vendredi 14 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2504333 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mars 2025, Mme A B, représentée par Me Bchir, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et la remise d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler et à voyager, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que malgré les diligences accomplies depuis le 28 janvier 2025, elle n'a pas été en mesure de déposer sa demande alors que son titre de séjour expire le 17 mars 2025 ; qu'en l'absence de tout document, elle est à compter de cette date en situation irrégulière et n'est plus en mesure d'exercer ses fonctions, son contrat de travail étant suspendu le 14 mars à 17 heures ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté contractuelle et à son droit au travail, à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à son droit à sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est gravement porté atteinte.
3. Mme B, ressortissante algérienne née le 15 août 1992, a bénéficié, en dernier lieu, d'un certificat de résidence algérien valable du 18 mars 2024 au 17 mars 2025 en qualité de salarié. Malgré toutes les démarches effectuées depuis le 28 janvier 2025, elle n'a pas été en mesure de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, en l'absence de rendez-vous disponible et de réponse de la préfecture à ses sollicitations. Elle demande à ce qu'il soit fait injonction, sous astreinte, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande et la remise d'un document provisoire de séjour et de travail, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance à intervenir.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, elle fait valoir que, malgré toutes les diligences accomplies, elle n'a pas été en mesure de déposer sa demande alors que son titre de séjour arrive à expiration le 17 mars 2025 et qu'en l'absence de tout document, elle est à compter de cette date en situation irrégulière et n'est plus en mesure d'exercer ses fonctions, son employeur l'ayant informée de la suspension de son contrat de travail à compter du vendredi 14 mars à 17 heures. Toutefois, ces circonstances ne sauraient suffire à caractériser, à elles-seules, une urgence particulière justifiant qu'il soit ordonné à vingt-quatre heures, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence particulière requise par cet article n'est, en l'espèce, pas satisfaite.
5. Toutefois, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que Mme B, qui justifie d'une situation d'urgence, saisisse, si elle s'y croit fondée, le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative afin d'obtenir en urgence un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et bénéficier d'un document provisoire de séjour et de travail.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 14 mars 2025.
La juge des référés,
M. de Bouttemont
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.