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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2502645

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2502645

jeudi 27 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2502645
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté les requêtes en référé de Mme B, ressortissante tunisienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, car l'administration avait délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 9 juin 2025. De plus, la demande de délivrance d'un titre de séjour ne revêtait pas un caractère provisoire et ne relevait donc pas de l'office du juge des référés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I° Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 15 février et 15 mars 2025 sous le n° 2502645, Mme A B demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour sollicité le 10 mai 2024, sous huitaine et sous astreinte de 800 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'attestation de prolongation d'instruction délivrée par le préfet de la Seine-Saint-Denis le 10/03/2025 ne lui permet pas de voyager à l'étranger.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer sur le recours de Mme B, faisant valoir que la requête est dépourvue d'objet dans la mesure où Mme B bénéficie actuellement d'une attestation de prolongation d'instruction expirant le 9 juin 2025.

II° Par une requête enregistrée le 15 mars 2025 sous le n° 2504476, Mme A B demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour sollicité le 10 mai 2024, sous huitaine et sous astreinte de 800 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 28 octobre 1996, était titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant - élève " délivrée par la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 25/08/2023, valable 1 an jusqu'au 24/08/2024. Elle a sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour (changement de statut) le 10/05/2024. Elle demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour qu'elle a sollicité auprès des services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 10 mai 2024.

2. Les requêtes nos 2502645 et 2504476 susvisées présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par une même ordonnance.

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. () ".

4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

5. Il résulte de l'instruction qu'en cours d'instance la préfecture de la Seine-Saint-Denis a délivré à Mme B une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable 3 mois, du 10/03/2025 au 09/06/2025. Dans ces conditions, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la demande en référé de Mme B ne peut qu'être rejetée. En tout état de cause, les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour sollicité ne revêtent pas un caractère provisoire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-1 du code de justice administrative rappelées au point 3 de la présente ordonnance et, par suite, ne sont pas de la nature de celles qui entrent dans l'office du juge des référés.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les deux requêtes en référé de Mme B en toutes leurs conclusions.

O R D O N N E:

Article 1er : Les deux requêtes en référé de Mme B sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie pour information en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 27 mars 2025.

Le juge des référés du tribunal administratif,

M. Romnicianu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

NOS 2502645, 2504476

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