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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2519770

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2519770

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2519770
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCHADEE

Résumé IA

Sujet principal : Contestation d'une saisie administrative à tiers détenteur émise pour le recouvrement de frais d'EHPAD dus par la succession. Juridiction : Tribunal Administratif de Montreuil (formation de jugement). Solution retenue : La requête est rejetée pour incompétence de la juridiction administrative. Le juge estime que le litige, portant sur l'exigibilité de la créance et non sur son bien-fondé, relève du contentieux du recouvrement. Textes appliqués : L'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et l'article L. 281 du livre des procédures fiscales attribuent la compétence pour ce contentieux au juge de l'exécution.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 novembre 2025, Mme A... E... C..., représentée par Me Chadee demande au tribunal :

1°) d’annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre le
8 juillet 2025 par le comptable assignataire pour le paiement d’une somme de 12 356,52 euros due à la ville de Paris au titre de frais d’hébergement dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), de son défunt père, M. D... C... ;

2°) d’ordonner la mainlevée totale de la saisie, ou à titre subsidiaire, d’en limiter l’exécution à hauteur de 25 % du montant de la créance et de réformer la décision de recouvrement en ce sens, ou, à titre infiniment subsidiaire, de suspendre l’exécution de la saisie litigieuse et d’enjoindre au comptable public de réexaminer les modalités de recouvrement, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’État les dépens et de réserver ses droits à exercer toute action en contribution contre ses cohéritiers devant la juridiction compétente.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes des dispositions de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…). ».

Aux termes de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : « (…) 1° En l’absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l’établissement public local permet l’exécution forcée d’office contre le débiteur. / (…) / 2° La contestation qui porte sur la régularité d’un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l’article L. 281 du livre des procédures fiscales. (…)7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie de saisie administrative à tiers détenteur dans les conditions prévues à l'article L. 262 du livre des procédures fiscales. (…) ».

Aux termes de l’article L. 262 du livre des procédures fiscales : « 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables. (…) / La saisie administrative à tiers détenteur emporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution. (…) ». L'article L. 281 de ce livre dispose : « (…) Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : (…) / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : (…) c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ».

Il résulte des dispositions citées au point 2 et 3 que l’ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales ou des établissements publics locaux, relève de la compétence du juge de l’exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond. En faisant valoir qu’elle n’est qu’une seule des héritiers de son défunt père, M. D... C..., la requérante ne conteste pas le bien-fondé de la créance, relative à des frais d’hébergement de ce dernier en EHPAD, mais son exigibilité. Ainsi, la présente requête relève du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales et le juge de l’exécution est le seul compétent pour en connaître.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la présente requête, dans toutes ses conclusions, comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... C... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... E... C... et au directeur régional des finances publiques d’Île-de-France et de Paris et à la Ville de Paris.

Fait à Montreuil, le 2 avril 2026.


Le président de la 8ème chambre,



L. Gauchard

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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