LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2505498

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2505498

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2505498
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantEL KAIM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande d'indemnisation des sociétés Jods Rent et Allianz IARD contre l'État. Les requérantes invoquaient la responsabilité de l'État sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure pour des dommages causés à un véhicule lors des violences urbaines de juin 2023. Le tribunal a jugé que les conditions légales n'étaient pas réunies, estimant que les requérantes n'avaient pas apporté la preuve d'un lien direct et certain entre la dégradation du véhicule et un attroupement ou rassemblement précisément identifié.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er avril et 25 juin 2025, la société Jods Rent et la société Allianz IARD, représentées par Me El Kaim, demandent au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à verser la somme de 20 115,75 euros à la société Allianz IARD et la somme de 1 500 euros à la société Jods Rent, en réparation des dommages résultant des débordements commis en marge des violences urbaines survenues à la suite du décès de M. A... B... le 27 juin 2023 à Nanterre (92) ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- la responsabilité de l’Etat est engagée sur le fondement de l’article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure ;
- la société Allianz IARD justifie avoir réglé une indemnité de 20 115,75 euros, déduction faite de la franchise à hauteur de 1 500 euros restée à la charge de son assurée.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Jods Rent au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les conditions d’engagement de la responsabilité de l’Etat sur le fondement de l’article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure ne sont pas réunies.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Guiral,
- les conclusions de Mme Tahiri, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sangil substituant Me El Kaim, représentant la société Jods Rent et la société Allianz IARD.


Considérant ce qui suit :

Il résulte de l’instruction et il ressort notamment de la quittance d’indemnité, que la société Allianz IARD a versé à la société BPCE Lease, en raison de la destruction du véhicule immatriculé FY-138-NZ, une somme de 20 115,75 euros correspondant à l’indemnité contractuelle d’un montant de 21 615,75 euros déduction faite de la franchise d’un montant de 1 500 euros. Par une lettre du 21 novembre 2024, la société Allianz IARD a demandé au préfet de la Seine-Saint-Denis, en qualité d’assureur de la société EDA, propriétaire, selon cette lettre, du véhicule endommagé, le versement de la somme totale de 21 615,75 euros en réparation des dommages résultant de la dégradation du véhicule qu’elle impute à des débordements commis en marge des violences urbaines survenues à la suite du décès de M. A... B... le 27 juin 2023 à Nanterre (92). Cette demande indemnitaire a été implicitement rejetée. Par la présente requête, la société Jods Rent, qui aurait également la qualité de propriétaire du véhicule précité et d’assurée de la société Allianz IARD, et cette dernière société demandent au tribunal de condamner l’Etat à verser la somme de 20 115,75 euros à la société Axa France et la somme de 1 500 euros à la société Jods Rent.

Aux termes de l’article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : « L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. / L'Etat peut également exercer une action récursoire contre les auteurs du fait dommageable, dans les conditions prévues au chapitre Ier du sous-titre II du titre III du livre III du code civil. / Il peut exercer une action récursoire contre la commune lorsque la responsabilité de celle-ci se trouve engagée ». L’application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l’indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés commis par des rassemblements ou des attroupements précisément identifiés. Les actions délictuelles, qui ont pour motif l’expression d’un mécontentement et n’ont pas pour principal objet la réalisation des dommages causés aux personnes affectées par ces actions, peuvent être regardés comme imputables à un attroupement ou à un rassemblement au sens de ces dispositions. En revanche, ne peuvent être regardés comme étant le fait d’un attroupement ou rassemblement au sens de ces dispositions les actes délictuels commis sur des biens privés alors qu’ils ne procédaient pas d’une action spontanée dans le cadre ou le prolongement d’un attroupement ou rassemblement mais d’une action préméditée, organisée par un groupe structuré à seule fin de les commettre.

Il résulte de l’instruction, notamment du rapport d’expertise établi le 22 mars 2024, que les dégâts occasionnés au véhicule immatriculé FY-138-NZ ont été causés par un incendie. Si la société Jods Rent et la société Allianz IARD soutiennent que ce véhicule a été endommagé au cours de la nuit du 28 au 29 juin 2023, ces allégations relatives à la date du dommage, contestées par le préfet, ne sont pas corroborées par l’ensemble des pièces versées à l’instance, en particulier le rapport d’expertise et la quittance d’indemnité de la société Allianz IARD qui mentionnent, au contraire, une autre date de sinistre, à savoir le 30 juin 2023. En tout état de cause, à supposer même que ces dégâts aient été occasionnés, ainsi qu’il est soutenu, pendant la nuit du 28 au 29 juin 2023, les sociétés requérantes, en produisant un seul article de presse relatant des violences urbaines survenues à Montreuil la nuit du 29 au 30 juin 2023, soit le lendemain de la date alléguée des dommages causés au véhicule, n’apporte pas d’éléments suffisants permettant de tenir pour établi un lien direct et certain entre cette dégradation et un attroupement ou un rassemblement constitué à la suite du décès de M. A... B..., survenu au demeurant plusieurs jours auparavant. Il en va de même du rapport d’expertise qui n’identifie pas la cause précise de l’incendie et du procès-verbal de dépôt de plainte du gérant de la société Jods Rent, établi le 23 juillet 2024, plus d’un an après la dégradation du véhicule, qui se borne à mentionner que ce véhicule, qui appartiendrait, selon le gérant, à la société Jods Rent, était garé à Montreuil et qui ne contiennent aucune information sur l’adresse exacte de stationnement ainsi que les circonstances précises dans lesquelles les dommages ont été causés. Par suite, en l’absence de lien direct et certain établi entre ces dommages et un attroupement ou un rassemblement précisément identifié au sens des dispositions précitées de l’article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, la responsabilité de l’Etat ne peut être engagée sur le fondement de ces dispositions.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la société Jods Rent et de la société Allianz IARD doivent être rejetées.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Jods Rent et la société Allianz IARD au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

Si une personne publique qui n’a pas eu recours au ministère d’avocat peut demander au juge le bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais spécifiques exposés par elle à l’occasion de l’instance, elle doit toutefois justifier un surcroît de travail de ses services et faire état précisément des frais qu'elle aurait exposés pour défendre à l’instance. En l’espèce, le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’est pas représenté par un avocat, ne justifie pas de frais non compris dans les dépens que l’Etat aurait spécifiquement exposés dans le cadre de la présente instance. Les conclusions présentées par le préfet de la Seine-Saint-Denis au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent par suite qu’être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de la société Jods Rent et de la société Allianz IARD est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du préfet de la Seine-Saint-Denis présentées au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Jods Rent, à la société Allianz IARD et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 18 mars 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- M. Löns, premier conseiller,
- M. Guiral, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2026.

Le rapporteur,



S. Guiral
Le président,



L. Gauchard
La greffière,



S. Jarrin


La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Décisions similaires

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 507200

**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.

09/04/2026

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 506535

Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.

09/04/2026

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 504834

Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.

09/04/2026

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 508061

08/04/2026

← Retour aux décisions