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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2115915

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2115915

lundi 3 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2115915
TypeDécision
Formation9ème Chambre
Avocat requérantGATINEAU FATTACCINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2110139 du 20 décembre 2021, le président du tribunal administratif de Versailles a transmis la présente requête au tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Par cette requête et des mémoires, enregistrés les 23 novembre 2021, les 7 février, 25 avril 2022, les 17 mai et 17 juin 2024, Mme C D, représentée par Me Gatineau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 septembre 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, a annulé la décision du 23 mars 2021 de l'inspectrice du travail de la section 6 de la 3ème unité de contrôle des Hauts-de-Seine de la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) Ile-de-France et a autorisé La Poste a prononcé son licenciement pour motif disciplinaire ;

2°) de mettre en demeure la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion de communiquer l'avis défavorable à son licenciement ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une incompétence de son auteur, dès lors que l'adjointe à la sous-direction des conditions de travail de la santé et de la sécurité au travail ne justifiait d'aucune délégation de signature de la part de la ministre du travail ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la commission consultative paritaire a été convoquée avant son entretien préalable ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la ministre du travail n'a pas recherché si le licenciement était en rapport avec les fonctions de médecin du travail ;

- la matérialité des faits n'est pas établie ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation et est en lien avec ses fonctions de médecin du travail.

Par des mémoires enregistrés les 20 mars et 3 juin 2024, la société La Poste SA, représentée par Me Bellanger, conclut au rejet de la requête. Elle demande au tribunal de mettre à la charge de Mme D la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 27 avril 2022 et le 15 novembre 2023, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n°90-568 du 2 juillet 1990 ;

- le décret n° 2011-619 du 31 mai 2011 relatif à la santé et à la sécurité au travail à La Poste;

- la convention commune La Poste - France Télécom conclue le 4 novembre 1991 prise en application de l'article 31 de la loi n°90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;

- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Dianoux, représentant Mme D, substituant Me Gatineau ;

- et les observations de Me Bellanger, représentant la SA La Poste.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, a été recrutée par un contrat de travail à durée indéterminée, le 5 novembre 2015 par la société La Poste, en qualité de médecin du travail et affectée à la direction exécutive Ile-de-France Ouest. Elle bénéficiait de la protection au titre de l'article L. 4623-5 du code du travail en tant que médecin du travail. Le 1er février 2021, la société La Poste a demandé l'autorisation de procéder à son licenciement pour motif disciplinaire. Par décision du 23 mars 2021, l'inspectrice du travail de la section 6 de la 3ème unité de contrôle des Hauts-de-Seine de la DRIEETS Ile-de-France a refusé d'autoriser son licenciement. Par un courrier du 21 mai 2021, la société La Poste a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision. Par une décision du 24 septembre 2021, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, a annulé la décision du 23 mars 2021 de l'inspectrice du travail et a autorisé le licenciement de Mme D. Par cette requête, Mme D demande l'annulation de la décision du 24 septembre 2021.

Sur les conclusions tendant à ce que la ministre du travail communique l'avis du médecin inspecteur régional du travail en date du 11 mars 2021

2. La ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, a produit en défense l'avis du 11 mars 2021 du médecin inspecteur régional du travail relatif à la demande d'autorisation de licenciement de Mme D. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions qui sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme A B, adjointe à la sous-directrice des conditions de travail, de la santé et de la sécurité au travail, qui disposait d'une délégation à cette fin par décision du 30 juillet 2021 portant délégation de signature du directeur général du travail. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

4. En second lieu, selon l'article 74 de la convention commune La Poste - France Télécom pris en application de l'article 31 de la loi n°90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " pour des sanctions autres que l'avertissement ou le blâme, la procédure suivante doit être respectée : () à l'issue de l'entretien, si le délégataire de pouvoir estime devoir maintenir sa proposition de sanction à l'encontre de l'agent contractuel, il doit saisir la commission consultative paritaire compétente ".

