mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2212874 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022 sous le n° 2212874, M. A B, représenté par Me Laplante, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ;
2°) de dire et juger que les frais d'expertise seront pris en charge par l'État.
Il soutient que l'expertise est utile car elle permettra d'éclairer le tribunal administratif statuant sur ses recours contre le refus implicite du conseil régional d'Ile-de-France de reconnaitre l'imputabilité au service de ses affections de santé et la décision du conseil départemental du Val d'Oise de lui octroyer un congé de longue maladie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, le conseil régional d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la mesure d'expertise est inutile dès lors qu'elle est formée après l'introduction d'une action au fond et que, de surcroit, l'action la concernant est irrecevable.
La requête a été communiquée au conseil départemental du Val d'Oise qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. M. B demande qu'un expert soit désigné pour apprécier le lien entre son état de santé et les conséquences de sa prise de fonction dans un établissement scolaire à compter du 1er décembre 2019 et pour évaluer l'ensemble de ses préjudices relatifs à un prétendu accident de service. Parallèlement à cette demande d'expertise, il a demandé au tribunal de céans, dans une requête enregistrée sous le n° 2104506 enregistrée le 2 avril 2021, d'annuler la décision par laquelle le conseil régional d'Ile-de-France a implicitement rejeté son recours tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses affections de santé et à la révision de son entretien professionnel au titre de l'année 2020. Le 21 septembre 2022, il a initié un deuxième recours, sous le n° 2213035, afin de contester la décision du 21 septembre 2021 du conseil départemental du Val d'Oise lui refusant l'octroi d'un congé de longue maladie.
3. S'il résulte de l'article R. 625-1 du code de justice administrative qu'il peut être fait application des dispositions de l'article R. 532-1, alors même qu'une requête à fin d'annulation est en cours d'instruction, il appartient au juge des référés d'apprécier l'utilité de la mesure demandée sur ce fondement. En l'espèce, aucune circonstance particulière ne confèrerait à la mesure qu'il est ainsi demandé au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui des mesures que le juge de l'annulation pour excès de pouvoir, saisi des requêtes n° 2104506 et 2213035, pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. En particulier, le requérant ne fournit au juge des référés aucun élément de nature à justifier qu'il fasse usage du pouvoir qu'il tient des dispositions citées ci-dessus, sans attendre que la chambre chargée de l'instruction de cette requête ait pu elle-même en apprécier l'utilité. Dès lors, la requête en référé présentée par M. B doit être rejetée.
Sur les frais d'expertise :
4. Aucun frais d'expertise n'ayant été exposé, les conclusions tendant au paiement de tels frais sont dépourvues d'objet.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au conseil départemental du Val d'Oise et au conseil régional d'Ile-de-France.
Fait à Cergy, le 14 juin 2023.
Le juge des référés,
Signé
F. BEAUFAŸS
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.