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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2400931

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400931

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2400931
TypeDécision
Avocat requérantRAPOPORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Rapoport, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 novembre 2023 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de procéder à son renouvellement jusqu'au prononcé du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée le place en situation irrégulière et qu'elle porte atteinte à son droit de visite et d'hébergement de sa fille âgée de onze ans ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen ;

* le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour ;

* la décision attaquée a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition relative à l'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant réside en situation irrégulière sur le territoire français depuis plus plusieurs années, et qu'aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2400583, enregistrée le 16 janvier 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du

2 février 2024 à 10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- et les observations de Me Rapoport, représentant le requérant, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né le 27 juin 1989 à Sousse en Tunisie, est entré sur le territoire français le 8 mars 2013 muni d'un visa court séjour. Il s'y est maintenu de manière irrégulière afin de rester auprès de sa fille, née le 20 mai 2012, dont il s'est séparé de la mère dès 2013 avec prononcé du divorce, le 23 octobre 2018. Par jugement du 13 janvier 2022, il a obtenu l'exercice conjoint de l'autorité parentale avec la mère de sa fille. La demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. A auprès de la préfecture du Val-d'Oise a été enregistrée le 10 mai 2022, laquelle a été rejetée par une décision du 22 novembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Pour justifier de l'urgence, M. A fait valoir que la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, le place en situation irrégulière et qu'elle porte atteinte à son droit de visite et d'hébergement de sa fille âgée de onze ans. Toutefois, il résulte de l'instruction que le requérant, qui réside sur le territoire français depuis 2013, a seulement sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès du préfet du

Val-d'Oise, le 6 août 2021, demande finalement enregistrée, le 10 mai 2022. En conséquence, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut pas être regardée comme remplie.

4. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter la requête de

M. A en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 9 février 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400931

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