

Aux termes de l’article 53 bis de l’annexe III du code général des impôts : « Doivent acquitter la taxe sur les salaires visée à l’article 231 du code général des impôts (…), les organismes coopératifs, mutualistes et professionnels agricoles énumérés ci-après : / (…) Caisses de crédit agricole mutuel (…) ; Unions ou fédérations des organismes précités et, généralement, tous groupements coopératifs mutualistes et professionnels agricoles régulièrement constitués (…) ».

Il résulte de ces dispositions que les caisses régionales du Crédit agricole mutuel sont assujetties à la taxe sur les salaires, instaurée par l’article 231 du code général des impôts.

Sur l’assujettissement des rémunérations versées au directeur général de la caisse régionale requérante à la taxe sur les salaires :

En ce qui concerne l’application de la loi fiscale :

D’une part, aux termes de l’article 231 du code général des impôts dans sa version applicable jusqu’au 31 août 2018 : « 1. Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés (…) sont soumises à une taxe égale à 4,25 % de leur montant évalué selon les règles prévues à l'article L. 136-2 du code de la sécurité sociale (…). Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés (…) ». Aux termes de l’article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable jusqu’au 31 août 2018 : « « I.- La contribution est assise sur le montant brut des traitements, indemnités, émoluments, salaires, allocations, pensions y compris les majorations et bonifications pour enfants, des rentes viagères autres que celles visées au 6 de l'article 158 du code général des impôts et des revenus tirés des activités exercées par les personnes mentionnées aux articles L. 311-2 et L. 311-3. (…) ».


D’autre part, aux termes de l’article L. 311-2 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : « Sont affiliées obligatoirement aux assurances sociales du régime général, quel que soit leur âge et même si elles sont titulaires d'une pension, toutes les personnes quelle que soit leur nationalité, de l'un ou de l'autre sexe, salariées ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs et quels que soient le montant et la nature de leur rémunération, la forme, la nature ou la validité de leur contrat ». Aux termes de l’article L. 311-3 de ce même code : « « Sont notamment compris parmi les personnes auxquelles s'impose l'obligation prévue à l'article L. 311-2 (…) : (…) / 6° les gérants non-salariés des coopératives (…) / 12° Les présidents du conseil d’administration, les directeurs généraux et les directeurs généraux délégués des institutions de prévoyance, des unions d'institutions de prévoyance et des sociétés de groupe assurantiel de protection sociale ; (…) / 23° Les présidents et dirigeants des sociétés par actions simplifiées et des sociétés d’exercice libéral par actions simplifiées (…) ».


En premier lieu, d’une part, il résulte des travaux parlementaires de l’article 13 de la loi du 17 décembre 2012 de financement de la sécurité sociale pour 2013, dont est issu l’article 231 du code général des impôts dans sa version applicable, que le législateur a entendu rendre l’assiette de la taxe sur les salaires identique à celle de la contribution sociale généralisée, sous réserve des seules exceptions mentionnées à la première phrase du 1 de cet article 231. D’autre part, il résulte des dispositions précitées de l’article 231 du code général des impôts que les sommes entrant dans l’assiette de la taxe sur les salaires sont déterminées par référence à l’assiette de la contribution sociale généralisée en vertu du renvoi qu’opère ce premier article vers l’article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, inclus dans la section 1 de ce code intitulée « De la contribution sociale sur les revenus d’activité et les revenus de remplacement », au sein du chapitre 6 consacré à cette contribution. Ce dernier article vise notamment les « revenus tirés des activités exercées par les personnes mentionnées aux articles L. 311-2 et L. 311-3 », personnes définies par ces articles comme « salariées ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs et quels que soient le montant et la nature de leur rémunération, la forme, la nature ou la validité de leur contrat ».


En l’espèce, contrairement à ce que soutient la caisse requérante, la seule circonstance qu’elle emploie des personnes relevant du régime de protection sociale des professions agricoles et que son directeur général, mandataire social non-salarié, soit affilié au régime agricole et non au régime général, n’est pas de nature à faire obstacle à ce que ce dernier puisse être au nombre des personnes visées à l’article L. 311-2 du code de la sécurité sociale. Par suite, la caisse régionale requérante n’est pas fondée à soutenir que les rémunérations versées à son directeur général seraient exclues de l’assiette de la taxe sur les salaires en raison de l’inapplicabilité des dispositions précitées du code de la sécurité sociale à sa situation.


En second lieu, la caisse requérante soutient, à titre subsidiaire, qu’à supposer que les rémunérations versées à son directeur général se situent dans le champ des dispositions précitées du code de la sécurité sociale, ce dernier ne saurait entrer dans les prévisions de l’article L. 311-2 de ce code dès lors qu’il ne peut être assimilé aux personnes désignées par cet article en raison du statut, par ailleurs non contesté, de société coopérative à capital et personnel variable de la caisse requérante et ainsi que le révèle l’absence des fonctions de directeur général d’une caisse régionale du Crédit agricole mutuel de la liste des assimilés-salariés dressée par l’article L. 311-3 du code de la sécurité sociale. Cependant, il ne résulte pas de l’instruction, faute pour la caisse requérante d’apporter des éléments en ce sens, qu'elle serait seule à même de détenir, que son directeur général n’entrerait pas dans la généralité du champ de l’article L. 311-2, la liste dressée par l’article L. 311-3 introduite par l’adverbe « notamment », n’étant, en tout état de cause, pas limitative. Par suite, la rémunération du directeur général de la caisse régionale requérante doit être regardée comme étant soumise à la contribution sociale généralisée et, en conséquence, à la taxe sur les salaires.


En ce qui concerne l’invocation de la doctrine administrative :

Le paragraphe n° 10 des commentaires administratifs publiés le 2 mars 2016 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) – Impôts sous la référence BOI-TPS-TS-20-10 ne donne pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement. Par suite, la requérante n’est pas fondée à s’en prévaloir sur le fondement de l’article L. 80 A du livre des procédures fiscales.


Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan doit être rejetée.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan est rejetée.



Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel du Morbihan et au directeur chargé de la direction des vérifications nationales et internationales.

Délibéré après l’audience du 12 février 2026, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Ghazi Fakhr, première conseillère,
Mme Abdat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2026.

La rapporteure,

G. Abdat
Le président,

Marchand


La greffière,



C. Yen Pon

La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions