lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2305403 |
| Type | Décision |
| Recours | Autorisation |
| Avocat requérant | SYMCHOWICZ-WEISSBERG ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 avril et 3 mai 2023, la société Union technique du bâtiment, représentés par Me Sermot, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative d'annuler la procédure organisée par l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris, et l'ensemble des décisions afférentes, visant à l'attribution du marché public de travaux n° 2023-02 " Accord cadre à bons de commande : travaux tous corps d'état pour la remise en état de logements en vue de leur relocation ". ;
2°) de mettre à la charge de l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- Le motif de son éviction n'est pas matériellement établi dès lors que sa candidature comprenait l'ensemble des informations attendues par l'acheteur dans les formes prévues et autorisées par le règlement de la consultation :
- Le motif de son éviction est infondé en droit dès lors que l'acheteur ne pouvait limiter aux trois dernières années la liste des prestations similaires réalisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à l'annulation partielle de la procédure au stade de l'analyse des offres.
L'office fait valoir que :
- Aucune disposition n'interdit de solliciter la production de références sur une plus courte durée que celle prévue par les dispositions du code de la commande publique
- L'erreur d'analyse de la candidature de la société requérante est une erreur purement matérielle qui trouve son origine dans la mauvaise désignation de la pièce remis par la société.
- L'annulation totale sollicitée ne peut être prononcée dès lors qu'une annulation partielle permet une régularisation de la procédure ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 3 mai 2023 à 15 h 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dussuet, président du tribunal ;
- les observations de Me Sermot, représentant la société Union technique du bâtiment ;
- les observations de Me Lebel, représentant l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris.
- la société ERI, attributaire, n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis publié le 1er février 2023, l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris a lancé une procédure d'appel d'offres ouvert en vue de l'attribution du marché public n° 2023-02 " Accord cadre à bons de commande : travaux tous corps d'état pour la remise en état de logements en vue de leur relocation ". Par un courrier, notifié le 12 avril 2023, l'office a informé la société Union technique du bâtiment du rejet de sa candidature comme irrégulière dès lors que des éléments en étaient absent et que par suite son offre ne serait pas analysée, la société ERI se voyant attribuer le marché. Par sa requête, la société Union technique du bâtiment demande au juge des référés sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative d'annuler cette procédure, et l'ensemble des décisions afférentes.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / () Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".
En ce qui concerne les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence de l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2143-11 du code de la commande publique : " Pour vérifier que les candidats satisfont aux conditions de participation à la procédure, l'acheteur peut exiger la production des renseignements et documents dont la liste figure dans un arrêté annexé au présent code. ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 22 mars 2019 pris en application de ces dispositions et fixant la liste des renseignements et des documents pouvant être demandés aux candidats aux marchés publics : " I. - Dans la mesure où ils sont nécessaires à l'appréciation des capacités techniques et professionnelles des candidats, l'acheteur peut exiger un ou plusieurs renseignements ou documents figurant dans la liste ci-dessous. Pour les marchés publics autres que de défense ou de sécurité, cette liste est limitative. 1° Une liste des travaux exécutés au cours des cinq dernières années, assortie d'attestations de bonne exécution pour les travaux les plus importants. Le cas échéant, afin de garantir un niveau de concurrence suffisant, l'acheteur peut indiquer que les éléments de preuve relatifs à des travaux exécutés il y a plus de cinq ans seront pris en compte. Ces attestations indiquent le montant, la date et le lieu d'exécution des travaux et précisent s'ils ont été effectués selon les règles de l'art et menés régulièrement à bonne fin () ". Ces dispositions se bornent à déterminer l'étendue des renseignements et documents que la personne publique est en droit d'exiger des candidats à l'appui de leur candidature. Si elles interdisent à l'acheteur public de demander la présentation de travaux exécutés depuis plus de cinq ans, elles ne font, en revanche, pas obstacle à ce que celui-ci limite les références demandées aux candidats à des travaux exécutés durant une période plus courte que les cinq dernières années, dès lors que la même période, déterminée en rapport avec l'objet du marché, est fixée pour tous les candidats.
4. Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient la société requérante, compte-tenu de l'objet du marché qu'il envisageait de passer, l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris a pu prévoir dans son avis d'appel public à la concurrence que les entreprises candidates devaient produire pour faire valoir leurs capacités professionnelles " une liste de prestations similaires réalisées au cours des trois dernières années " sans méconnaître ni les limites prévues par les dispositions précitées de l'arrêté du 22 mars 2019, ni les obligations de publicité et de mise en concurrence qui s'imposaient à lui.
