LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2315487

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2315487

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2315487
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation10ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société L.N.U.F MDD visant à obtenir la restitution de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour 2020 et 2021. Le litige portait sur la qualification comptable de pénalités logistiques et leur déductibilité de l'assiette de la CVAE. Le tribunal a jugé que ces pénalités, sanctionnant l'inexécution contractuelle, devaient être assimilées à des pénalités sur marchés, relevant des charges exceptionnelles (compte 67) non déductibles, conformément aux articles 1586 ter et 1586 sexies du code général des impôts définissant le calcul de la valeur ajoutée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, la société L.N.U.F MDD doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la réduction des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises, des taxes additionnelles à ces cotisations et des frais de gestion correspondants qu’elle a primitivement acquittés au titre des années 2020 et 2021 d’un montant total de 16 328 euros.

Elle soutient que :
- les pénalités dont la déductibilité a été remise en cause constituent des pénalités logistiques distinctes des pénalités sur marchés prévues par le plan comptable général et doivent, compte tenu de leur caractère courant, habituel et récurrent dans le secteur de la grande distribution, être intégrées à son modèle économique ;
- en l’absence de norme comptable ou d’option précise de comptabilisation relative aux pénalités logistiques, le compte d’enregistrement de ces pénalités doit être déterminé en fonction du contexte commercial et de la logique économique ;
- les pénalités devaient être enregistrées au compte de classe 62 correspondant aux services extérieurs et notamment aux charges externes.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 août 2024 et 14 janvier 2026, le directeur chargé de la direction des vérifications nationales et internationales conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 janvier 2026, la clôture de l’instruction a été fixée au 4 février 2026 à 12 heures.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Hégésippe, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Iss, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

1. La société L.N.U.F MDD a présenté, le 19 décembre 2022, une réclamation préalable aux fins de restitution des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises, des taxes additionnelles à ces cotisations et des frais de gestion correspondants qu’elle a primitivement acquittés à hauteur de 7 579 euros au titre de l’année 2020 et de 8 749 euros au titre de l’année 2021. Sa demande ayant été rejetée par une décision du 25 octobre 2023, la société L.N.U.F MDD doit être regardée comme demandant au tribunal d’en prononcer la restitution.

2. Aux termes de l’article 1586 ter du code général des impôts : « I. – Les personnes physiques ou morales ainsi que les sociétés non dotées de la personnalité morale et les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d’un contrat de fiducie qui exercent une activité dans les conditions fixées aux articles 1447 et 1447 bis et dont le chiffre d’affaires est supérieur à 152 500 € sont soumises à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. / II. – 1. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est égale à une fraction de la valeur ajoutée produite par l’entreprise, telle que définie à l’article 1586 sexies. / (…) ». Aux termes de l’article 1586 sexies du même code : « (…) 4. La valeur ajoutée est égale à la différence entre : / a) D’une part, le chiffre d’affaires tel qu’il est défini au 1, majoré : / (…) b) Et, d’autre part : / (…) – les services extérieurs diminués des rabais, remises et ristournes obtenus (…) / (…) – les autres charges de gestion courante, autres que les quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun ; / (…) ». Aux termes de l’article 1600 du même code : « III.-A. La taxe additionnelle à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (…) est égale à une fraction de la cotisation visée à l'article 1586 ter due par les entreprises redevables après application de l'article 1586 quater. / (…) ». Aux termes de l’article 1647 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : « (…) XV. – L'Etat perçoit au titre des frais d'assiette, de recouvrement, de dégrèvements et de non-valeurs un prélèvement de 1 % en sus du montant de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, après application de l'article 1586 quater ainsi qu'un prélèvement de 1 % en sus du montant de la taxe additionnelle à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises mentionnée au III de l'article 1600. ».

3. Les dispositions précitées de l’article 1586 sexies du code général des impôts fixent la liste limitative des catégories d’éléments comptables qui doivent être pris en compte dans le calcul de la valeur ajoutée servant de base à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Il y a lieu, pour déterminer si une charge ou un produit se rattache à l’une de ces catégories, de se reporter aux normes comptables, dans leur rédaction en vigueur lors de l’année d’imposition concernée, dont l’application est obligatoire pour l’entreprise en cause.
4. La société L.N.U.F MDD, qui a comptabilisé les pénalités logistiques litigieuses au débit du compte de charges 67 correspondant, selon les normes comptables en vigueur, aux « charges exceptionnelles » au titre des années 2020 et 2021, fait valoir que ces pénalités doivent être considérées comme des charges courantes, relevant du compte de charges 62 relatif aux « autres services extérieurs », déductibles de la base d’imposition à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

5. D’une part, les pénalités logistiques, que peuvent prévoir des cocontractants conformément aux dispositions du titre IV du livre IV du code de commerce, ont pour objet, à l’instar des pénalités sur marchés, de sanctionner l’inexécution ou la mauvaise exécution de stipulations contractuelles. Elles doivent, dès lors et contrairement aux allégations de la société requérante, être assimilées à des pénalités sur marchés au sens des normes comptables applicables, alors même qu’elles n’interviennent pas dans le cadre de l’exécution de marchés publics. D’autre part, il est constant que le plan comptable général, applicable aux années en cause, prévoit expressément d’inscrire les pénalités sur marchés au compte 6711 correspondant aux « charges exceptionnelles » et que ces charges ne sont pas au nombre des catégories d’éléments comptables limitativement énumérées par les dispositions précitées de l’article 1586 sexies du code général des impôts. La circonstance qu’il existerait un phénomène de systématicité de ces pénalités dans le secteur de la grande distribution n’a pas pour effet, alors au demeurant que la société requérante évoque elle-même la constatation par les autorités compétentes d’abus dans les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs, de conférer à ces pénalités la qualité de charges de gestion courante et de les intégrer dans le modèle économique normal d’une société intervenant dans ce secteur en qualité de fournisseur. Ainsi, la société requérante ne peut utilement se prévaloir à l’appui de son argumentation de l’encadrement de ces pénalités par l’effet de la loi n° 2023-221 du 30 mars 2023 tendant à renforcer l’équilibre dans les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs, postérieure aux années d’imposition en litige, ni en tout état de cause des travaux engagés par l’Autorité des normes comptables en vue de moderniser les états financiers à compter du 1er janvier 2025. Il s’ensuit que la société L.N.U.F MDD n’est pas fondée à soutenir que les pénalités sur marchés supportées dans le cadre de ses relations contractuelles avec ses clients du secteur de la grande distribution sont déductibles de la base d’imposition à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et à demander la restitution des cotisations qu’elle a acquittées.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête introduite par la société L.N.U.F MDD doit être rejetée.




D E C I D E :




Article 1er : La requête de la société L.N.U.F MDD est rejetée.






Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société L.N.U.F MDD et au directeur chargé de la direction des vérifications nationales et internationales.


Délibéré après l’audience du 19 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,
Mme Syndique, première conseillère,
M. Hégésippe, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2026.



Le rapporteur,

D. HEGESIPPE

La présidente,

A-S. MACH

Le greffier,




S. WERKLING


La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.





Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions