mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2212495 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | DECLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2022 sous le n° 2212495 au greffe du tribunal et un mémoire enregistré le 8 novembre 2022, la commune de Courdimanche, représentée par la Selarl inter-barreaux Verpont avocats, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en présence de M. B, de Mme J, de Mme C, de la société Berrivin, de M. E, de Mme G épouse N, de M. N, de Mme M N, de Mme I N, de M. H, de M. L, du syndicat des copropriétaires de l'immeuble des 12 et 14 rue Raymond Berrivin à Courdimanche (95800), de la CDC Habitat Social, de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, du syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise, du département du Val-d'Oise, de la société Atelier Silhouette Urbaine, de la société GRDF, de la société Cyo, de la société Enedis, de la société Orange, de la société XP fibre et de la société Axione afin d'apprécier l'état actuel des immeubles et ouvrages susceptibles d'être affectés par les travaux de réhabilitation des bâtiments existants situés rue Raymond Berrivin et rue Charles Cavan à Courdimanche (95800) ainsi que les aménagements paysagers sur les parcelles cadastrées HT n° 415, n° 496 et n° 497 ainsi que les désordres qui pourraient survenir au cours des travaux prévus, en indiquant les mesures de nature à les prévenir ou à y remédier.
Elle soutient qu'afin de prévenir toutes contestations et de pouvoir remédier aux désordres pouvant intervenir lors des travaux, un référé préventif est utile. La maîtrise d'œuvre des travaux a été confiée à la société Atelier Silhouette Urbaine. Les travaux d'une durée de 10 mois sont prévus à compter du mois de novembre 2022 jusqu'au mois de septembre 2023.
Par un mémoire, enregistré le 9 novembre 2022, la société d'HLM CDC Habitat Social, représentée par Me Decler, formule ses protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise et demande au juge des référés de désigner comme expert, M. F.
Elle soutient que :
- propriétaire d'une parcelle voisine de celle des travaux envisagés par la commune de Courdimanche, elle a obtenu un permis de démolir ;
- elle a obtenu du tribunal judicaire de Pontoise le 28 octobre 2022 la désignation d'un expert, M. A F, dans le cadre d'un préventif pour des travaux de construction de 20 logements collectifs et d'un parc de stationnement.
La requête a été communiquée à M. B, à Mme J, à Mme C, à la société Berrivin, à M. E, à Mme G épouse N, à M. N, à Mme M N, à Mme I N, à M. H, à M. L, au syndicat des copropriétaires de l'immeuble des 12 et 14 rue Raymond Berrivin à Courdimanche (95800), à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, au syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise, au département du Val-d'Oise, à la société Atelier Silhouette Urbaine, à la société GRDF, à la société Cyo, à la société Enedis, à la société Orange, à la société XP fibre et à la société Axione qui n'ont pas présenté de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. K, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".
2. La commune de Courdimanche entreprend en tant que maître d'ouvrage des travaux de réhabilitation des bâtiments existants situés rue Raymond Berrivin et rue Charles Cavan à Courdimanche (95800) ainsi que les aménagements paysagers sur les parcelles cadastrées HT n° 415, n° 496 et n° 497. La maîtrise d'œuvre des travaux a été confiée à la société Atelier Silhouette Urbaine. Lesdits travaux, prévus du mois de novembre 2022 jusqu'au mois de septembre 2023, sont, par leur ampleur, susceptibles d'affecter les immeubles et ouvrages riverains. La commune de Courdimanche demande la désignation d'un expert.
