lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2315587 |
| Type | Décision |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | CHARLUET-MARAIS FLORENCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Brillet, doit être regardée comme demandant au tribunal :
A titre principal :
1°) d'annuler la décision en date du 7 septembre 2023, prise sur recours administratif, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a confirmé l'existence, à sa charge, d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 4 638 euros relatif à la période d'octobre 2020 à décembre 2021 ;
2°) de condamner la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine à lui rembourser les sommes retenues, à hauteur de 156,95 euros par mois depuis le mois d'octobre 2022 soit la somme de 2 040,35 euros à parfaire ;
3°) d'enjoindre le rétablissement dans ses droits à l'aide personnalisée au logement à compter du mois d'octobre 2020 jusqu'à ce jour et le remboursement, par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, des sommes non versées au titre de ses droits ;
A titre subsidiaire :
4°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder une remise gracieuse de la somme de 4 638 euros et de lui accorder cette remise gracieuse ;
En tout état de cause :
5°) de condamner la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice subi ;
6°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine de régulariser sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
7°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations Familiales des Hauts-de-Seine la somme de 3 000 euros en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- si elle était initialement hébergée par sa tante dans le logement concerné, elle lui a succédé en raison de son état de santé et a bénéficié d'un transfert de bail ; elle pouvait donc bénéficier de l'aide personnalisée au logement ;
- elle est dans une situation financière précaire et son état de santé est fragile.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge de la requérante une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions aux fins de remise de dette sont irrecevables ;
- les moyens relatifs à la contestation du bien-fondé de l'indu ne sont fondés.
Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 25 mars 2024 du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision en date du 7 septembre 2023, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a, sur recours administratif préalable, confirmé l'existence, à la charge de Mme B, d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 4 638 euros relatif à la période d'octobre 2020 à décembre 2021.
Sur le bien-fondé de l'indu litigieux :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". L'article L. 821-2 du même code prévoit : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ". Aux termes des dispositions de l'article L.822-2 du code précité : " I.-Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement :1° Les personnes de nationalité française ; / () / II.-Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. / Les sous-locataires, sous les mêmes conditions, peuvent également en bénéficier. " Aux termes de l'article L. 822-4 du même code : " Les aides personnelles au logement ne sont pas dues si le local est loué ou sous-loué en partie à des tiers, sauf s'il s'agit d'une personne âgée ou handicapée adulte qui a passé un contrat conforme aux dispositions de l'article L. 442-1 du code de l'action sociale et des familles ou d'une personne de moins de trente ans. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable, en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'allocation de logement sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. ()
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes mêmes de la décision attaquée, que la requérante a présenté, le 1er mai 2011, une demande d'aide au logement pour un logement sis avenue du 18 juin 1940 à Rueil-Malmaison (92) alors qu'elle était hébergée par sa tante. Or, à l'occasion d'un réexamen de son dossier par la caisse d'allocations familiales, il est apparu que ce logement était loué, par le bailleur CDC habitat, à la tante de la requérante, unique titulaire du bail de location, Mme B ne pouvant se prévaloir du statut de sous-locataire du logement. Il en est résulté un nouveau calcul des droits de l'intéressée à l'origine de l'indu contesté. Si la requérante conteste le bien-fondé de cet indu en soutenant que, lorsqu'elle a présenté sa demande d'aide au logement en 2011, elle était hébergée par sa tante qui a rapidement quitté le logement la laissant seule occupante du bien, qu'elle a réglé le montant des loyers dus au bailleur et qu'elle n'a pas immédiatement pensé à solliciter la régularisation de sa situation auprès de ce dernier, ces circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu dès lors qu'il n'est pas contesté que, pour la période de l'indu, Mme B était occupante irrégulière du logement sus évoqué. Si Mme B soutient également qu'elle a depuis, en mai 2022, obtenu le transfert du contrat de bail à son profit, cette circonstance, postérieure à la période de référence de l'indu litigieux, est sans incidence sur son bien-fondé. Le moyen ne peut donc qu'être écarté. Mme B n'est donc pas fondée à contester le bien-fondé de l'indu litigieux.
Sur les conclusions aux fins de remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise totale d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
6. La requérante demande une remise gracieuse de la somme en litige en faisant valoir que sa tante et elle, préoccupées de leurs états de santé respectifs, n'avaient pas immédiatement pensé à régulariser leur situation, que son propre état de santé reste extrêmement fragile, qu'il ne lui permet pas de travailler et qu'elle se trouve ainsi dans une situation de précarité faisant obstacle à ce qu'elle s'acquitte de sa dette. Toutefois, à supposer que la requérante ait entendu se prévaloir de sa bonne foi lorsqu'elle soutient ne pas avoir pensé à signaler sa situation aux services de la caisse d'allocations familiales, et à supposer que sa bonne foi puisse être regardée comme établie, elle ne produit, alors qu'elle est assistée d'un conseil, aucun décompte mensuel de ses ressources et des charges de son foyer permettant au tribunal d'apprécier sa capacité de remboursement. Il ne résulte donc pas de l'instruction qu'à la date du présent jugement, la situation de précarité de la requérante serait telle qu'il devrait être fait droit à sa demande de remise gracieuse de sa dette d'aide personnalisée au logement. Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions aux fins de remise gracieuse présentées par Mme B doivent donc être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonctions sous astreinte et, en tout état de cause, de ses conclusions indemnitaires, Mme B n'établissant aucune illégalité dont elle serait fondée à demander réparation.
Sur les frais liés au litige :
8. Les conclusions présentées par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent en tout état de cause être rejetées, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine n'étant pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2315587
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2418666
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (Pôle Social) a rejeté la requête de M. B... D... contestant un indu de RSA de 15 935,80 euros. Le juge a estimé que l'absence de notification préalable de l'indu était sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Il a également écarté les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut d'assermentation de l'agent de la CAF, et de la méconnaissance des droits de la défense. Le tribunal a jugé que le département du Val-d'Oise avait légalement récupéré l'indu, sans faire droit à la demande de remise de dette. La décision se fonde sur les articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.
30/01/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2418683
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (Pôle Social) a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'annulation du refus implicite du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de lui délivrer la carte mobilité inclusion (CMI) mention "stationnement pour personnes handicapées". Le tribunal a estimé que Mme A... ne remplissait pas les conditions d'attribution fixées par l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017, notamment en raison de l'absence de preuve d'une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied (périmètre de marche inférieur à 200 mètres) ou d'un recours systématique à une aide humaine ou technique. La solution retenue est le rejet de la requête.
30/01/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2418931
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en formation de juge unique, a rejeté la requête de Mme B... contestant le refus du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Le tribunal a estimé que les pièces médicales produites, notamment un certificat médical non circonstancié, ne permettaient pas d'établir que Mme B... remplissait les conditions fixées par l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017, à savoir une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied ou la nécessité d'une aide humaine ou technique systématique. La décision administrative a donc été jugée légale.
30/01/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2503791
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B..., reconnu prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 14 avril 2021, qui demandait réparation du préjudice subi en raison de l'absence de proposition d'hébergement par l'État jusqu'à son relogement en août 2024. Le tribunal a jugé que la carence fautive de l'État engageait sa responsabilité sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la période de responsabilité courant à compter de l'expiration du délai de six semaines suivant la décision de la commission. Il a ainsi condamné l'État à indemniser M. B... pour les troubles dans ses conditions d'existence, en tenant compte de la durée de la carence et de sa situation de sans-abrisme.
30/01/2026