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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2504026

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2504026

lundi 17 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2504026
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour « étudiant » de Mme A. La requérante invoquait l’urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment pour défaut de motivation et méconnaissance des articles L. 422-1 et L. 433-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés n’était, en l’état, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, rendant la demande manifestement mal fondée. La requête a donc été rejetée sans examen de la condition d’urgence, sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2025, Mme B A, représentée par Me Zekri, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, née le 15 janvier 2024, par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris, à titre principal, de renouveler sans délai son titre de séjour portant la mention " étudiant ", à titre subsidiaire, de réexaminer sans délai sa situation et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les limites légales, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de huit jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est présumée, s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour, et elle est caractérisée dès lors que du fait de l'administration, qui n'a pas traité sérieusement sa demande, elle est placée dans une situation précaire et dans l'impossibilité de justifier de son droit de séjourner et de poursuivre ses études en France afin d'intégrer le secteur professionnel et de valider son diplôme ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que celle-ci n'est pas motivée, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et que les articles L. 422-1 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnus.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante marocaine née le 5 février 1994, était titulaire d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 5 octobre 2022 au 5 octobre 2023. Elle a sollicité le renouvellement de ce titre par une demande déposée le 15 septembre 2023. Estimant que celle-ci a été implicitement rejetée, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à titre principal de suspendre l'exécution de cette décision implicite.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. En l'état de l'instruction, alors notamment que par sa correspondance en date du 24 octobre 2024 la requérante s'est bornée à interroger les services préfectoraux sur les motifs ayant conduit à la clôture de sa demande de renouvellement de titre de séjour, aucun des moyens susvisés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il suit de là que la demande de suspension est manifestement mal fondée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 17 mars 2025.

Le juge des référés,

D. Charageat

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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