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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2518233

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2518233

vendredi 30 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2518233
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBAFFI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B... contestant l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 9 octobre 2023. Le juge a estimé que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation était manifestement infondé et que les autres moyens, notamment ceux fondés sur l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (abrogé), étaient inopérants. La solution retenue est le rejet de la requête sur le fondement de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Baffi, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et à fixer le pays de destination ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer une carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale », sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S’agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- elle est entachée d’une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l’article L. 313-11 7° du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu’elle est fondée sur une décision portant refus de séjour elle-même illégale ;
- elle est entachée d’une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l’article L. 313-11 7° du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

S’agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l’article L. 513-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Par une décision du 18 décembre 2023, notifiée le 12 février 2024, le bureau d’aide juridictionnelle a accordé à M. B... le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant congolais né le 8 décembre 1976, demande l’annulation de l’arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et à fixer le pays de destination.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. / (…) ».

En ce qui concerne l’arrêté pris dans son ensemble :

3. En premier lieu, l’arrêté attaqué, qui n’avait pas à faire état de tous les éléments caractérisant la situation de l’intéressé, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent les fondements. Il répond ainsi aux exigences posées par l’article L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, lesquelles s’apprécient indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, le moyen tiré de ce qu’il serait insuffisamment motivé est manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, l’article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été abrogé depuis le 1er mai 2021, de sorte que le moyen tiré de sa méconnaissance doit être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, si M. B... soutient qu’il est père de deux enfants, il ne produit aucune pièce relative à sa situation familiale et, en particulier, aux liens qu’il entretiendrait avec ces enfants. Par ailleurs, il ne conteste pas, ainsi que relevé par le préfet, qu’il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident ses parents et trois de ses enfants et où il a vécu jusqu’à l’âge de 40 ans, Dans ces conditions, les moyens tirés de l’erreur manifeste d’appréciation, de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peuvent être regardés comme assortis de faits susceptibles de venir à son soutien ni même de précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

6. Aux termes de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : « 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (…) ». Si les dispositions de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l’objet d’une mesure d’éloignement telle qu’une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l’Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu’il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d’éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n’est susceptible d’affecter la régularité de la procédure à l’issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu’il lui revient, le cas échéant, d’établir devant la juridiction saisie.

7. M. B... ne se prévaut d’aucune circonstance qui l’aurait empêché de porter à la connaissance du préfet toute information qu’il aurait estimée utile et susceptible d’avoir une incidence sur l’édiction des décisions contestées. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet a méconnu son droit d’être entendu avant l’édiction de l’arrêté attaqué doit être écarté comme étant manifestement infondé.


En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Il résulte de ce qui a été dit plus haut que le moyen tiré de l’exception d’illégalité de la décision portant refus de séjour et dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu’être écarté comme manifestement infondé.


En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

9. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l’article
L. 513-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne sont manifestement assortis d’aucune précision permettant d’en apprécier leur bien-fondé.

10. Il résulte de ce qui précède et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité que la requête de M. B..., ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions, en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 30 janvier 2026.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON


La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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