mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210250 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ELBAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Elbaz, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales au titre des années 2016 et 2017, à raison des revenus distribués mis à leur charge ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les bénéfices reconstitués à partir du logiciel de facturation ou des encaissements bancaires sont demeurés investis dans l'EURL Cab Excellence et ne peuvent donc faire l'objet d'une distribution ;
- les méthodes de reconstitution du chiffre d'affaires de l'EURL Cab Excellence retenues par l'administration sont excessivement sommaires, dès lors que le chiffre d'affaires reconstitué varie selon les deux méthodes et que le chiffre d'affaire de 2017 est bien supérieur à celui de 2016 ; que le montant moyen appliqué aux factures prétendument omises est arbitraire ; que l'existence de ruptures dans la séquentialité des factures peut s'expliquer par le fonctionnement même du logiciel ; que les clients des VTC ne réglant que par cartes bancaires, très peu en chèques et jamais en espèces, l'administration n'aurait dû reconstituer le chiffre d'affaire qu'à partir des comptes bancaires de la société ;
- la somme de 12 954,64 euros, correspondant au remboursement par l'assureur des frais de réparation sur un véhicule, doit être déduite du montant du chiffre d'affaire HT de la société pour 2017, qui doit donc être réduit à hauteur de 171 128,50 euros.
Par un mémoire enregistré le 7 octobre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Cab Excellence, exerçant une activité de voiture de transport avec chauffeur et de location de véhicules et dont M. B était le gérant et unique associé, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, période étendue en matière de TVA jusqu'au 31 août 2018, à l'issue de laquelle l'administration après avoir rejeté la comptabilité présentée comme irrégulière et non probante, a notamment reconstitué ses bénéfices des exercices 2016 et 2017. A la suite de ce contrôle et d'un contrôle sur pièces du dossier de M. et Mme B et aux termes d'une proposition de rectification du 17 juin 2019, le service a, sur le fondement du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, rapporté au revenu imposable des intéressés desdites années, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, les bénéfices rehaussés de l'EURL Cab Excellence regardés comme distribués entre leurs mains en raison de la qualité de maître de l'affaire de M. B. Les requérants ont contesté ces impositions supplémentaires par des réclamations du 17 septembre 2020 et du 31 octobre 2021 qui ont fait l'objet d'une décision d'admission partielle et d'un rejet du surplus. Par la requête susvisée, M. et Mme B demandent au tribunal la décharge des impositions restant à leur charge.
Sur les conclusions en décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
4. Il n'est pas contesté que M. et Mme B n'ont pas répondu à la proposition de rectification du 17 juin 2019 dans le délai de trente jours qui leur était imparti. Il leur appartient donc d'apporter la preuve tant de l'absence d'appréhension par leurs soins des sommes réputées distribuées par l'EURL Cab Excellence que de l'absence de réalité ou du montant exact de la distribution.
En ce qui concerne le montant des distributions :
5. L'administration a considéré la comptabilité de l'EURL Cab Excellence comme irrégulière et dépourvue de toute valeur probante au titre des exercices 2016 et 2017 et a reconstitué son chiffre d'affaires à partir de deux méthodes, l'une basée sur les encaissements bancaires de la société, à partir de laquelle elle a procédé aux rappels de TVA, et l'autre sur les données issues du logiciel de facturation Invoice 2 Go, retenue pour les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés. Il en est résulté des rehaussements de bénéfices regardés comme distribués s'établissant, avant application du coefficient de 1,25, à 11 130 euros et 83 301 euros respectivement au titre des années 2016 et 2017. Pour contester cette reconstitution, M. et Mme B soutiennent que le chiffre d'affaires reconstitué de la société varie selon les deux méthodes et que le chiffre d'affaire reconstitué pour 2017 est bien supérieur à celui de 2016. Ils font également valoir que l'administration réintègre au chiffre d'affaires reconstitué pour 2017 un montant de 41 148 euros, correspondant à 41 factures faisant défaut dans la séquentialité de la numérotation, qui est arbitraire, dès lors que le montant moyen appliqué aux factures prétendument omises n'est pas justifié et que l'existence de ruptures dans la séquentialité des factures peut s'expliquer par le fonctionnement même du logiciel. Enfin, ils remarquent que les clients des VTC réglant essentiellement par cartes bancaires, très peu en chèques et jamais en espèces, l'administration aurait dû n'utiliser que la méthode de reconstitution à partir des comptes bancaires. L'administration souligne toutefois que la différence entre les deux méthodes de reconstitution pour 2017 s'explique par l'existence de ruptures dans la facturation particulièrement importantes en fin d'année 2017, rendant le montant moyen de facturation moins certain, ainsi que par la moindre fiabilité de la saisie des paiements dans l'application de facturation en 2017. Elle remarque également que le chiffre d'affaires plus important en 2017 s'explique par l'utilisation de trois véhicules supplémentaires par la société de M. B. Elle souligne en outre que le montant moyen appliqué aux factures omises n'est pas arbitraire, mais a été calculé à partir des factures enregistrées sur le logiciel Invoice 2 Go. Concernant, les ruptures de séquences, les requérants n'apportent aucun élément à l'appui de leur allégation selon laquelle elles pourraient être dues à l'utilisation du logiciel lui-même. Enfin, à supposer établi que les clients règlent essentiellement par carte bancaire, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que l'administration utilise une méthode de reconstitution de recettes à partir des facturations du logiciel Invoice 2 Go. Par suite, les requérants, qui ne proposent par ailleurs aucune méthode alternative de reconstitution qui permettrait une meilleure approximation que celles de l'administration, n'apporte pas la preuve, qui leur incombe, que la méthode mise en œuvre par le service vérificateur pour reconstituer le bénéfice imposable serait radicalement viciée ou excessivement sommaire.
6. Si M. et Mme B font valoir que l'administration a reconnu le remboursement à la société de M. B en avril 2017, par la compagnie d'assurance de l'EURL Cab Excellence, des frais de réparation d'un véhicule endommagé pour un montant total de 12 954,64 euros, ils n'établissent pas, en l'absence de justificatifs, que ce montant aurait été pris en compte à tort par l'administration dans la reconstitution du chiffre d'affaire de la société à partir des encaissements bancaires sur le compte n°0001008044271 ouvert à l'agence de la BNP de Châtillon.
7. Par suite, M. et Mme B n'apportent pas la preuve, qui leur incombe, du caractère exagéré des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2017.
En ce qui concerne l'existence des distributions :
8. M. et Mme B affirment que les bénéfices reconstitués sont demeurés investis dans l'entreprise et ne peuvent avoir été distribués. En l'absence toutefois de toute comptabilité ou d'une délibération de la société décidant de la mise en réserve ou de l'incorporation au capital des bénéfices en question, ces derniers doivent être regardés comme désinvestis et entrent, dès lors, dans le champ d'application du 1° de l'article 109 1 du code général des impôts. Par suite, et alors que, par ailleurs, la maîtrise de l'affaire par M. B n'est pas contestée, l'administration était fondée à imposer les sommes en litige entre les mains de M. et Mme B sur le fondement de ces dispositions.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
10. Ces dispositions font obstacle à ce que l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. et Mme B la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et au directeur des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
M. Viain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2210250
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026