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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2505902

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2505902

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2505902
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A, ressortissante camerounaise, qui demandait des mesures pour faire cesser les atteintes à ses droits en raison du non-renouvellement de son titre de séjour. La juge des référés estime que la condition d'urgence particulière n'est pas remplie, les circonstances invoquées (précarité et impossibilité de poursuivre ses études depuis le 14 février 2025) ne justifiant pas une intervention à très bref délai. La requête est donc rejetée sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 avril 2025, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de prendre toutes mesures pour faire cesser les atteintes portées à ses droits du fait de l'absence de renouvellement de son titre de séjour.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'en l'absence de renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction, elle est depuis le 14 février 2025 dans une situation de précarité et n'est plus en mesure de poursuivre ses études ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'éducation, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à sa liberté d'aller et venir.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.

Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, Mme A, ressortissante camerounaise née le 19 novembre 1999, fait valoir qu'alors qu'elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 13 août 2024, elle est en l'absence de tout document de séjour depuis le 14 février 2025 en situation de précarité et n'est plus en mesure de poursuivre ses études. Toutefois, ces circonstances, qui ne sont au demeurant pas suffisamment circonstanciés, ne suffisent pas, à elles-seules, à établir une situation d'urgence particulière à quarante-huit heures rendant nécessaire l'intervention à très bref délai du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence particulière n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.

Fait à Montreuil, le 10 avril 2025.

La juge des référés,

M. de Bouttemont

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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