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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2503368

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2503368

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2503368
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A pour obtenir la remise d'une attestation d'employeur et d'un certificat de travail de la part de la commune de L'Ile-Saint-Denis, ainsi qu'une indemnisation. Le tribunal a constaté que la commune avait produit les documents demandés en cours d'instance, rendant les conclusions à fin d'injonction sans objet. En revanche, la demande d'indemnisation a été déclarée irrecevable, car le juge des référés statuant sur ce fondement n'a pas compétence pour se prononcer sur des conclusions indemnitaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2025, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la commune de L'Ile-Saint-Denis de lui remettre une attestation d'employeur et un certificat de travail ;

2°) de condamner la commune de L'Ile-Saint-Denis à lui verser une somme en réparation de ses préjudices.

Elle soutient que :

- elle a sollicité en vain la remise des documents qui devaient lui être obligatoirement remis, l'attestation employeur et le certificat de travail ;

- l'absence de remise de ces documents a conduit à sa précarité financière et à l'impossibilité de poursuivre sa reconversion professionnelle en tant que puéricultrice.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2025, la commune de L'Ile-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- les conclusions à fin d'injonction, qui sont sans objet, sont irrecevables ;

- la demande d'indemnisation de la requérante est irrecevable en ce qu'elle est présentée devant le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Deniel pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. Mme A a été employée en qualité d'adjoint territorial d'animation pour exercer les fonctions de directrice de site du 4 septembre 2017 au 31 août 2024 par la commune de L'Ile-Saint-Denis. Mme A a informé la collectivité qu'elle ne souhaitait pas renouveler son contrat expirant le 31 août 2024. Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de L'Ile-Saint-Denis de lui remettre une attestation d'employeur et un certificat de travail et de condamner la commune de L'Ile-Saint-Denis à lui verser une somme en réparation de ses préjudices.

3. D'une part, il résulte de l'instruction que dans son mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2025 qui a été communiqué à Mme A, la commune de L'Ile-Saint-Denis a produit l'attestation employeur destinée à France Travail éditée le 13 décembre 2024 ainsi que le certificat de travail établi le 13 décembre 2024 par le directeur des ressources humaines de la commune relatifs à la situation de la requérante. Mme A ne conteste pas que ces documents sont ceux dont elle sollicitait la transmission. Par suite, les conclusions de la requête à fin d'injonction à la commune de L'Ile-Saint-Denis de lui remettre une attestation d'employeur et un certificat de travail sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

4. D'autre part, si Mme A a entendu également demander la condamnation de la commune de L'Ile-Saint-Denis à réparer ses préjudices, il n'appartient pas au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de se prononcer sur de telles conclusions, qui sont, par suite, irrecevables. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée sur ce point en défense doit être accueillie et qu'il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions de la requête de Mme A.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête de

Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de L'Ile-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 8 avril 2025.

La juge des référés,

C. Deniel

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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