mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407750 |
| Type | Décision |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BILLONG BILLONG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 30 mai 2024, 10 juin 2024 et 26 septembre 2024, M. B C A, représenté par Me Billong Billong, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour " étudiant ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " ou " recherche d'emploi - création d'entreprise " ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte fixée à 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à Me Billong Billlong en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a ainsi méconnu le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs ;
- le préfet s'est par ailleurs fondé sur un critère discriminant lié à l'âge, en violation des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 26 mars 1992, entré en France le 11 septembre 2016 muni d'un visa long séjour, a demandé le 9 octobre 2023 le renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 30 septembre 2023. Par un arrêté du 28 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. A cet égard, le caractère réel et sérieux des études est subordonné à une progression régulière de l'étudiant et à la cohérence de son parcours.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est entré le 11 septembre 2016 sur le territoire français, s'est inscrit pour l'année universitaire 2016-2017 en troisième année de licence " Mathématiques Informatique ". Le requérant, qui n'a pas validé cette année, s'est ensuite inscrit en deuxième année de licence " Sciences de l'ingénierie ", licence qu'il a obtenue en 2019. A la date de la décision attaquée, M. A avait validé sa première année de Master " Ingénierie des systèmes complexes " et s'était inscrit en deuxième année du même Master, obtenant dans ce cadre un contrat de professionnalisation à la Société Générale. Ainsi, à cette date, M. A, bien qu'ayant connu des échecs antérieurs, lesquels n'ont d'ailleurs pas fait obstacle au renouvellement de son titre de séjour, avait validé l'intégralité des unités d'enseignement de son Master 1 et justifiait par ailleurs de bons résultats aux examens. Dans ces conditions, au regard de la cohérence du cursus suivi et de la qualité des résultats obtenus, M. A est fondé à soutenir qu'en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur dans l'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation la décision du 28 mai 2024par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant ", ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. D'une part, dès lors qu'il résulte de l'instruction que M. A, qui a conclu un contrat à durée déterminée pour un emploi d'enseignant, n'est plus étudiant à la date du présent jugement, celui-ci n'implique pas que le préfet du Val-d'Oise lui délivre un titre de séjour portant la mention " étudiant ". D'autre part, l'exécution du présent jugement, qui n'annule pas une décision portant refus d'un titre de séjour " recherche d'emploi - création d'entreprise ", n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. A un tel titre ni même de réexaminer sa demande sur ce nouveau fondement, étant relevé qu'il est loisible au requérant de solliciter un titre de séjour correspondant à sa situation actuelle.
Sur les frais d'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 28 mai 2024 du préfet du Val-d'Oise est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 4 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2407750
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Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête d'un professeur demandant l'annulation du refus de son placement en congé de longue maladie et de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. Le tribunal a jugé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur les avis défavorables des conseils médicaux, qui n'avaient pas constaté le caractère invalidant et de gravité confirmée requis par les articles L. 822-6 et suivants du code général de la fonction publique. Il a également écarté les autres moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la motivation et à la procédure.
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