5. La requérante soutient que la procédure disciplinaire a été méconnue, dès lors que la convocation de la commission consultative paritaire compétente a été adressée le 8 décembre 2020 avant son entretien préalable à son licenciement qui s'est tenu le 11 décembre 2020. Toutefois, si les stipulations précitées imposent que la réunion de la commission consultative paritaire compétente appelée à se prononcer sur le projet de licenciement de Mme D est postérieure à l'entretien préalable, elles n'interdisent pas que la convocation de la requérante soit envoyée antérieurement à l'entretien préalable. Par ailleurs, cette dernière circonstance n'est pas de nature à établir à elle seule que la décision concernant le licenciement de Mme D avait déjà été prise à la date de cette convocation. Par suite, ce moyen doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 4623-5 du code du travail : " Le licenciement d'un médecin du travail ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail dont dépend le service de prévention et de santé au travail, après avis du médecin inspecteur du travail. Toutefois, en cas de faute grave, l'employeur peut prononcer la mise à pied immédiate de l'intéressé dans l'attente de la décision définitive. En cas de refus de licenciement, la mise à pied est annulée et ses effets supprimés de plein droit ". Il résulte de ces dispositions que les médecins du travail bénéficient, dans l'intérêt des travailleurs et sous le contrôle du juge, d'une protection particulière en cas de licenciement. Lorsque le licenciement d'un de ces médecins est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec l'exercice normal de ses fonctions de médecin du travail. Lorsque la demande d'autorisation de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale des fonctions dont il est investi.

7. Aux termes de l'article L. 4622-2 du code du travail dans sa version applicable au litige : " Les services de santé au travail ont pour mission exclusive d'éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. A cette fin, ils :1° Conduisent les actions de santé au travail, dans le but de préserver la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leur parcours professionnel ; " (). Aux termes de l'article L. 4622-3 du même code : " Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif. Il consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant leurs conditions d'hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de santé, ainsi que tout risque manifeste d'atteinte à la sécurité des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail. ". Aux termes de l'article R. 4624-1 du même code : " Les actions sur le milieu de travail s'inscrivent dans la mission des services de prévention et de santé au travail définie à l'article L. 4622-2. () Elles comprennent notamment : 6° La participation aux réunions du comité social et économique ; () ". Aux termes de l'article R. 4623-1 du même code : " Le médecin du travail est le conseiller de l'employeur, des travailleurs, des représentants du personnel et des services sociaux. Dans le champ de ses missions: 1° Il participe à la prévention des risques professionnels et à la protection de la santé des travailleurs, notamment par : () 2° Il conseille l'employeur, notamment en participant à l'évaluation des risques dans le cadre de l'élaboration de la fiche d'entreprise et dans le cadre de son action sur le milieu de travail, réalisées, conformément à sa mission définie à l'article L. 4622-3, au service de la prévention et du maintien dans l'emploi des travailleurs, qu'il conduit avec les autres membres de l'équipe pluridisciplinaire, qu'il anime et coordonne () ". Aux termes de l'article 31 de la loi n° 90-568 de la loi du 2 juillet 1990 en vigueur à la date de la décision attaquée : " La Poste emploie des agents contractuels sous le régime des conventions collectives. L'emploi des agents soumis au régime des conventions collectives n'a pas pour effet de rendre applicables à La Poste les dispositions du code du travail relatives aux comités sociaux et économiques et aux délégués syndicaux. Le décret n° 2011-619 du 31 mai 2011 relatif à la santé et à la sécurité au travail a institué, dans son titre III, les comités d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail au sein de La Poste.

8. D'une part, si la requérante soutient que la ministre du travail a commis une erreur de droit, au motif qu'elle n'aurait pas recherché si le licenciement était en rapport avec les fonctions de médecin du travail, il ressort toutefois des termes mêmes de la décision attaquée, que la ministre du travail a procédé à ce contrôle, en indiquant que le lien entre les fonctions de médecin du travail et la demande d'autorisation de travail n'avait pas été établie. Par suite, ce moyen doit être écarté.

