vendredi 21 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406217 |
| Type | Décision |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHOELLKOPF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 29 avril, 13 mai et 13 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Schoellkopf, avocate, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 avril 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office de cette mesure, et pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
M. B soutient que :
la décision portant refus de séjour :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est entachée d'une absence d'examen de sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est disproportionnée quant à sa durée.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergantz, conseillère ;
- les observations de Me Schoellkopf ;
- et les observations de M. B.
M. B a produit une note en délibéré le 10 mars 2025, qui n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, a, le 10 novembre 2021, présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté cette demande, obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office de cette mesure et pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. M. B demande au Tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Pour refuser d'admettre M. B au séjour, le préfet du Val-d'Oise a estimé que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public.
4. Il ressort des pièces du dossier, et il est constant, que M. B a été condamné à plusieurs reprises par le juge judiciaire : le 18 juin 2007, par le Tribunal correctionnel de Pontoise, à une peine de 300 euros d'amende pour des faits de conduit d'un véhicule sans permis, le 10 décembre 2015, par le Tribunal correctionnel de Versailles, à une peine de trois mois d'emprisonnement pour appels téléphoniques malveillants réitérés, le 16 février 2016, par le Tribunal correctionnel de Pontoise, à une peine de cinq ans d'emprisonnement pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, transport, détention, offre pour cession et acquisition non autorisés de stupéfiants, et le 22 août 2022, par le Tribunal judiciaire de Beauvais, à une peine de 400 euros d'amende pour conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points. Il ressort cependant des pièces du dossier que, nonobstant leur incontestable gravité, les faits pour lesquels M. B a été condamné à une peine de cinq ans d'emprisonnement en 2016 avaient déjà, à la date de la décision litigieuse, un caractère ancien. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. B, entré en France en 1981, alors qu'il était âgé d'un mois, y a toujours vécu depuis cette date. Il en ressort également que le requérant est marié depuis le 23 octobre 2021 avec une compatriote titulaire d'un certificat de résidence, et que le couple a donné naissance à un enfant le 24 octobre 2022. Par ailleurs, M. B justifie travailler à temps complet depuis le 1er août 2023 en qualité de préparateur de commande - livreur au sein de la société La ferme de Clamart, sous couvert d'un contrat à durée indéterminée.
5. Dans ces conditions, eu égard à ces éléments pris dans leur ensemble, M. B est fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts de préservation de l'ordre public pour lesquels cette décision a été prise. Ainsi, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 24 avril 2024 en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
8. Le présent jugement implique, eu égard au motif d'annulation retenu, qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 (mille) euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, la présente instance n'ayant pas occasionné de dépens, les conclusions du requérant présentée à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 24 avril 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Schneider, première conseillère, et Mme Bergantz, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2025.
La rapporteuse,
signé
A. BERGANTZ
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
L. CHOUITEH
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302927
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B... A... visant à engager la responsabilité de la commune d'Aubagne, de GRDF et de la société SOBECA suite à un accident de motocyclette. Le tribunal a jugé la requête irrecevable à l'encontre de la commune et de SOBECA pour défaut de demande indemnitaire préalable obligatoire, et a estimé que les conditions de la responsabilité de GRDF, en tant que maître d'ouvrage, n'étaient pas établies. La décision s'appuie sur les règles de procédure administrative contentieuse, notamment l'exigence d'une demande préalable.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2303832
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du département des Bouches-du-Rhône refusant le versement d'une subvention pour l'achat d'un véhicule électrique à M. C... B... La juridiction a retenu que le refus était insuffisamment motivé, car il ne comportait pas la référence à la base légale ou réglementaire appliquée, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a enjoint au département de réexaminer la demande du requérant dans un délai de trois mois.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2308520
**Sujet principal** : Recours en annulation contre un arrêté préfectoral refusant une autorisation de défrichement pour un projet de lotissement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (5ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société Urban Foncier et confirme le refus de défrichement. Il écarte les moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire et l'irrégularité de la procédure, et estime que le préfet a légalement justifié son refus au regard des risques d'incendie. **Textes appliqués** : Les articles L. 341-1, L. 341-3 et L. 341-5 (notamment son 9°) du code forestier, relatifs à la définition du défrichement, son autorisation préalable et les motifs de refus pour la protection contre les risques naturels comme les incendies.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2309108
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la demande de propriétaires visant à faire déplacer des armoires de fibre optique d'Orange et à obtenir des indemnités. La juridiction a jugé que le préjudice allégué (gêne d'accès au garage) ne constituait pas un dommage anormal et spécial, condition nécessaire pour engager la responsabilité sans faute du gestionnaire d'un ouvrage public. Le tribunal a appliqué les principes de la responsabilité publique pour dommages de travaux publics.
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