lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2406574 |
| Type | Décision |
| Formation | 7ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | AZOGUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mai 2024 et 28 juin 2024, M. C D, représenté par Me Azogui, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre à l'autorité compétente de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement au système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence de son signataire ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit à être entendu ;
- elle méconnaît l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 5 et 7 de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas un risque de fuite et une menace à l'ordre public ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 28 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Charret, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :
- le rapport de M. Charret ;
- les observations de Me Azogui, pour M. D, présent, qui reprend ses écritures ;
- la préfète du Val-de-Marne n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien né le 20 septembre 1989, est entré en France en 2021 selon ses déclarations. La préfète du Val-de-Marne, par un arrêté du 15 mai 2024, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. D demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, ci-dessus visée, dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans la présente affaire, eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
4. Par un arrêté n° 2022/02671 du 25 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 23 de la préfecture, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation de signature à M. A B, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement, les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la décision attaquée mentionne de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle répond ainsi aux exigences de motivation résultant notamment des articles L.211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que la préfète n'aurait pas procédé, ainsi qu'elle y était tenue, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. M. D n'est donc pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'illégalité, faute d'avoir été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
8. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Le requérant, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait son droit à être entendu ne peut qu'être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit () ".
10. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la préfète a visé les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle a procédé à l'examen du droit au séjour de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis. ". Aux termes de l'article 7 de ce même accord : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : () / c) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ; () ".
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait sollicité un certificat de résidence sur le fondement des articles 5 et 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait dû faire application des stipulations mentionnées au point précèdent.
13. En sixième et dernier lieu, M. D fait valoir qu'il réside sur le territoire national depuis trois ans et qu'il y a développé des attaches personnelles. En outre, il soutient que si l'arrêté mentionne une interpellation pour défaut de permis de conduire et défaut d'assurance, ces allégations ne sont pas fondées dès lors qu'il est titulaire d'un permis de conduire algérien et que son véhicule était assuré le jour de son interpellation. Il fait également valoir qu'il dispose d'une expérience professionnelle. Toutefois, ces seuls éléments ne suffisent à établir une insertion particulière en France. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. La décision attaquée mentionne de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle répond ainsi aux exigences de motivation résultant notamment des articles L.211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
15. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. M. D n'est donc pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'illégalité, faute d'avoir été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle.
16. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () ".
17. M. D fait valoir qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et que le risque de fuite n'est pas caractérisé. En outre, il soutient être en possession d'un document d'identité ou de voyage et disposer d'une résidence stable et effective. Toutefois, M. D ne conteste pas les termes de l'arrêté contesté selon lesquels il ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Ainsi, la préfète du Val-de-Marne a pu, sur ce seul motif, regarder comme établi, au regard du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre et lui refuser un délai de départ volontaire. Il s'ensuit que M. D n'est pas fondé à soutenir que la préfète a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
19. Il ressort des pièces du dossier que M. D réside en France depuis 2021, qu'il a travaillé dans le cadre d'un contrat à durée déterminée pour la période du 28 novembre 2022 au 27 janvier 2023 en qualité de chauffeur-livreur, puis dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 1er octobre 2023 en qualité de technicien d'installation de réseaux câblés, et qu'il dispose du statut d'auto-entrepreneur depuis le mois de mars 2022. En outre, M. D fait valoir sans être contredit qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, la préfète du Val-de-Marne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
20. Il résulte de ce tout ce qui précède que M. D n'est fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Val-de-Marne du 15 mai 2024 qu'en tant qu'elle prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout préfet territorialement compétent de procéder sans délai à l'effacement du signalement de M. D du système d'information Schengen à compter de la notification de la présente décision.
Sur les frais de l'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, pour l'essentiel, la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée sur le fondement combiné des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 15 mai 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a prononcé à l'encontre de M. D une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout préfet territorialement compétent, de procéder sans délai à l'effacement du signalement de M. D du système d'information Schengen à compter de la notification de la présente décision.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
J. Charret La greffière,
T. Chonville
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2414128
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. A... d’un recours pour excès de pouvoir contre la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis du 10 juillet 2024, qui avait rejeté sa demande de reconnaissance comme prioritaire et urgent pour l’attribution d’un logement social. Le requérant invoquait l’absence de proposition adaptée depuis plus de trois ans et son hébergement en logement-foyer. Le tribunal a annulé cette décision, jugeant que la commission avait commis une erreur d’appréciation en ne tenant pas compte de la situation de M. A..., qui remplissait les conditions prévues par les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation. La solution retenue s’appuie sur ces textes, ainsi que sur l’arrêté préfectoral fixant le délai d’attente à trois ans dans le département.
19/01/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2414745
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en excès de pouvoir, annule la décision du 24 mai 2024 par laquelle la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. B... C.... La commission avait motivé son refus par l'absence de justification de la régularité du séjour du requérant, alors que ce dernier justifiait de sa qualité de réfugié. Le tribunal applique les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
19/01/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2414820
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. La requérante invoquait l'inadaptation de son logement à son handicap, situé au quatrième étage sans ascenseur. Le tribunal a considéré que Mme A... ne justifiait pas avoir effectué de démarches suffisantes pour obtenir un logement adapté, ni démontré que son logement actuel présentait un caractère insalubre ou dangereux au sens des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. Par conséquent, la décision de la commission de médiation a été jugée légale.
19/01/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2414829
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en excès de pouvoir, annule la décision du 10 juillet 2024 par laquelle la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. A..., personne handicapée. Le tribunal juge que la commission a commis une erreur de droit en prenant en compte les ressources du fils majeur de M. A..., qui avait quitté le domicile, et en estimant que le requérant pouvait se loger par ses propres moyens. Il estime également que le logement situé au troisième étage sans ascenseur est inadapté au handicap de M. A..., au sens de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de reconnaître M. A... comme prioritaire et urgent et de lui proposer un logement adapté dans un délai de trois mois.
19/01/2026