Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2501275

mercredi 5 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2501275
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête en référé de Mme B, ressortissante ukrainienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour en tant que conjointe de Français. Le juge a constaté que l'intéressée avait déjà déposé sa demande en ligne, que celle-ci était en cours d'instruction, et que la mesure sollicitée était donc dépourvue d'utilité. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions, faute de remplir la condition d'utilité exigée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2025, Mme C B, de nationalité ukrainienne, demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui accorder un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en sa qualité de conjointe d'une ressortissant français, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient :

- être entrée en France le 1er septembre 2021 munie d'un visa D pour y solliciter l'asile ;

- que, concomitamment à sa demande d'asile, elle souhaite demander son admission au séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français ; qu'elle ne parvient pas à déposer sa demande de titre de séjour.

La requête de Mme B a régulièrement été communiquée à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, laquelle n'a pas produit d'observation en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Romnicianu, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante ukrainienne née le 15 octobre 1986, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui accorder un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en sa qualité de conjointe d'une ressortissant français.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Il résulte de l'instruction et notamment du formulaire édité par le site internet de la sous-préfecture du Raincy, démarches simplifiées, que Mme B a déposé le 8 octobre 2024 à 12h22 une demande de titre de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français. Or, il ressort dudit formulaire que le dossier de l'intéressée, en cours d'instruction, " a bien été reçu et sera pris en charge par la sous-préfecture du Raincy ". Partant, l'intéressée ayant déposé, antérieurement à l'introduction de sa requête, sa demande de titre de séjour, laquelle est enregistrée et actuellement en cours d'examen, la mesure sollicitée tendant à ce qu'un rendez-vous lui soit délivré en vue de déposer sa demande de titre de séjour ne satisfait pas à la condition d'utilité exigée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 05 mars 2025.

Le juge des référés,

M. Romnicianu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.