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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2207965

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2207965

vendredi 29 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2207965
TypeDécision
Avocat requérantFRECHE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, deux mémoires complémentaires, un mémoire en réplique et des pièces complémentaires, enregistrés les 7, 14, 19 et 30 juin 2022 sous le n° 2207965 au greffe du tribunal, la commune de Vaucresson demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au contradictoire de la société Enedis, de la société GRDF, de la société Véolia Environnement, de la société des eaux de l'ouest parisien, de la société SPIE citynetworks, de la société SNRB, de la société KLC Désamiantage, de la société I3F, de la société Turquoise Investissement, de la société Basalt Architecture, du syndicat des copropriétaires du 26 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), du syndicat des copropriétaires du 11 rue Louis Barthou à Vaucresson (92420), du syndicat des copropriétaires du 7 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), de M. M, de M. O, de M. J et Mme D, de M. R, de Mme G, de M. P, de M. K, de M. et Mme A, de M. et Mme L, de M. Q et Mme N, de M. C, de M. et Mme H et de M. et Mme E afin d'apprécier l'état actuel des immeubles et ouvrages riverains susceptibles d'être affectés par les travaux de construction d'un équipement culturel comprenant une médiathèque et la restauration d'un restaurant scolaire sur les parcelles cadastrées AM n° 188, n° 194, n° 197, n° 213, n° 339, n° 560 et n° 661 à Vaucresson (92420), ainsi que les désordres qui pourraient survenir au cours des travaux prévus, en indiquant les mesures de nature à les prévenir ou à y remédier, et de laisser à chacune des parties la charge de ses propres dépens ;

2°) de l'autoriser, en cas d'urgence reconnue par l'expert, à faire exécuter, à ses frais avancés et pour le compte de qui il appartiendra, les travaux estimés indispensables par l'expert sous la direction de son maître d'œuvre et par des entreprises de son choix ;

3°) de dire que, pour l'exécution de ces travaux, elle pourra autoriser les architectes et les entreprises à accéder aux propriétés des défendeurs.

Elle soutient qu'afin de prévenir toutes contestations et de pouvoir remédier aux désordres pouvant intervenir lors des travaux, un référé préventif est utile. Les travaux de démolition sont prévus du mois d'août 2022 jusqu'au mois de septembre 2024 et sont susceptibles d'affecter les immeubles et ouvrages riverains. Le groupement de maîtrise d'œuvre est composé de la société Basalt Architecture, en qualité de mandataire, de la société Studio Némo en tant que paysagiste, de la société Aqora en tant que scénographe, du cabinet de conseil Vincent Hedont en tant qu'acousticien, de la société Atelier Akiko en tant que designer signalétique et de la société ID+ ingénierie en tant qu'économiste. La société SNRB est en charge des travaux de démolition et de gros œuvre.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 19 juin et 7 juillet 2022, M. Q et Mme N, représentés par Me Efthymiou, demandent au juge des référés :

1°) de statuer ce que de droit sur la demande tendant à la désignation d'un expert et sur l'étendue exacte de sa mission ;

2°) de rejeter la demande tendant à autoriser la commune à réaliser des travaux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Vaucresson le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 22 juin 2022, au greffe du tribunal, la société des eaux de l'ouest parisien ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 8 juillet 2022, la société Véolia Eau - Compagnie générale des eaux, représentée par l'AARPI Frêche et Associés, demande au juge des référés :

1°) de mettre hors de cause la société Véolia Environnement ;

2°) d'admettre l'intervention volontaire de la société Véolia Eau - Compagnie générale des Eaux ;

3°) de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande d'expertise sollicitée ;

4°) de réserver les dépens.

Elle soutient que la société Véolia Environnement n'est pas en charge de la gestion du réseau d'eau potable sur le territoire de la commune de Vaucresson, celui-ci étant géré par la société Véolia Eau Compagnie générale des eaux.

Par un mémoire, enregistré le 18 juillet 2022, le syndicat des copropriétaires du 11 rue Louis Barthou à Vaucresson (92420), demande au juge des référés de désigner un expert avant le commencement des travaux de gros œuvre de la médiathèque prévus pour septembre 2022.

