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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2505972

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2505972

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2505972
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de traiter sans délai sa demande de renouvellement de titre de séjour ou de lui délivrer un récépissé. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, la requérante bénéficiant d'un récépissé valable jusqu'au 11 mai 2025 lui permettant de travailler. Il a également considéré qu'aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale n'était établie. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 avril 2025, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de traiter sans délai sa demande de titre de séjour ou à défaut, de lui délivrer un récépissé de régularisation, dans un délai de quarante-huit à soixante-douze heures, sous astreinte.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle est privée, du fait de la carence de l'administration, de tout document valide et placée dans une situation de vulnérabilité professionnelle et personnelle ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au séjour, au travail et au respect de sa vie privée et familiale.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. Mme A, ressortissante marocaine née le 18 juin 1998, a été titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi/création d'entreprise " valable du 26 novembre 2023 au 25 novembre 2024. Ayant trouvé un emploi au cours de cette période, elle a demandé la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". Elle a été bénéficiaire de récépissés de carte de séjour, régulièrement renouvelés dont le dernier expire prochainement le 11 mai 2025. Elle s'est vue remettre en mars 2025 la carte de séjour sollicitée portant la mention " salarié " valable, dont elle a sollicité immédiatement le

11 mars 2025 le renouvellement sur le site " démarches simplifiées ". Elle demande au préfet de la Seine-Saint-Denis de traiter sans délai cette demande ou à défaut, de lui délivrer un récépissé, dans un délai de quarante-huit à soixante-douze heures, sous astreinte.

4. Toutefois, les énonciations de la requête ni les pièces jointes produites par la requérante, qui a introduit une demande de renouvellement de son titre de séjour et bénéficie d'un récépissé de carte de séjour lui permettant de travailler valable jusqu'au 11 mai 2025, ne sont de nature à faire ressortir une situation d'urgence particulière ni davantage une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il est ainsi manifeste que les conditions posées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative à l'usage des pouvoirs que le juge des référés tient de cet article ne sont pas remplies. Par suite, la requête doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 de ce code.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 10 avril 2025.

La juge des référés,

M. de Bouttemont

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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