vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2216596 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PHELIP & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 décembre 2022, 29 août 2024 et M. et Mme B, représentés par Me Lalanne, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune d'Eaubonne et la communauté d'agglomération Val Parisis à leur verser la somme de 7 482 euros, sous réserve d'actualisation, en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subi résultant de l'erreur commise par la commune dans le contrôle de la conformité du raccordement au réseau d'assainissement de leur bien situé 3 Villa des Cailloux à Eaubonne ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Eaubonne la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, la commune d'Eaubonne, représentée par son maire en exercice, doit être regardée comme sollicitant l'appel en la cause de la communauté d'agglomération Val Parisis et sa mise hors de cause, et conclut, en outre, à titre principal, au rejet de la requête pour irrecevabilité, à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond, et demande que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoires ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ". Aux termes de l'article L. 2224-8 du code précité : " I.-Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. / II.-Les communes assurent le contrôle des raccordements au réseau public de collecte, la collecte, le transport et l'épuration des eaux usées, ainsi que l'élimination des boues produites. '' / III.-Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, les communes assurent le contrôle des installations d'assainissement non collectif. Cette mission de contrôle est effectuée soit par une vérification de la conception et de l'exécution des installations réalisées ou réhabilitées depuis moins de huit ans, soit par un diagnostic de bon fonctionnement et d'entretien pour les autres installations, établissant, si nécessaire, une liste des travaux à effectuer. '' "..
3. Les litiges individuels nés des rapports entre un service public industriel et commercial et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, relèvent de la compétence des juridictions judiciaires. Il n'en va autrement que pour les litiges relatifs à celles de ses activités qui, telles la réglementation, la police ou le contrôle, se rattachent, par leur nature, à des prérogatives de puissance publique.
4. Il résulte de l'instruction que M. et Mme A B ont, à l'occasion de l'achat de leur maison d'habitation située à Eaubonne, en mai 2014, obtenu l'attestation par la commune d'Eaubonne que ce bien était rattaché à un dispositif collectif de traitement des eaux usées, et que le raccordement du bien au réseau était conforme au règlement d'assainissement. Ce certificat de " contrôle et conformité de la propreté " a été établi dans le cadre des prestations de contrôle des raccordements au réseau public de collecte des eaux usées, à la demande du vendeur, par la commune d'Eaubonne. Le certificat ainsi délivré aux requérant indiquait que cette maison était " effectivement [] raccordée à un réseau collectif ". Cette prestation, réalisée à la demande des usagers, constitue un prolongement direct des missions du service public industriel et commercial de l'assainissement, qui ne relève pas de prérogatives de puissance publique. Dès lors, le dommage qui résulterait de l'erreur commise par la commune d'Eaubonne dans l'établissement de ce certificat doit être regardé comme causé à un usager du service public de l'assainissement, lequel a le caractère d'un service public industriel et commercial. Par suite, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître de ce litige.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M et Mme B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que demande la commune d'Eaubonne notamment en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les conclusions de M. et Mme A B et de la commune d'Eaubonne sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C A B, à la commune d'Eaubonne et à la communauté d'agglomération Val Parisis.
Fait à Cergy-Pontoise, le 25 octobre 2024.
Le président de la 2e chambre,
signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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