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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2312991

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2312991

vendredi 5 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2312991
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantDJAE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête indemnitaire de Mme A..., qui demandait 5 000 euros à l'État pour absence de relogement suite à une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire. La juridiction a jugé la requête irrecevable, faute pour la requérante de justifier d'une décision préalable de l'administration rejetant sa demande d'indemnisation, conformément à l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er novembre 2023, Mme B... A..., représentée par Me Djae, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait de son absence de relogement ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de l’Etat est engagée dès lors qu’elle n’a pas été relogée, alors qu’elle a été reconnue prioritaire par la commission de médiation ;
- elle vit dans un logement temporaire et précaire ;
- elle subit des troubles de toute nature dans ses conditions d’existence.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Hégésippe, premier conseiller, pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative.

En application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Hégésippe, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. La commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a, par une décision du 9 novembre 2022, reconnu Mme A... comme prioritaire et devant être relogée en urgence. Cette décision valant pour une personne. N’ayant pas reçu de proposition de logement, Mme A... demande au tribunal de condamner l’État à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis.

2. D’une part, aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ».

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». Il résulte de ces dispositions qu’en l’absence d’une décision de l’administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d’une somme d’argent est irrecevable.

4. La commission de médiation a reconnu le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme A... le 9 novembre 2022 compte tenu du risque d’expulsion de l’intéressée sans solution de relogement. Si l’intéressée soutient que la responsabilité de l’Etat doit être engagée en l’absence de proposition de relogement, elle ne justifie pas, ce en dépit des mesures d’instruction diligentées, d’une décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle. Par suite, les conclusions indemnitaires de Mme A... doivent être rejetées comme irrecevables.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2025.


Le magistrat désigné

D. HEGESIPPE
La greffière

T. MANE




La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.






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