jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2505112 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2025, M. A B demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer pour une prise d'empreintes et d'achever l'instruction de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au préfet, à défaut de réponse dans ce délai, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour lui permettant de poursuivre son activité professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les frais de procédure.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que son visa de long séjour valant titre de séjour expire le 14 avril 2025 et qu'en l'absence de délivrance de tout document de séjour et de travail, il risque de perdre son emploi, alors qu'il a déposé sa demande de titre de séjour le 9 août 2024 ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au séjour et au travail qui constituent des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
3. M. B, ressortissant marocain né le 18 août 1999, est entré sur le territoire français le 4 mai 2024 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS/TS) portant la mention " recherche d'emploi / création d'entreprise " valable du 15 avril 2024 au 14 avril 2025. Il a déposé le 9 août 2024 sur le site de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF) une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent- salarié qualifié ". En l'absence de réponse de l'administration malgré ses sollicitations, il demande d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, sous astreinte, de le convoquer pour une prise d'empreintes et d'achever l'instruction de sa demande dans un délai de quinze jours ou, à défaut de lui remettre à l'expiration de son VLS/TS un document provisoire de séjour lui permettant de travailler.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, il fait valoir qu'en l'absence de tout document à l'expiration de son VLS/TS, il sera à compter du 15 avril 2025 en situation irrégulière et risque de perdre son emploi, alors qu'il a déposé sa demande le 9 août 2024. Toutefois, ces circonstances ne suffisent pas, à elles-seules, à établir une situation d'urgence particulière à quarante-huit heures rendant nécessaire l'intervention à très bref délai du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, cette condition d'urgence particulière n'est pas remplie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 27 mars 2025.
La juge des référés,
M. de Bouttemont
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.