9. D'autre part, pour autoriser la société La Poste à prononcer le licenciement pour faute de la requérante, la ministre du travail, de l'insertion et de l'emploi, a retenu deux griefs principaux, à savoir que : Mme D a fait preuve d'un comportement blessant et humiliant envers des agents, et que l'intéressée a été absente à toutes les réunions du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) qui se sont tenues pendant la crise sanitaire liée à la COVID 19 ainsi qu'aux groupes pluridisciplinaires et lors d'une " CMRE réseau ".

10. Il ressort des pièces du dossier, et particulièrement du témoignage du 28 novembre 2020, de Mme F, salariée de la société - laquelle à la suite d'une greffe de peau présente des séquelles au visage - que la requérante s'est adressée à elle en ces termes, lors d'une visite de reprise de travail : " vous vous êtes mis une cigarette sur le front pour vous brûler comme ça ' " et l'a interrogée " si elle avait un compagnon et si ces séquelles ne le dérangeait pas ". Si la requérante nie avoir tenu ces propos, il ressort toutefois du compte rendu de l'entretien préalable du 11 décembre 2020, que, d'une part Mme D a déclaré que les séquelles de la cicatrice, concernant la situation de Mme F, peuvent avoir des répercussions ou un impact social, et d'autre part, que Mme F a connu une crise de panique pendant près d'une heure après avoir quitté le bureau de Mme D. De même, selon le témoignage de Mme Vrignaud conseillère technique en ressources humaines en date du 27 novembre 2020, la requérante a tenu des propos déplacés à l'égard des personnes handicapées, à savoir qu'elle a déclaré aux membres de la commission retour et maintien dans l'emploi (CMRE) que " vous pourriez rechercher une entreprise qui cherche quelqu'un qui travaille avec ses pieds ". Mme D qui se borne à soutenir que les propos qu'elle a tenus à l'égard des personnes handicapées étaient ironiques et qu'elle a seulement souhaité exposer avec ironie l'attitude de l'employeur au sujet d'une affaire de reclassement qui n'était pas prise au sérieux, ne peut être regardée comme contestant la réalité des propos tenus. Ainsi, la matérialité du premier grief tiré de ce que Mme D a tenu les propos reprochés est établie. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que Mme D a été absente à toutes les réunions des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) depuis le 11 mars 2020. Ainsi, la matérialité des faits du second grief est également établie.

