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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2315896

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2315896

mardi 4 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2315896
TypeDécision
Formation2ème Chambre
Avocat requérantTOUJAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 novembre 2023, M. B A, agissant au nom de son enfant mineur C A, représenté par Me Toujas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a clôturé sa demande de document de circulation pour étranger mineur au profit de sa fille C A ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur dans le délai de trois semaines à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre audit préfet, à titre subsidiaire, d'instruire la demande de document de circulation pour étranger mineur dans les mêmes conditions de délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 25 novembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Froc, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant philippin né le 9 mars 1969 bénéficie d'une carte de séjour pluriannuelle " salarié " valable jusqu'au 11 décembre 2024. Le 27 septembre 2022, il a déposé, pour sa fille, C A ressortissante philippine née le 11 octobre 2015, une demande de délivrance du document de circulation pour étranger mineur. Par une décision du 27 septembre 2023, dont il demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a clôturé sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un document de circulation pour étranger mineur est délivré à l'étranger mineur résidant en France :1° Dont au moins l'un des parents est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident ; ". Aux termes de l'article R. 414-2 du même code : " L'étranger qui sollicite le document de circulation pour étranger mineur prévu à l'article L. 414-4 présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. ". Aux termes de l'annexe 10 du code précité, s'agissant du document de circulation pour mineur : " 1. Documents à produire dans tous les cas : -justificatifs de régularité de votre séjour (si vous êtes ressortissant d'un pays tiers) : carte de séjour en cours de validité ; ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de document de circulation ne peut refuser de l'enregistrer que si le dossier présenté à l'appui de celle-ci est incomplet. Le refus d'enregistrer une demande au soutien de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir que lorsque le dossier est effectivement incomplet.

4. En l'espèce, par un courriel du 27 septembre 2023, M. A a été informé du classement sans suite de sa demande au motif qu'il devait modifier l'adresse figurant sur son titre de séjour et a été invité à redéposer une demande ultérieurement. Toutefois, d'une part, alors que l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exige, pour le dépôt d'une demande de document de circulation pour étranger mineur, un titre de séjour " en cours de validité " sans précision relative à l'adresse de son titulaire, en l'espèce, il est constant que le titre de séjour de M. A est valide jusqu'au 11 décembre 2024. D'autre part, M. A a transmis sa quittance de loyer du mois d'août 2023 lui permettant de justifier de son adresse, où il n'est d'ailleurs pas contesté qu'il réside avec sa conjointe et sa fille. Ainsi, le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait pas opposer au requérant l'incomplétude de son dossier. Par suite, M. A est ainsi recevable et fondé à soutenir que la décision de classement sans suite dont il demande l'annulation est entachée d'une erreur de droit.

5. Il résulte de ce qui précède que la décision contestée doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, que l'administration enregistre, en vue de l'instruire, la demande de délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur présentée par M. A au bénéfice de sa fille, C A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou à tout autre préfet territorialement compétent, d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme que demande le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du préfet des Hauts-de-Seine du 27 septembre 2023 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts de Seine, ou au préfet territorialement compétent, d'enregistrer, en vue de l'instruire, la demande de M. A au bénéfice de sa fille, C A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A en sa qualité de représentant légal de C A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

M. Viain, premier conseiller ;

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.

Le rapporteur,

signé

E. FROC

Le président,

signé

C. HUON La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2315896

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