Par un mémoire, enregistré le 18 juillet 2022, M. I M demande au juge des référés de désigner un expert avant le commencement des travaux de gros œuvre de la médiathèque prévus pour septembre 2022.

La requête a été communiquée à la société Enedis, à la société GRDF, à la société SPIE citynetworks, à la société SNRB, à la société KLC Désamiantage, à la société I3F, à la société Turquoise Investissement, à la société Basalt Architecture, au syndicat des copropriétaires du

26 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), au syndicat des copropriétaires du

7 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), à M. O, à M. J et Mme D, à M. R, à Mme G, à M. P, à M. K, à M. et Mme A, à

M. et Mme L, à M. C, à M. et Mme H et à M. et Mme E qui n'ont pas présenté de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Billandon, vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".

2. La commune de Vaucresson fait valoir qu'elle entreprend, en tant que maître d'ouvrage, des travaux de construction d'un équipement culturel comprenant une médiathèque et la restauration d'un restaurant scolaire sur les parcelles cadastrées AM n° 188, n° 194, n° 197, n° 213, n° 339, n° 560 et n° 661 à Vaucresson (92420). Elle ajoute que le groupement de maîtrise d'œuvre est composé de la société Basalt Architecture, en qualité de mandataire, de la société Studio Némo en tant que paysagiste, de la société Aqora en tant que scénographe, du cabinet de conseil Vincent Hedont en tant qu'acousticien, de la société Atelier Akiko en tant que designer signaléticien et de la société ID+ ingénierie en tant qu'économiste. La société SNRB est en charge des travaux de démolition et de gros œuvre. Elle précise, qu'en raison de leur importance et de leur nature dans un tissu urbain dense, ces travaux, prévus du mois d'août 2022 jusqu'au mois de septembre 2024, sont susceptibles d'affecter les immeubles et ouvrages situés à proximité du chantier. La commune de Vaucresson sollicite la désignation d'un expert aux fins de constater l'état des immeubles pouvant être affectés par ces travaux, avant et après ceux-ci, ainsi que par les désordres physiques susceptibles d'intervenir pendant la durée du chantier.

3. Les mesures d'expertise demandées par la commune de Vaucresson entrent dans le champ d'application des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en tant qu'elles portent sur les constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages susceptibles de survenir effectivement pendant la durée de la mission de l'expert. Il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur l'intervention volontaire et la demande de mise hors de cause :

4. La société Véolia Environnement fait valoir qu'elle n'est pas en charge de l'exploitation et de l'entretien du réseau d'eau potable sur le territoire de la commune de Vaucresson, celui-ci étant géré par la société Véolia Eau Compagnie générale des eaux. Par suite, il y a lieu de mettre en cause la société Véolia Eau Compagnie générale des eaux et de mettre hors de cause la société Véolia Environnement.

Sur les autres conclusions :

5. Il n'appartient pas au juge des référés d'autoriser la requérante à faire exécuter les travaux estimés indispensables par l'expert, par des entreprises de son choix, à ses frais avancés et pour le compte de qui il appartiendra. Il n'appartient pas davantage au juge des référés d'autoriser les architectes et les entreprises à accéder aux propriétés voisines, les participants au chantier devant obtenir ladite autorisation par les voies de droit établies pour ce faire. De telles conclusions ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux dépens :

6. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ". Ainsi il n'appartient pas au juge des référés, dans le cadre de la présente instance, de désigner la partie qui supportera la charge des dépens.

Sur les frais de l'instance :

7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vaucresson, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. Q et Mme N demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B F, expert spécialisé en " Gestion de projet et de chantier ", demeurant

1 bis, allée des Aulnes à Chatou (78 400), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :

1°) de prendre connaissance des travaux de construction d'un équipement culturel comprenant une médiathèque et la restauration d'un restaurant scolaire sur les parcelles cadastrées AM n° 188,

n° 194, n° 197, n° 213, n° 339, n° 560 et n° 661 à Vaucresson (92420) ;

2°) de se rendre sur les lieux, de visiter les immeubles et ouvrages riverains qui bordent, voisinent ou jouxtent le programme ;

