jeudi 10 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112452 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2021, la commune de Sceaux (Hauts-de-Seine), représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Hayet à lui verser la somme en cours de chiffrage correspondant au préjudice qu'elle lui a fait subir dans le cadre de l'exécution du lot n° 5 " Revêtements de sols souples et peinture " du marché de travaux portant sur la rénovation de la bibliothèque municipale située 7, rue Honoré de Balzac à Sceaux ;
2°) de mettre à la charge de la société Hayet la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la société Hayet est engagée sur le fondement de la garantie de parfait achèvement pour les désordres ayant fait l'objet de réserves, non levées, lors de la réception des travaux et pour ceux qui sont apparus au cours de l'année qui a suivi ;
- dans l'attente du rapport que doit rendre l'expert, le préjudice subi est en cours de chiffrage.
Par un courrier du 28 février 2025, le greffier en chef du tribunal a demandé au conseil de la commune de Sceaux de régulariser sa requête, sous peine d'irrecevabilité, en chiffrant dans un délai de quinze jours le montant de ses prétentions en ce qui concerne la réparation de ses préjudices.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. ". Selon l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser.() La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours () ".
2. Les requêtes manifestement irrecevables qui peuvent être rejetées par ordonnance en application de ces dispositions sont, notamment, celles qui ont donné lieu à une invitation à régulariser, si le délai que la juridiction avait imparti au requérant à cette fin, en l'informant des conséquences qu'emporte un défaut de régularisation comme l'exige l'article R. 612-1 du code de justice administrative, est expiré.
3. D'autre part, selon l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. / () ". Enfin, en vertu de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. / () ".
4. Sauf si elles peuvent être déterminées par application d'un texte législatif ou réglementaire, les demandes de réparation d'un préjudice dans le contentieux de la responsabilité doivent être chiffrées par les parties à peine d'irrecevabilité. Cette irrecevabilité étant toutefois régularisable, le juge ne peut l'opposer d'office qu'après avoir invité le demandeur à préciser le montant de la condamnation qu'il sollicite.
5. Le rapport d'expertise du 30 mars 2023 réalisé par M. A B s'agissant des désordres ayant affecté la bibliothèque municipale de la commune de Sceaux, a été déposé au greffe du tribunal le 6 avril 2023, dans l'instance n° 2108294. En l'absence de mémoire de la commune de Sceaux chiffrant les préjudices dont elle demande réparation, son conseil a été invité, par un courrier du greffe mis à disposition dans l'application " Télérecours " le 28 février 2025, à procéder audit chiffrage, dans le délai imparti de quinze jours. L'intéressé, qui a lu ce courrier le 4 mars 2025 à 14 heures 23, a été avisé qu'à défaut de régularisation à l'issue de ce délai, la requête serait considérée comme manifestement irrecevable. Or, le délai de quinze jours qui a couru à compter de cette date est venu à expiration sans que la régularisation de la requête de la commune de Sceaux soit intervenue. Par suite, cette requête est manifestement irrecevable. Il y a donc lieu de la rejeter en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de la commune de Sceaux est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Sceaux et à la société Hayet.
Fait à Cergy, le 10 avril 2025.
La présidente de la 3ème chambre,
signé
C. Oriol
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.