5. En second lieu, et ainsi que le reconnaît lui-même l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris, dans ses écritures et à la barre, la société requérante a remis à l'appui de sa candidature une liste de références de marchés d'entretien, intitulée " marché d'entretien 2021 " détaillant pour chacune le service, le client, le type de bâtiment concerné, la date et les lots concernés ainsi que des attestations des travaux TCE-Entretien pour des marchés similaires indiquant le nom du maître d'ouvrage, les travaux concernés, les dates de début et de fin des travaux ainsi que les montants hors taxes. C'est donc à tort, et à la suite d'une erreur dans l'analyse de la candidature de la société Union technique du bâtiment, que l'office a estimé que la candidature de la société requérante était irrégulière en raison de l'absence de liste de prestations similaires réalisées au cours des trois dernières années et a écarté sa candidature sans analyser son offre.
En ce qui concerne la mesure à prononcer :
6. Le juge des référés précontractuels s'est vu conférer par les dispositions précitées de l'article L. 551-1 du code de justice administrative le pouvoir d'adresser des injonctions à l'administration, de suspendre la passation du contrat ou l'exécution de toute décision qui s'y rapporte, d'annuler ces décisions et de supprimer des clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat. Dès lors qu'il est régulièrement saisi, il dispose, sans toutefois pouvoir faire obstacle à la faculté, pour l'auteur du manquement, de renoncer à passer le contrat, de l'intégralité des pouvoirs qui lui sont ainsi conférés pour mettre fin, s'il en constate l'existence, aux manquements de l'administration à ses obligations de publicité et de mise en concurrence.
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 de la présente ordonnance, d'une part que, contrairement à ce que soutient la société requérante, le règlement de consultation n'était pas irrégulier et, d'autre part que, la procédure menée par l'office a été irrégulière à compter de l'examen des candidatures dès lors qu'elle a écarté à tort la candidature de société Union technique du bâtiment.
8. En second lieu, et contrairement à ce que soutient la société requérante, les offres des différents candidats ne sont pas caduques dès lors que le délai de validité de ces offres n'est pas encore expiré et que le juge du référé précontractuel a la faculté de prononcer l'annulation de toutes les décisions afférentes à la procédure dont l'irrégularité a été constatée et notamment les décisions notifiées aux entreprises évincées.
9. Il n'y a pas lieu par suite de prononcer l'annulation totale de la procédure mais seulement, compte tenu du manquement relevé, d'annuler la procédure à compter de l'examen des candidatures et de toutes les décisions ultérieures à cet examen. Eu égard au stade auquel est prononcée la présente annulation, il appartiendra à l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris, s'il entend conclure le marché en cause, de réintégrer la candidature de la société Union technique du bâtiment et de reprendre la procédure au stade de l'analyse des candidatures en se conformant à ses obligations de mise en concurrence.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la société Union technique du bâtiment et de mettre à la charge de l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris une somme de 5 000 € au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La procédure organisée par l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris visant à l'attribution du marché public de travaux n° 2023-02 " Accord cadre à bons de commande : travaux tous corps d'état pour la remise en état de logements en vue de leur relocation " est annulée à compter du stade de l'examen des candidatures ainsi que toutes les décisions ultérieures à cet examen.
Article 2 : Il est enjoint à l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris, s'il entend conclure le marché en cause, de réintégrer la candidature de la société Union technique du bâtiment et de reprendre la procédure au stade de l'analyse des candidatures en se conformant à ses obligations de mise en concurrence.
Article 3 : L'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris versera à la société Union technique du bâtiment une somme de 5 000 € au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Union technique du bâtiment, à l'office public de l'habitat du territoire Vallée sud-Grand Paris et à la société ERI.
Fait, à Cergy, le 15 mai 2023.
Le président,
Signé
J-P. Dussuet
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2400503
Sujet principal : Recours d'un agent public stagiaire contre le refus de sa titularisation et la prorogation de son stage. Juridiction : Tribunal Administratif de Montpellier (2ème chambre). Solution retenue : Le jugement, non intégralement reproduit, statue sur la légalité de l'arrêté de prorogation de stage et de l'arrêté refusant la titularisation. L'agent invoque notamment des vices de procédure, une erreur manifeste d'appréciation, un détournement de procédure et une violation de l'article L. 327-1 du code général de la fonction publique concernant les conditions du stage. Textes appliqués : Le code général de la fonction publique (notamment article L. 327-1) et le code de justice administrative (article L. 761-1 sur les frais irrépétibles).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2600904
Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la demande de suspension d'une décision préfectorale refusant l'enregistrement d'une demande de titre de séjour. Le juge des référés estime que le courriel attaqué du 14 janvier 2026 ne constitue pas une décision faisant grief, une décision implicite de refus étant déjà née le 11 janvier 2026 suite à l'expiration du délai d'instruction. La demande est donc irrecevable au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505063
Le Tribunal administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante tunisienne et prononçant une obligation de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet de la Seine-Maritime avait méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme en ne procédant pas à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale, notamment au regard de son intégration en France. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour.
03/04/2026