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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2602092

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2602092

lundi 2 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2602092
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSUAREZ PEDROZA NICOLAS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé-liberté (article L. 521-2 du code de justice administrative), a rejeté la requête d'un ressortissant étranger demandant l'injonction au préfet de lui délivrer un récépissé suite à sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que les difficultés matérielles et professionnelles alléguées par le requérant, bien que regrettables, ne caractérisaient pas l'extrême urgence nécessaire pour justifier une intervention dans un délai de 48 heures. En l'absence de cette condition d'urgence, la demande a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner l'éventuelle atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29, 30 et 31 janvier 2026, M. B... A... C... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, l’autorisant à exercer une activité professionnelle non salariée, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il se trouve désormais en situation irrégulière et que son employeur a suspendu son contrat de collaboration libérale, source principale de ses revenus ; il se trouve exposé à un risque d’éloignement, alors qu’il doit fréquemment se déplacer dans le cadre de son activité d’avocat et que la préfecture lui réclame une pièce qu’il ne peut pas fournir ;

- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travailler et sa liberté d’aller et venir, alors que sa demande a été déposée selon la procédure requise et dans les délais impartis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

M. A... C..., ressortissant colombien né le 22 juin 1998, a bénéficié d’un titre de séjour portant la mention « entrepreneur profession libérale » valable jusqu’au 23 janvier 2026, dont il a sollicité le renouvellement sur la plateforme « démarche numérique » de la préfecture des Hauts-de-Seine, le 19 octobre 2025. Par la présente requête, M. A... C... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction de cette demande, l’autorisant à exercer une activité professionnelle non salariée, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de faire cesser la situation dans laquelle il se trouve, M. A... C... fait valoir qu’il se trouve désormais en situation irrégulière et que son employeur a suspendu son contrat de collaboration libérale, source principale de ses revenus. Il ajoute qu’il se trouve exposé à un risque d’éloignement, alors qu’il doit fréquemment se déplacer dans le cadre de son activité d’avocat. Toutefois, pour regrettables qu’elles soient, et alors que A... C... ne justifie pas être désormais privé de toutes ressources, ces circonstances ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention de la juge des référés dans les quarante-huit heures.

Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de M. A... C... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... C....



Fait à Cergy, le 2 février 2026.

La juge des référés,


signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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