mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2308702 |
| Type | Décision |
| Recours | Question préjudicielle |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | AOUST - AUZUECH |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 17 mars 2023, le Tribunal judiciaire de Rodez a sursis à statuer sur la procédure d'exécution du commandement de payer valant saisie immobilière émis le 25 mars 2021 par le Trésor public à l'encontre de M. B A, et saisi le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise de la question de la prescription des créances fiscales dont le recouvrement est poursuivi par cet acte.
Par un mémoire enregistré le 10 avril 2024, la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine conclut à ce qu'il soit constaté que les créances fiscales dont le recouvrement est poursuivi par le commandement de payer du 25 mars 2021 demeurent exigibles.
La directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine fait valoir que les créances fiscales dont le recouvrement est poursuivi ne sont pas prescrites, dès lors le délai de prescription prévu à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales a été interrompu par l'émission de plusieurs actes de poursuite régulièrement notifiés.
Par un mémoire enregistré le 17 juin 2024, M. A, représenté par Me Tachnoff-Tzarowsky, avocate, conclut à ce qu'il soit constaté que les créances fiscales dont le recouvrement est poursuivi par le commandement de payer du 25 mars 2021 ne sont plus exigibles.
M. A soutient que les actes interruptifs de prescription, à savoir des commandements de payer et des mises en demeure de payer, ne lui ont pas été notifiés régulièrement, l'administration produisant des accusés de réception illisibles, sans mention de la date de leur distribution, et présentant des signatures différentes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de procédure civile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un commandement de payer valant saisie immobilière émis le 25 mars 2021, le Trésor public a entendu poursuivre le recouvrement, auprès de M. A, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée auxquelles ce dernier a été assujetti au titre des années 2005 et 2006, des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2017, des cotisations de contribution sociale généralisée auxquelles il a été assujetti au titre des années 2009 à 2012, et des cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2009 à 2011 et 2013 à 2018. Saisi par le Trésor public afin de procéder à l'exécution de cet acte, le Tribunal judiciaire de Rodez a sursis à statuer et saisi le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise de la question de la prescription des créances fiscales dont le recouvrement est poursuivi.
2. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article 49 du code de procédure civile : " Lorsque la solution d'un litige dépend d'une question soulevant une difficulté sérieuse et relevant de la compétence de la juridiction administrative, la juridiction judiciaire initialement saisie la transmet à la juridiction administrative compétente en application du titre Ier du livre III du code de justice administrative. Elle sursoit à statuer jusqu'à la décision sur la question préjudicielle. ". Aux termes de l'article R. 771-2-1 du code de justice administrative : " Lorsque la juridiction administrative compétente est saisie d'une question préjudicielle soulevée par une juridiction judiciaire, l'affaire est instruite et jugée comme une affaire urgente. / Les délais les plus brefs sont donnés aux parties pour produire leurs observations. A défaut de production dans le délai imparti, il est passé outre sans mise en demeure. ".
Sur la question préjudicielle :
3. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable () ". L'article 2244 du code civil précise notamment que le délai de prescription est interrompu par un acte d'exécution forcée.
4. Il ne résulte pas de l'instruction que le délai de prescription de l'action en recouvrement des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles M. A a été assujetti au titre des années 2012 à 2015, des cotisations de contribution sociale généralisée auxquelles il a été assujetti au titre des années 2009 à 2012, et des cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2009 à 2011 et 2013 à 2016, ait été interrompu par la notification d'un quelconque acte visant au recouvrement forcé de ces créances intervenu dans le délai de quatre ans à compter de la mise en recouvrement de ces impositions. Par suite, ces créances fiscales n'étaient plus exigibles le 25 mars 2021.
5. Il résulte de l'instruction que les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles M. A a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ont été mises en recouvrement respectivement les 31 juillet 2017 et 31 septembre 2018, et que les cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 et 2018 ont été mises en recouvrement les 30 septembre 2017 et 31 octobre 2018. Dès lors, à la date de notification du commandement de payer en litige, le 25 mars 2021, le délai de quatre ans prévu par les dispositions de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales n'était pas expiré et les créances fiscales correspondant à ces impositions étaient, ainsi, exigibles.
6. Il résulte de l'instruction que les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée auxquelles M. A a été assujetti au titre des années 2005 et 2006 ont été mises en recouvrement le 31 août 2009. Il résulte également de l'instruction que l'administration fiscale a entendu procéder au recouvrement de ces créances par l'émission successive d'un commandement de payer, de deux mises en demeure, et d'un avis à tiers détenteur, dont il n'est pas contesté qu'ils ont été notifiés respectivement les 24 juillet 2010, 30 juillet 2013, 7 juin 2016 et 17 mai 2018. Si les avis de réception accompagnant chacun de ces actes ne mentionnent pas de date de distribution, ces derniers présentent la mention de la date de présentation, ainsi qu'une signature, et il n'est pas contesté que les plis les contenant ont été présentés à l'adresse indiquée par M. A. Ainsi, le seul défaut de mention de la date de distribution sur les avis de réception, qui ne permet pas de remettre en cause la réalité de la distribution des actes d'exécution forcée au contribuable, n'est pas de nature à entacher d'irrégularité la notification de ces actes. Par ailleurs, si les signatures figurant sur les avis de réception ne sont pas identiques, M. A n'établit pas que ces avis n'auraient pas été signés par lui-même ou par quelqu'un qu'il aurait habilité à cet effet. Par suite, le délai de prescription de l'action tendant au recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée auxquelles le contribuable a été assujetti au titre des années 2005 et 2006 a été interrompu par la notification régulière d'actes d'exécution forcée les 24 juillet 2010, 30 juillet 2013, 7 juin 2016 et 17 mai 2018, de sorte qu'au 25 mars 2021 ce délai n'était pas expiré.
7. Il résulte de ce qui précède que seules les créances fiscales relatives aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée mises à la charge de M. A au titre des années 2005 et 2006, aux cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, et aux cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018, pour lesquelles l'action en recouvrement n'était pas prescrite, étaient exigibles à la date de notification du commandement de payer valant saisie immobilière du 25 mars 2021.
D É C I D E :
Article 1er : Il est déclaré que seules les créances fiscales relatives aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée mises à la charge de M. A au titre des années 2005 et 2006, aux cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, et aux cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018, pour lesquelles l'action en recouvrement n'était pas prescrite, étaient exigibles à la date de notification du commandement de payer valant saisie immobilière du 25 mars 2021.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au Tribunal judiciaire de Rodez, à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI
La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302927
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B... A... visant à engager la responsabilité de la commune d'Aubagne, de GRDF et de la société SOBECA suite à un accident de motocyclette. Le tribunal a jugé la requête irrecevable à l'encontre de la commune et de SOBECA pour défaut de demande indemnitaire préalable obligatoire, et a estimé que les conditions de la responsabilité de GRDF, en tant que maître d'ouvrage, n'étaient pas établies. La décision s'appuie sur les règles de procédure administrative contentieuse, notamment l'exigence d'une demande préalable.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2303832
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du département des Bouches-du-Rhône refusant le versement d'une subvention pour l'achat d'un véhicule électrique à M. C... B... La juridiction a retenu que le refus était insuffisamment motivé, car il ne comportait pas la référence à la base légale ou réglementaire appliquée, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a enjoint au département de réexaminer la demande du requérant dans un délai de trois mois.
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