LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2311049

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2311049

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2311049
TypeDécision
Formation9ème Chambre (JU)
Avocat requérantCABINET GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la sanction de blâme infligée le 7 juin 2023 à Mme A... E..., agent contractuel du centre de gérontologie « Les Abondances ». Le tribunal a jugé que l’administration n’avait pas établi la matérialité des faits reprochés, ni leur caractère fautif, en l’absence de preuves suffisantes. La décision a été prise en application du décret n° 91-155 du 6 février 1991 relatif aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière. Le tribunal a également enjoint à l’établissement de retirer la sanction du dossier administratif de l’agent et a condamné le centre à lui verser 1 500 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Par une requête, enregistrée le 21 août 2023, Mme C... A... E..., représentée par Me Beaulac, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 7 juin 2023 par laquelle la directrice des ressources humaines du centre de gérontologie « Les Abondances » a prononcé une sanction de blâme à son encontre ;

2°) d’enjoindre au centre de gérontologie « Les Abondances » de retirer la décision litigieuse de son dossier administratif ;

3°) de mettre à la charge de l’établissement le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d’une incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un vice de procédure, dès lors qu’elle n’a pas été informée de ce que le courriel du 27 avril 2023 mentionnant une demande d’entretien fixé le 3 mai 2023 était un préalable à l’édiction d’une procédure disciplinaire ;
- les faits reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- la décision attaquée est entachée d’une erreur de qualification juridique des faits ;
- la sanction de blâme est disproportionnée.

Le centre de gérontologie « Les Abondances » n’a pas produit d’observations en dépit d’une mise en demeure de défendre le 3 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le décret n° 91-155 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jacquelin en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Jacquelin, rapporteur,
les conclusions de Mme D..., rapporteuse publique.

Considérant ce qui suit :

Mme A... E... a été recrutée par le centre de gérontologie « Les Abondances » en qualité d’agent contractuelle à compter du 6 janvier 2020. Par une décision du 7 juin 2023, la directrice des ressources humaines du centre de gérontologie « Les Abondances » a prononcé une sanction de blâme à son encontre. Mme A... E... demande l’annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article 39-2 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière : « Tout manquement au respect des obligations auxquelles sont assujettis les agents publics, commis par un agent contractuel dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, est constitutif d'une faute l'exposant à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par le code pénal. ». L’article 39 du même décret prévoit que : « Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; 3° bis L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre jours à six mois pour les agents recrutés pour une durée déterminée et de quatre jours à un an pour les agents sous contrat à durée indéterminée ; 4° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement. / (…) ».
Il incombe à l’autorité investie du pouvoir disciplinaire d’établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public. Il appartient au juge de l’excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l’objet d’une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
Pour prendre la décision attaquée, l’administration a retenu que Mme A... E... a fait preuve d’un comportement non professionnel nuisant gravement à la continuité du service, ainsi que le non-respect récurrent de la ligne hiérarchique. Toutefois, l’établissement, qui n’a pas produit d’observations dans la présente instance, n’établit pas les faits exacts sur lesquels repose sanction. Le compte-rendu d’entretien du 3 mai 2023 établi par la direction des ressources humaines de l’établissement ne permet pas de caractériser la matérialité des faits ni d’apprécier leur caractère fautif. Il s’ensuit que ni la matérialité des faits, ni leur caractère fautif ne sont établies. Dans ces conditions, Mme A... E... est fondée à soutenir faits reprochés ne sont pas matériellement établis et que la décision attaquée est entachée d’une erreur de qualification juridique des faits. Par suite, ces moyens doivent être accueillis.

Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 7 juin 2023 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement implique nécessairement que l’administration procède au retrait de la sanction de blâme de son dossier administratif. Par suite, il y a lieu d’enjoindre au centre de gérontologie « Les Abondances » d’y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de verser à Mme A... E... la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D É C I D E :

Article 1er : La décision du 7 juin 2023 par laquelle la directrice des ressources humaines du centre de gérontologie « Les Abondances » a prononcé une sanction de blâme à l’encontre de Mme A... E... est annulée en toutes ses dispositions.

Article 2 : Il est enjoint au centre de gérontologie « Les Abondances » de retirer la décision de blâme du dossier administratif de Mme A... E....

Article 3 : Le centre de gérontologie « Les Abondances » versera à Mme A... E... la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... A... E... et au centre de gérontologie « Les Abondances ».

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2025.

Le magistrat désigné,

signé

G. Jacquelin
La greffière,

signé

H. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2410998

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné l'opposition à contrainte formée par Mme D... contre une décision de France Travail lui réclamant 5 994,82 euros pour une activité non déclarée entre décembre 2020 et mai 2022, incompatible avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique (ASS). La requérante contestait le bien-fondé de l'indu, invoquant sa bonne foi et sa situation financière. Le tribunal a relevé un moyen d'ordre public tiré de l'article R. 5312-47 du code du travail, qui impose une médiation préalable obligatoire avant tout recours contentieux contre une contrainte pour indu d'ASS. En l'absence de saisine préalable du médiateur de France Travail, la requête a été jugée irrecevable et rejetée.

23/01/2026

TA95Plein contentieux

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2409909

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme C... contestant une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d’un trop-perçu d’allocations de 11 358,50 euros, correspondant à une activité non déclarée entre 2018 et 2021. La requérante invoquait sa situation personnelle et familiale difficile, mais le tribunal a jugé que ces circonstances étaient sans incidence sur le bien-fondé de l’indu ou la légalité de la contrainte. La décision s’appuie sur l’article L. 5426‑8‑2 du code du travail, qui permet à France Travail d’émettre une contrainte pour le remboursement d’allocations indûment versées.

23/01/2026

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2407238

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête de Mme D... qui contestait une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d’un indu de rémunération de formation de 1 378,80 euros. La requérante invoquait l’absence de relance et sa situation financière précaire, mais ces moyens sont jugés inopérants car ils ne portent pas sur le principe, la quotité ou l’exigibilité de la créance. Le tribunal applique l’article L. 5426-8-2 du code du travail, qui permet à France Travail d’émettre une contrainte après mise en demeure. Aucun élément n’étant apporté pour contester le bien-fondé de la dette, la requête est rejetée.

23/01/2026

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2418704

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme C... contestant le refus de France Travail de l’inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d’emploi pour la période de décembre 2023 au 16 février 2024. La requérante invoquait un défaut d’information sur le caractère électronique de la procédure. Le tribunal a jugé que les dispositions du code du travail, notamment les articles L. 5312-1 et R. 5411-2, font obstacle à une inscription rétroactive, celle-ci permettant de se soustraire aux obligations liées à la qualité de demandeur d’emploi. Les circonstances alléguées par Mme C... ont été considérées comme sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

04/12/2025

← Retour aux décisions