vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2209956 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | PITTI-FERRANDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 16 juin 2022, 23 février et 26 avril 2023, M. B A, représenté par Me Pitti-Ferrandi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la présidente de l'université Paris VIII a implicitement refusé de lui communiquer les documents qu'il a sollicités dans sa demande du 15 février 2022 ;
2°) d'enjoindre à la présidente de l'université Paris VIII de lui communiquer, d'une part, les mandats de paiement énumérés dans la pièce annexée au titre exécutoire n° 1660 qu'elle a émis le 3 décembre 2021 au titre des années 2016-2017 et, d'autre part, les factures et documents justificatifs relatifs aux financements des conventions CIFRE et au financement des contrats DGAC au titre des années 2016-2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'université Paris VIII la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision litigieuse méconnaît son droit d'accès aux documents administratifs, son droit à la communication des données personnelles et son droit à un procès équitable.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 15 mars et 31 mai 2023, la présidente de l'université Paris VIII conclut au non-lieu partiel et au rejet de la requête. Elle fait valoir que les documents en sa possession ont été communiqués et qu'elle ne dispose pas du surplus des documents sollicités.
Par une ordonnance du 17 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre 2024 à 9 heures.
Par une lettre du 28 octobre 2024, adressée en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête dès lors que l'université Paris VIII a communiqué la totalité des documents sollicités à l'exception, d'une part, des mandats de paiement énumérés dans la pièce annexée au titre exécutoire n° 1660 du 3 décembre 2021 au titre des années 2016-2017 et, d'autre part, des factures et documents justificatifs relatifs aux financements des conventions CIFRE et au financement des contrats DGAC au titre des années 2016-2017.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les conclusions de Mme Nour, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 15 février 2022, M. A, professeur de psychologie cognitive à l'université Paris VIII, a demandé à la présidente de l'université de lui communiquer une série de documents. En l'absence de réponse, l'intéressé a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) par une lettre du 29 mars 2022 laquelle a rendu un avis favorable à sa demande le 2 juin suivant. Par la présente instance, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la présidente de l'université Paris VIII a implicitement refusé de lui communiquer les documents qu'il a sollicités.
Sur les conclusions aux fins d'annulations :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A a demandé la communication de contrats dénommés Open Food Système (2013-2016), Airbus Fenics-Dgac (2012-2014), Fumseck-Dgac (2013-2014) et Ikky-Dgac (2015-2018), des devis validés préalablement à la conclusion de ces contrats, des factures émises par l'université auprès de ses cocontractants, de tout document permettant d'identifier les missions correspondant à ces factures, des documents relatifs à l'exécution de ces contrats, des mandats de paiement énumérés en annexe du titre exécutoire n° 1660 émis par l'université le 3 décembre 2021 et, enfin, des factures et autres justificatifs correspondant aux mandats de paiement énumérés en annexe dudit titre exécutoire. Cependant, il ressort également des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'université Paris VIII a communiqué à M. A une partie des documents sollicités. D'ailleurs, l'intéressé se borne à solliciter, dans le dernier état de ses écritures, la communication, d'une part, des mandats de paiement énumérés dans la pièce annexée au titre exécutoire n° 1660 que l'université a émis le 3 décembre 2021 au titre des années 2016-2017 et, d'autre part, les factures et documents justificatifs relatifs aux financements des conventions CIFRE et au financement des contrats DGAC au titre des années 2016-2017. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision litigieuse en tant qu'elle oppose un refus de communication aux documents qui ont été ultérieurement transmis.
En ce qui concerne l'office du juge :
3. Aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs ". Aux termes de l'article L. 300-2 du même code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions () ". Aux termes de l'article L. 311-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de contrôler la régularité et le bien-fondé d'une décision de refus de communication de documents administratifs sur le fondement des articles L. 311-1 et L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration. Pour ce faire, par exception au principe selon lequel le juge de l'excès de pouvoir apprécie la légalité d'un acte administratif à la date de son édiction, il appartient au juge, eu égard à la nature des droits en cause et à la nécessité de prendre en compte l'écoulement du temps et l'évolution des circonstances de droit et de fait afin de conférer un effet pleinement utile à son intervention, de se placer à la date à laquelle il statue.
En ce qui concerne les mandats de paiement pour les années 2016 et 2017 :
5. Aux termes de l'article 11 du décret du 7 novembre 2012 : " Les ordonnateurs constatent les droits et les obligations, liquident les recettes et émettent les ordres de recouvrer. Ils engagent, liquident et ordonnancent les dépenses. Le cas échéant, ils assurent la programmation, la répartition et la mise à disposition des crédits. Ils transmettent au comptable public compétent les ordres de recouvrer et de payer assortis des pièces justificatives requises, ainsi que les certifications qu'ils délivrent. Ils établissent les documents nécessaires à la tenue, par les comptables publics, des comptabilités dont la charge incombe à ces derniers ". L'article 41, dans sa version applicable, dispose : " Lorsqu'il est mis en place, un service facturier placé sous l'autorité d'un comptable public est chargé de recevoir et d'enregistrer les factures et titres établissant les droits acquis aux créanciers. Dans ce cas, le montant de la dépense est arrêté par le comptable au vu des factures et titres mentionnés à l'alinéa précédent et de la certification du service fait. Cette certification constitue l'ordre de payer défini aux articles 11 et 29 à 32 ".
6. En l'espèce, alors que M. A sollicite la communication des mandats de paiement qui auraient été émis pour les années 2016 et 2017, il ressort des pièces du dossier que l'université Paris VIII a mis en place un service facturier à compter du 1er janvier 2016. Ainsi, les ordres de payer les dépenses ne résultaient plus des mandats de paiement mais des certifications de l'ordonnateur. Par ailleurs, l'administration fait valoir sans être contredite qu'elle a transmis ces certifications à M. A. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé, s'agissant des documents précités, à soutenir que la décision litigieuse méconnaît son droit d'accès aux documents administratifs, son droit à la communication des données personnelles et pas davantage son droit à un procès équitable.
En ce qui concerne les factures et documents justificatifs correspondant aux financements des contrats et conventions pour les années 2016 et 2017 :
7. L'administration n'est tenue de communiquer que les documents qu'elle détient. Il appartient au juge administratif de tenir compte des allégations des parties pour apprécier si le document dont la communication est demandée existe bien et s'il est toujours aux mains de l'administration. Il revient à celle-ci de démontrer que malgré des recherches approfondies, elle est dans l'impossibilité matérielle de produire les documents en cause.
8. Pour justifier l'absence de communication, l'administration fait valoir, sans être contredite, que malgré ses recherches les demandes de reversement des financements n'ont pas été retrouvées et qu'aucune facture n'a été émise dans le cadre des financements des contrats et conventions au titre de l'année 2017. Il en résulte, dans les circonstances de l'espèce, que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le défaut de communication des documents précités a méconnu son droit d'accès aux documents administratifs, son droit à la communication des données personnelles et pas davantage son droit à un procès équitable.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de M. A en tant qu'elles concernent les documents qui lui ont été dûment communiqués.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la présidente de l'université Paris VIII.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
D. HEGESIPPE Le greffier,
C. CHAUVEY
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026