11. Si Mme D, par la production de plusieurs courriers de soutien louant ses qualités morales et professionnelles, et un témoignage en date du 10 février 2021 de Mme G, son assistante médicale depuis 2015, qui atteste n'avoir jamais eu à constater de problèmes de comportement de Mme D pendant ses consultations, soutient qu'elle n'a pas commis de faute, et fait valoir en outre, qu'elle a effectué plus de 5 000 consultations sur six ans, que son champ d'activité recouvre 2 000 agents environ sans qu'aucun autre grief ne lui soit reproché, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause le caractère offensant et vexatoire des propos tenus et relatés par les deux témoignages précités en date des 27 et 28 décembre 2020. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de ce que sa présence aux CHSCT n'est pas obligatoire, dès lors que les comités sociaux et économiques (CSE) ont remplacé les CHSCT, et que les dispositions du code du travail relatives aux comités sociaux et économiques ne s'appliquent pas à La Poste selon l'article 31 de la loi n°90-568 de la loi du 2 juillet 1990 précité, pour autant, toutefois, les CHSCT mis en place au sein de La Poste, par le titre III du décret n° 2011-619 du 31 mai 2011 relatif à la santé et à la sécurité au travail à La Poste, existaient toujours à la date de la décision attaquée concernant La Poste. Aussi, il ressort du contrat de travail de l'intéressée signé avec son employeur, le 2 novembre 2015, que les missions incombant à la requérante s'inscrivent dans le cadre de l'article R. 4623-1 du code du travail, son champ d'action étant limité à un rôle purement préventif dans le domaine de la prévention et de la sécurité au travail. Dans ce contrat, il est stipulé que le médecin du travail recruté par la société doit en outre se conformer au règlement intérieur de La Poste. Au sein de l'instruction du 28 février 2019 de La Poste, au point 2.1.1, il est mentionné que le médecin du travail est un membre du CHSCT avec voix consultative. Il est fait mention également que " tous ces membres sont systématiquement et obligatoirement convoqués pour siéger au comité ". Il s'ensuit que si la présence de la requérante aux CHSCT n'était pas une obligation légale, telle que son absence pouvait empêcher la tenue de cette instance, son employeur était fondé à considérer que ses absences répétées pouvaient constituer une faute. En outre, il ressort des pièces du dossier, que ses absences aux CHSCT au cours de l'année 2020 ont généré une très forte frustration de la part de La Poste, qui, en pleine période de crise sanitaire, devait s'appuyer sur les compétences médicales du médecin du travail. Il ressort notamment du courrier du 4 septembre 2020 de M. E, qui organisait les CHSCT, que : " je note maintenant votre absence depuis plusieurs mois sans aucune justification ni explication de votre part () depuis le début de la crise sanitaire () la compétence du médecin du travail est tout particulièrement attendue ". Ces nombreuses absences constatées de Mme D aux CHSCT, sont au nombre de 49 au cours de l'année 2020, selon l'attestation de du 11 décembre 2020 de la directrice des ressources humaines. Si la requérante fait valoir qu'elle n'a jamais reçu les procès-verbaux des CHSCT, ce qui l'a empêchée d'y participer, elle n'établit pas sérieusement avoir fait preuve des diligences nécessaires pour s'enquérir des informations concernant ces procès-verbaux en vue de participer aux CHSCT.

12. Dans ces conditions, les propos tenus par Mme D, blessants et offensants, ainsi que ses nombreuses absences aux CHSCT, eu égard au contexte de crise sanitaire, où la présence d'un médecin de travail est primordiale, sont constitutifs de fautes qui sortent du cadre normal de l'exercice de la médecine du travail qui justifient le prononcé d'une sanction disciplinaire.

13. Enfin, il ressort des pièces du dossier, que Mme D a fait l'objet de plusieurs rappels à l'ordre au cours de l'année 2020 au plus fort de la crise sanitaire, notamment par courriel du 4 septembre 2020 du directeur des ressources humaines, concernant ses absences aux CHSCT, puis par deux courriels des 21 et 30 septembre 2020, de la part du médecin coordinateur, qui indiquait : " je vous invite à participer à ces réunions ", et qui déplorait son non-respect de l'organisation médicale régionale. Ces éléments dénotent une absence d'adaptation au contexte de crise sanitaire qui lui imposait de participer aux CHSCT. Dans ces circonstances, eu égard en outre à son attitude désinvolte lors de la séance de la commission consultative paritaire locale du 19 mars 2021, où il est précisé que les représentants du personnel et les membres de La Poste sont " sidérés par le manque de respect () La Poste lui demande d'assurer son rôle de médecin du travail () or son comportement illustre le contraire () ils en concluent que tout cela l'amuse et que ce n'est ni sérieux, ni digne d'un cadre supérieur ", et nonobstant la circonstance qu'elle n'aurait fait l'objet jusqu'à présent d'aucune sanction disciplinaire, la sanction de licenciement n'est pas disproportionnée.

14. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 septembre 2021, par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, a annulé la décision du 23 mars 2021 de l'inspectrice du travail et a autorisé le licenciement de Mme D sont rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle, à ce que soit mis à la charge de la société La Poste, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par la société La Poste SA. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D une somme à verser à la société La Poste au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société La Poste présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et à la société La Poste.

Copie en sera adressée à la DRIEETS Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente ;

M. Jacquelin, premier conseiller ;

Mme Fabas, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2025.

Le rapporteur,

signé

G. Jacquelin

La présidente,

signé

H. Le Griel

La greffière,

signé

H. Mofid

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

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