mardi 29 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2215145 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 novembre 2022 et 16 octobre 2023, M. A D et la société en nom collectif (SNC) Mathieu, représentés par Me Josseran, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Montmorency a fermé au public la partie hôtel de l'établissement " Bar hôtel de l'orangerie ", situé 1 place Charles Lebrun à Montmorency et subordonné sa réouverture à sa mise en conformité, à une visite de la commission de sécurité et à une autorisation du maire ;
2°) d'annuler l'avis du 6 mai 2022 par lequel la commission communale de sécurité s'est déclarée défavorable à la poursuite de l'activité de la partie Hôtel de l'établissement " Bar hôtel de l'orangerie " ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montmorency la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de M. D.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté a été notifié à M. D qui n'est pas le gérant de l'établissement " Bar hôtel de l'orangerie " ; le gérant est la SNC Mathieu ;
- la SNC Mathieu n'est plus chargée de l'hôtellerie de l'établissement depuis le 1er mai 2022 ;
- la SNC Mathieu ayant contracté dès le 12 février 2022 un contrat de maintenance du système de sécurité incendie et recruté un veilleur de nuit, l'avis défavorable de la commission de sécurité et l'arrêté en litige ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, le maire de la commune de Montmorency, représenté par Me Gauch conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. D et de la SNC Mathieu la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'intérêt à agir des requérants qui n'exploite plus l'hôtel de l'orangerie depuis le 1er mai 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de la commission de sécurité sont irrecevable dès lors qu'elles sont dirigées contre une mesure préparatoire non susceptible de recours ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, rapporteure,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,
- et les observations de Me Buonomo substituant Me Josseran représentant M. D et la SNC Mathieu.
Considérant ce qui suit :
1. La société en nom collectif (SNC) Mathieu, composée de deux associés M. C et M. D et constituée en 2011, exploite l'établissement " Bar hôtel de l'orangerie ", située 1, place Charles Lebrun à Montmorency en vertu d'un bail commercial du 27 juin 2006 renouvelé le 1er janvier 2014. A la suite d'un incendie le 3 octobre 2020 dans une chambre de l'hôtel, la commission de sécurité a visité l'établissement le 23 septembre 2021 et a émis le 11 janvier 2022 un avis favorable à la poursuite de l'activité, assorti de prescriptions à lever dans un délai d'un mois. En l'absence de réponse aux mises en demeure de M. D des 11 janvier et 28 février 2022, la commission de sécurité a effectué le 12 avril 2022, une nouvelle visite à l'issue de laquelle elle a émis un avis défavorable à la poursuite de l'activité. Par arrêté du 4 mai 2022, le maire de la commune de Montmorency a fermé au public la partie hôtel de l'établissement " Bar hôtel de l'orangerie ", et a subordonné sa réouverture à une mise en conformité de l'établissement, une visite de la commission de sécurité et une autorisation délivrée par arrêté municipal. M. A D et la société en nom collectif (SNC) Mathieu ont déposé contre cette arrêté un recours gracieux, le 5 juillet 2022, qui a été rejeté par un courrier du 5 septembre 2022. M. D et la SNC Mathieu doivent être regardés comme demandant l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2022 et du rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de la commission de sécurité en date du 12 avril 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation : " Sans préjudice de l'exercice par les autorités de police de leurs pouvoirs généraux et dans le cadre de leurs compétences respectives, le maire ou le représentant de l'Etat dans le département peuvent par arrêté, pris après avis de la commission de sécurité compétente, ordonner la fermeture des établissements recevant du public en infraction avec les règles de sécurité propres à ce type d'établissement, jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité./ L'arrêté de fermeture est pris après mise en demeure restée sans effet de l'exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti. "
3. Les conclusions dirigées contre l'avis de la commission de sécurité du 12 avril 2022, qui est un acte préparatoire à l'édiction de l'arrêté de fermeture en litige, pris sur le fondement de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation, et qui n'a pas par lui-même de caractère décisoire, sont irrecevables. Il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense et de rejeter ces conclusions.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2022 :
4. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté du 4 mai 2022 ait été notifié à M. D et à la SNC Mathieu qui n'ont informé la commune de Montmorency du changement d'exploitant de la partie hôtellerie de l'établissement " Bar hôtel de l'orangerie " que par courrier du 17 mai 2022, est sans incidence sur sa légalité. L'arrêté du 4 mai 2022 a en tout état de cause été notifié au nouvel exploitant le 10 juin 2022. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.
5. En second lieu, à l'issue de la visite de la commission de sécurité du 12 avril 2022 et de son avis défavorable à la poursuite de l'activité de l'établissement daté du même jour, les requérants ont été mis en demeure d'annexer au registre de sécurité les observations auxquelles les vérifications techniques ont donné lieu, de contracter un contrat annuel d'entretien du système de détection automatique d'incendie, d'assurer la présence permanente d'un membre du personnel affecté à la surveillance soit du système de sécurité incendie, soit du tableau de signalisations, soit du report d'alarme et de maintenir le système d'alarme en bon état de fonctionnement. Si les requérants font valoir qu'un contrat de maintenance du Système de sécurité incendie a été signé dès le 12 février 2022, d'une part, ce contrat signé par la SNC tabas de l'orangerie n'a été transmis à la commune de Montmorency que le 27 mai 2022, postérieurement aux mises en demeures des 11 janvier et 28 février 2022, à la visite de la commission de sécurité le 12 avril 2022 et à la notification de l'arrêté en litige du 4 mai 2022, et d'autre part, ce contrat est insuffisant au regard des prescriptions précitées. En outre, la seule déclaration d'un résident de l'hôtel qui affirme être veilleur de nuit, sans transmission de contrat de travail, n'établit pas l'effectivité du recrutement d'un veilleur de nuit. Par suite, le maire de Montmorency n'a pas commis d'erreur de droit au regard des dispositions citées au point 2 en prenant l'arrêté en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de M. D et de la SNC Mathieu doivent être rejetées ainsi que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige
7. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SNC Mathieu et de M. D la somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SNC Mathieu et de M. D est rejetée.
Article 2 : La SNC Mathieu et M. D verseront globalement à la commune de Montmorency la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SNC Mathieu, à M. D et à la commune de Montmorency.
Délibéré après l'audience du 1er avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2025.
La rapporteure,
signé
S. Cuisinier-HeisslerLe président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2215145
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2511300
Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé l'arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) pris à l'encontre d'une ressortissante algérienne. Le juge a retenu que le préfet de la Seine-Saint-Denis avait signé l'arrêté en méconnaissance d'une clause de sa propre délégation de signature, ce qui constitue une incompétence. Cette illégalité entache l'ensemble de la procédure, rendant inutile l'examen des autres moyens soulevés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) relatives à la compétence et à la forme des actes.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2511321
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant une obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que la décision était signée par une autorité compétente, qu'un examen particulier de la situation avait été réalisé, et que les conditions exceptionnelles de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas remplies. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'une erreur manifeste d'appréciation ont également été écartés.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2511531
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté préfectoral du 27 mai 2025 refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant tunisien. Le juge a retenu que l'administration avait méconnu son obligation d'examiner la situation personnelle et familiale du requérant au regard de son droit au respect de la vie privée, notamment en vertu de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, le préfet est enjoint de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2517818
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B... C... visant à annuler l'arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et lui enjoignant de quitter le territoire. Le tribunal a estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation et n'avait pas commis d'erreur de fait, notamment en relevant que la requérante n'était pas isolée dans son pays d'origine. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier l'article L. 435-1 relatif à l'admission exceptionnelle au séjour.
31/03/2026