Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, liquide une astreinte prononcée contre l'État pour retard dans l'exécution d'une injonction de logement. Le préfet ayant finalement assuré le relogement du requérant le 25 février 2025, avec un délai de retard de 11 mois, l'État est condamné à verser 6 050 euros au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2311588 du 3 janvier 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Montreuil a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de M. A... B... sous astreinte de 550 euros par mois entier de retard à compter du 1er mars 2024 en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation.
Par des observations, enregistrées le 18 mars 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis informe le tribunal qu’une proposition de logement a été transmise à M. A... B... pour un logement de type T3 à Noisy-le-Sec et que le bail correspondant a été signé avec effet au 25 février 2025.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mach, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, le magistrat désigné du tribunal administratif de Montreuil a, par une ordonnance du 3 janvier 2024, enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de M. A... B... et prononcé une astreinte destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 550 euros par mois entier de retard à compter du 1er mars 2024, à l’encontre de l’Etat, si le préfet de la Seine-Saint-Denis ne justifiait pas avoir, avant cette date, exécuté l’injonction qui lui était faite d’assurer le logement de M. A... B....
2. Il résulte de l’instruction qu’une proposition de logement a été transmise par le préfet de la Seine-Saint-Denis à M. A... B... pour un logement de type T3 situé à Noisy-le-Sec et que le bail correspondant a été signé avec effet au 25 février 2025. Dans ces conditions, le préfet doit être regardé comme ayant exécuté l’ordonnance du 3 janvier 2024 à la date du 25 février 2025. Par suite, il y a lieu de procéder à la liquidation définitive de l’astreinte prévue par cette ordonnance, pour la période, exprimée en mois entiers de retard, courue du 1er mars 2024 au 25 février 2025, et de condamner l’Etat à verser à ce titre la somme de 6 050 euros au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, conformément aux dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation.
O R D O N N E :
Article 1er : L’Etat est condamné à verser au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement la somme de 6 050 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2311588 du 3 janvier 2024.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement.
Copie en sera transmise au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 1er avril 2026.
La magistrate désignée,
A-S Mach
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.