lundi 31 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2500070 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | JABOEUF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Jaboeuf, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de Paris et de la région Ile-de-France d'enregistrer sa demande de logement social ;
2°) de condamner l'Agence régionale de santé d'Ile de France aux entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il vit dans un box alors qu'il a un enfant en bas âge à sa charge, ce qui porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale normale ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'aucun recours ni voie de droit spécifique ne lui permet d'enregistrer sa demande de logement social ;
- la mesure sollicitée ne souffre d'aucune contestation sérieuse ;
- la mesure sollicitée n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Drevon-Coblence, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A demande notamment à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Paris et de la région Ile-de-France d'enregistrer sa demande de logement social.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".
3. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet de Paris et de la région Ile-de-France d'enregistrer sa demande de logement social, M. A fait valoir qu'il vit dans un box avec son enfant en bas âge et que ses demandes de logement social présentées les 15 et 20 février 2022sur le site https://www.demandelogement-social.gouv.fr n'ont pas été validées les 16 et 22 février suivants au motif que " l'analyse de son] dossier montre que la pièce d'identité fournie n'est pas complète " ce que l'intéressé ne conteste d'ailleurs pas. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A n'établit pas avoir déposé une nouvelle demande de logement social avec une pièce complète. Il résulte également de l'instruction que le propriétaire du box loué par le requérant à Clamart a confirmé la cessation de la location de celui-ci au requérant à compter du 31 mars 2024 et que le tribunal pour enfants de D, par le jugement en assistance éducative du 27 mai 2024, a ordonné le placement du fils de M. A, le jeune C, mineur, à l'aide sociale à l'enfance de l'Essonne, mesure s'exerçant sous la forme d'un hébergement quotidien au domicile de l'intéressé qui est mentionné dans ce jugement comme situé 17, avenue du 18 avril 1944 à Athis Mons (91200). Dans ces conditions, M. A ne saurait être regardé comme justifiant d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. La présente instance n'a pas entraîné de frais susceptibles d'être inclus dans les dépens. Par suite, les conclusions présentées par M. A tendant à la condamnation de l'Agence régionale de santé d'Ile de France aux entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 31 mars 2025.
La juge des référés
Signé
E. Drevon-Coblence
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.