3. L'expertise demandée par la commune de Courdimanche entre dans le champ d'application des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en tant qu'elle porte sur les constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages susceptibles de survenir effectivement pendant la durée de la mission de l'expert. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande d'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
ORDONNE :
Article 1er : M. O D, demeurant 21 rue du Vieux Versailles à Versailles (78000), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) de prendre connaissance des travaux de réhabilitation des bâtiments existants situés rue Raymond Berrivin et rue Charles Cavan à Courdimanche (95800) ainsi que les aménagements paysagers sur les parcelles cadastrées HT n° 415, n° 496 et n° 497 ;
2°) de se rendre sur les lieux, de visiter les immeubles et ouvrages riverains qui bordent, voisinent ou jouxtent le programme :
3°) de constater et décrire avec précision l'état de ces immeubles et ouvrages voisins du site de l'opération en mentionnant, s'il y a lieu, l'existence de toute servitude, emprise ou mitoyenneté ; de préciser s'il existe des désordres et/ou des dégradations ; dans l'affirmative, les recenser et les décrire en indiquant notamment s'ils sont inhérents aux fondations, à la nature du sous-sol, à la structure, à un état de vétusté, ou à une autre cause et en particulier au démarrage des travaux ;
4°) de fournir au tribunal les éléments permettant de déterminer, le cas échéant, les causes et l'étendue des dommages qui seraient susceptibles de survenir aux immeubles et ouvrages au cours des travaux mentionnés au 1°) ;
5°) au cas où l'état de ces immeubles et ouvrages nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, d'en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; de préciser le cas échéant si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, de dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par un immeuble, ou un élément de ces immeubles et ouvrages est susceptible de créer un danger ;
6°) de procéder, à l'issue des travaux, à toutes constatations relatives à l'état desdits immeubles, et ouvrages et de déterminer, le cas échéant, les causes et l'étendue des désordres ; d'indiquer, le cas échéant, les travaux de nature à remédier auxdits désordres ;
7°) de fournir, de façon générale, tous les éléments techniques ou de fait permettant à la juridiction qui serait éventuellement saisie de déterminer, le cas échéant, les responsabilités encourues et les préjudices subis ;
8°) de donner, s'il y a lieu, tous éléments sur les difficultés consécutives à l'existence de servitudes, emprises et mitoyennetés ;
9°) d'annexer au rapport, le cas échéant, les photographies de ses constatations.
L'expert restera saisi jusqu'à l'achèvement des travaux, en septembre 2023.
L'expert pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Les opérations de l'expertise auront lieu contradictoirement en présence de la commune de Courdimanche, de M. B, de Mme J, de Mme C, de la société Berrivin, de M. E, de Mme G épouse N, de M. N, de Mme M N, de Mme I N, de M. H, de M. L, du syndicat des copropriétaires de l'immeuble des 12 et 14 rue Raymond Berrivin à Courdimanche (95800), de la CDC Habitat Social, de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, du syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise, du département du Val-d'Oise, de la société Atelier Silhouette Urbaine, de la société GRDF, de la société Cyo, de la société Enedis, de la société Orange, de la société XP fibre et de la société Axione.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : L'expert remettra un rapport sur l'état initial et, le cas échéant, sur les mesures et travaux de sauvegarde présentant un caractère d'urgence, au plus tard le 9 décembre 2022, adressé en 2 exemplaires au greffe du tribunal administratif. Il établira un rapport complémentaire et définitif adressé en 2 exemplaires au greffe du tribunal administratif, dans les deux mois suivant l'achèvement des travaux prévu en septembre 2023. Un exemplaire de ces rapports sera notifié par l'expert à la commune de Courdimanche et la seule partie des rapports le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, ces notifications peuvent s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de ses rapports par les parties.
Article 5 : Les frais de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera les frais et honoraires.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Courdimanche, à M. B, à Mme J, à Mme C, à la société Berrivin, à M. E, à Mme G épouse N, à M. N, à Mme M N, à Mme I N, à M. H, à M. L, au syndicat des copropriétaires de l'immeuble des 12 et 14 rue Raymond Berrivin à Courdimanche (95800), à la CDC Habitat Social, à la communauté d'agglomération de
Cergy-Pontoise, au syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise, au département du Val-d'Oise, à la société Atelier Silhouette Urbaine, à la société GRDF, à la société Cyo, à la société Enedis, à la société Orange, à la société XP fibre et à la société Axione et à M. O D, expert.
Fait à Cergy, le 16 novembre 2022.
Le premier vice-président, juge des référés
Signé
F. K
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.