LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2501673

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2501673

jeudi 20 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2501673
TypeDécision
Formation11ème Chambre (JU)
Avocat requérantBIROLINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier 2025 et 12 mars 2025, Mme A C, représentée par Me Birolini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 27 janvier 2025, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Bobigny lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder rétroactivement les conditions matérielles d'accueil à compter du 27 janvier 2025 dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, celle-ci renonçant le cas échéant à percevoir les sommes allouées au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que la décision attaquée :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- méconnaît les articles L. 551-9 et L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2025, le directeur de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Israël, vice-président, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Israël ;

- les observations de Me Birolini, représentant Mme C, présente, assistée de Mme B interprète en langue turque, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

L'OFII n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante turque, née le 20 juillet 1990, a déposé une demande d'asile en France. Par décision du 27 janvier 2025, dont elle demande l'annulation, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Bobigny lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour de l'entrée et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () ". / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines". Enfin, aux termes de l'article L. 551-10 du même code : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ".

5. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 551-15 et D. 555-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels elle fait application, et indique que les conditions matérielles d'accueil sont refusées aux requérants au motif qu'ils ont présenté une demande de réexamen. Dès lors, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent son fondement et est ainsi suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante de motivation de la décision doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de la requérante. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.

7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse a été prise après un examen de la situation personnelle de la requérante, notamment de sa vulnérabilité. En outre, aucune pièce du dossier ne permet de tenir pour établi que l'entretien du 27 janvier 2025 n'aurait pas été conduit par un agent de l'OFII ayant reçu une formation spécifique à cette fin, ainsi que le prescrit l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas bénéficié, avant l'intervention de la décision contestée, de l'entretien prévu à l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou que l'OFII n'aurait pas procédé à l'évaluation de sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". Aux termes de l'article L. 551-10 de ce même code : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ".

7. Il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité que lors de son entretien Mme C a été informée, dans une langue qu'elle comprend, des conditions et modalités de refus et cessation des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'absence de l'information prévue par les dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.

8. En dernier lieu, il est constant que lors de son entretien de vulnérabilité Mme C a précisé les conditions de son hébergement, à savoir qu'elle était locataire, n'a déclaré aucun problème de santé et a mentionné que des membres de sa famille résident en France. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le directeur territorial de l'OFII de Seine-Saint-Denis a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, au regard notamment de leur vulnérabilité.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéficie de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Birolini.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2025.

Le magistrat désigné,

M. Israël

La greffière,

Mme D

La République mande et ordonne au Ministre d'Etat, ministère de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA93Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2522589

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus des conditions matérielles d'accueil (CMA) notifié par l'OFII. Le tribunal a jugé que le directeur territorial de l'OFII à Bobigny était compétent pour signer la décision et que le refus des CMA était légal, car fondé sur le refus par le demandeur d'asile de la région d'orientation qui lui était proposée, conformément à l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les autres moyens, notamment ceux relatifs au défaut de motivation ou à un vice de procédure, ont été écartés.

25/03/2026

TA93Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2522614

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. C... visant à annuler le refus de l'OFII de lui accorder des conditions matérielles d’accueil. La juridiction a estimé que la décision contestée était suffisamment motivée et que l'OFII avait procédé à un examen individualisé de la situation du requérant, notamment via une évaluation de vulnérabilité. Les textes principaux appliqués sont les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

25/03/2026

TA93Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2522044

Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision de l'OFII refusant les conditions matérielles d’accueil à la fille de la requérante. Le juge a retenu que la décision était entachée d’un vice de procédure, notamment au regard de l’absence de preuve de la réalisation d’un entretien d’évaluation de la vulnérabilité, tel que prévu par les articles L. 522-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. L’administration a été enjoint de prendre une nouvelle décision dans un délai d’un mois.

25/03/2026

TA93Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2522890

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus de l'OFII de lui octroyer des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée, notamment au regard du délai tardif de dépôt de la demande d’asile, et que la procédure d’évaluation avait été régulièrement conduite. La décision s’appuie sur les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

25/03/2026

← Retour aux décisions