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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2405971

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405971

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405971
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantAIRAULT-VAQUEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées es 29 et 30 avril 2024, M. B A, représenté par Me Airault Vaquez, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 6 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis fin à sa prise en charge ;

3°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de lui accorder le bénéfice de la prise en charge prévue en faveur des jeunes majeurs par l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Vu :

- la demande de M. A, déposée le 6 mai 2024, auprès du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise en vue d'obtenir l'aide juridictionnelle totale ;

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2022-1125 du 5 août 2022 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

Sur l'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Et aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau () ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué "

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 6 mai 2024 auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance ou mettant fin à une telle prise en charge, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.

5. Le département des Hauts-de-Seine a mis fin à la prise en charge de M. A au titre de l'aide sociale à l'enfance après que la cour d'appel de Versailles a jugé que la minorité du requérant n'était pas établie. Pour contester ce motif, le requérant se prévaut de son intégration, du risque d'interruption du cursus scolaire diplômant qu'il suit et du risque qu'il bascule dans une situation de précarité. Ces circonstances sont toutefois sans incidence sur le motif qui lui a été opposé et qu'il ne conteste donc pas. De plus, s'il soutient qu'il ne lui a pas été proposé de souscrire un contrat jeune majeur alors qu'il a moins de 21 ans, la décision n'a ni pour objet, ni pour effet de refuser à M. A une prise en charge en qualité de jeune majeur qu'il n'établit au demeurant aucunement avoir sollicitée.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation, au soutien desquelles M. A ne fait valoir que des moyens inopérants, doivent être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, ses conclusions présentées à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Toutefois, le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par M. A, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront, par voie de conséquence, qu'être rejetées sur le fondement du 5° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. En tout état de cause, l'État n'étant pas partie à la présente instance, M. A n'est pas recevable à demander que soit mise à sa charge une quelconque somme au titre des frais non-compris dans les dépens.

Par ces motifs, le tribunal ordonne:

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Airault Vaquez et au département des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 25 juin 2024.

La magistrate désignée,

signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2405971

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