3°) de constater et décrire avec précision l'état de ces immeubles et ouvrages voisins du site de l'opération en mentionnant, s'il y a lieu, l'existence de toute servitude, emprise ou mitoyenneté ; de préciser s'il existe des désordres et/ou des dégradations ; dans l'affirmative, les recenser et les décrire en indiquant notamment s'ils sont inhérents aux fondations, à la nature du sous-sol, à la structure, à un état de vétusté, ou à une autre cause et en particulier au démarrage des travaux ;

4°) de fournir au tribunal les éléments permettant de déterminer, le cas échéant, les causes et l'étendue des dommages qui seraient susceptibles de survenir aux immeubles et ouvrages au cours des travaux mentionnés au 1°) ;

5°) au cas où l'état de ces immeubles et ouvrages nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, d'en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; de préciser le cas échéant si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, de dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par ces immeubles et ouvrages, ou un élément de ceux-ci, est susceptible de créer un danger ;

6°) de procéder, à l'issue des travaux, à toutes constatations relatives à l'état desdits immeubles et ouvrages, et de déterminer, le cas échéant, les causes et l'étendue des désordres ; d'indiquer, le cas échéant, les travaux de nature à remédier auxdits désordres ;

7°) de fournir, de façon générale, tous les éléments techniques ou de fait permettant à la juridiction qui serait éventuellement saisie de déterminer, le cas échéant, les responsabilités encourues et les préjudices subis ;

8°) de donner, s'il y a lieu, tous éléments sur les difficultés consécutives à l'existence de servitudes, emprises et mitoyennetés ;

9°) d'annexer au rapport, le cas échéant, les photographies de ses constatations.

L'expert restera saisi jusqu'à l'achèvement des travaux prévu en septembre 2024.

L'expert pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : Les opérations de l'expertise auront lieu contradictoirement entre la commune de Vaucresson, la société Enedis, la société GRDF, la société Véolia Eau Compagnie Générale des Eaux, la société des eaux de l'ouest parisien, la société SPIE citynetworks, la société SNRB, la société KLC Désamiantage, la société I3F, la société Turquoise Investissement, la société Basalt Architecture, le syndicat des copropriétaires du 26 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), le syndicat des copropriétaires du 11 rue Louis Barthou à Vaucresson (92420), le syndicat des copropriétaires du 7 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), M. M,

M. O, M. J et Mme D, M. R, Mme G, M. P, M. K, M. et Mme A, M. et Mme L, M. Q et Mme N, M. C, M. et Mme H et de M. et Mme E.

Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 4 : L'expert remettra au plus tard le 15 octobre 2022 un rapport sur l'état initial, et, le cas échéant, sur les mesures et travaux de sauvegarde présentant un caractère d'urgence, adressé en 2 exemplaires au greffe du tribunal administratif. Il établira un rapport complémentaire et définitif adressé en 2 exemplaires au greffe du tribunal administratif, dans les deux mois suivant l'achèvement de l'ensemble des travaux, prévu en septembre 2024. Un exemplaire de ces rapports sera notifié par l'expert à la commune de Vaucresson et la seule partie des rapports le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, ces notifications peuvent s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de ses rapports par les parties.

Article 5 : Les frais de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera les frais et honoraires.

Article 6 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Vaucresson, à la société Enedis, à la société GRDF, à la société Véolia Eau Compagnie Générale des Eaux, à la société des eaux de l'ouest parisien, à la société SPIE citynetworks, à la société SNRB, à la société KLC Désamiantage, à la société I3F, à la société Turquoise Investissement, à la société Basalt Architecture, au syndicat des copropriétaires du 26 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), au syndicat des copropriétaires du 11 rue Louis Barthou à Vaucresson (92420), au syndicat des copropriétaires du

7 avenue Jean Salmon Legagneur à Vaucresson (92420), à M. M, à M. O, à M. J et Mme D, à M. R, à Mme G, à M. P, à M. K, à M. et Mme A, à M. et Mme L, à M. Q et Mme N, à M. C, à M. et Mme H, à

M. et Mme E et à M. B F, expert.

Fait à Cergy, le 29 juillet 2022.

La vice-présidente du Tribunal, juge des référés,

signé

I. Billandon

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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