jeudi 20 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2503901 |
| Type | Décision |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2025, M. B A C, retenu au centre de rétention administrative n°3 du Mesnil-Amelot, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mars 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision d'assignation à résidence a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- l'interdiction de circulation sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et porte atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2025, le préfet de la
Seine-Saint-Denis, représenté par le cabinet Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Syndique, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique, après présentation du rapport :
- les observations de Me Meunier, en présence de M. A C, qui reprend les conclusions et moyens contenus dans les écritures et soutient en outre que la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'intéressé vit en France depuis 2016, qu'il a signé un contrat à durée indéterminée en janvier 2025, qu'il ne présente pas de risque de fuite et ne s'est pas soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;
- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée après que les parties ont formulé leurs observations orales, en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant italien né le 23 juin 1997, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 mars 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois.
Sur l'insuffisance de motivation et le défaut d'examen :
2. L'arrêté vise notamment l'article L. 233-1 ainsi que les articles L. 251-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispositions spécifiquement applicables aux citoyens de l'Union européenne et aux membres de leur famille, notamment en matière d'éloignement. Il mentionne les raisons pour lesquelles le préfet estime que M. A C ne justifie plus d'aucun droit au séjour, que son comportement constitue, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, qu'il y a urgence à l'éloigner et qu'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois peut être prise à son encontre. Dès lors, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles les décisions portant obligation de quitter le territoire, refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de circulation sur le territoire français sont fondées. Ainsi, il permet de vérifier que l'administration a procédé à un examen de la situation particulière de M. A C au regard des dispositions législatives et réglementaires applicables. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et d'examen particulier doivent être écartés.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
3. En premier lieu, le requérant soutient que l'obligation de quitter le territoire méconnaît les dispositions du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions sont abrogées depuis le 1er mai 2021 et en tout état de cause n'étaient pas applicables aux ressortissants de l'Union européenne. Dès lors le moyen tiré de leur méconnaissance ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, le requérant justifie qu'il exerce une activité professionnelle en France par la production d'un contrat à durée indéterminée signé en janvier 2025. Par ailleurs, il conteste avoir été l'auteur des faits qualifiés de violence en réunion sans incapacité qui ont été à l'origine de son interpellation et qui ont fait l'objet d'un classement sans suite. En revanche, en ce qui concerne les autres faits mentionnés par le préfet dans l'arrêté attaqué, il n'a pas contesté, à l'audience, en avoir été l'auteur mais a fait valoir qu'ils n'avaient donné lieu qu'à quelques gardes à vue et jamais à des condamnations. Au regard de la répétition et de la gravité de ces faits, un en 2018, deux en 2019, deux en 2021 et trois en 2023, dont des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité, de violence aggravée suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, de conduite sous l'empire d'un état alcoolique avec refus de se soumettre aux vérifications tendant à établir cet état, de vol simple et de conduite malgré une suspension de permis et sans assurance, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. A C doit être écarté.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
5. En premier lieu, le requérant soutient que le refus de lui accorder un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions sont abrogées depuis le 1er mai 2021 et en tout état de cause n'étaient pas applicables aux ressortissants de l'Union européenne. Dès lors, le moyen tiré de leur méconnaissance ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. A C doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4.
Sur la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Le requérant, qui n'établit pas vivre en France depuis 2016, ne justifie que d'une activité professionnelle récente et se borne à faire valoir la présence de son frère en France. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ainsi que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation du préfet.
9. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision d'assignation à résidence a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ne peut qu'être écarté à défaut de conclusions dirigées contre une telle décision.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de la
Seine-Saint-Denis.
Jugement mis à disposition le 20 mars 2025.
La magistrate désignée,
N. Syndique
La greffière,
C. Le Ber
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2607103
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. C... visant à annuler le renouvellement de son assignation à résidence. Le juge a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé, fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle, et que les démarches consulaires en cours ne privaient pas l'éloignement de son caractère de perspective raisonnable au sens de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés d'une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir et d'une méconnaissance de l'article 8 de la CEDH ont également été écartés.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2607051
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en urgence, a rejeté la requête en annulation d'un arrêté préfectoral assignant à résidence un ressortissant étranger. Le juge a estimé que l'arrêté était légal, notamment car il était fondé sur une obligation de quitter le territoire antérieure et correctement motivé. La décision s'appuie sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le code des relations entre le public et l'administration.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2607121
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en urgence, a rejeté le recours en excès de pouvoir formé par un ressortissant étranger contre le renouvellement de son assignation à résidence. Le juge a estimé que le moyen tiré de la notification tardive de l'arrêté, postérieure à l'échéance de la mesure précédente, était sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
07/04/2026