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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2501853

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2501853

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2501853
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant turc, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale". Le juge a estimé qu'une telle demande de délivrance d'un titre de séjour n'entre pas dans le champ des mesures que le juge des référés peut ordonner sur ce fondement. Par conséquent, la requête a été rejetée, sans application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 février 2025 et 4 avril 2025, M. B A, représenté par Me Keles, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui octroyer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il risque d'être licencié et de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins et qu'il est bloqué dans ses déplacements pour se rendre en Turquie au chevet de sa mère dont les jours sont comptés ;

- il n'existe aucune contestation sérieuse permettant de s'opposer à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- si le préfet se prévaut en défense de la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 juin 2025, il s'agit d'un document provisoire alors que le titre de séjour sollicité a un caractère définitif.

Par un mémoire défense, enregistré le 12 mars 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est dépourvue d'objet dès lors que M. A bénéficie actuellement d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 12 mars 2025 au 11 juin 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc né en 1984, titulaire d'un visa de long séjour portant la mention " conjoint de Français ", valable du 9 janvier 2024 au 8 janvier 2025, a sollicité le 2 décembre 2024 le renouvellement de son titre de séjour. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour " vie privée et familiale " sollicité.

Sur le prononcé de l'injonction à délivrer un titre de séjour :

2. Eu égard à son objet et aux pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, une demande tendant à ce qu'il soit ordonné à l'autorité compétente de délivrer un titre de séjour n'est pas au nombre de celles qui peuvent être présentées au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code précité. Il suit de là que la mesure sollicitée par M. A, relative à la délivrance du titre de séjour demandé, n'est pas de celles que le juge des référés peut ordonner de prendre sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, il n'y a pas lieu d'y faire droit.

Sur les frais liés au litige :

3. L'Etat n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 7 avril 2025.

Le juge des référés,

F. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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