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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2604314

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2604314

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2604314
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLENOUVEL ALVAREZ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer une ressortissante étrangère pour enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler. Le juge a retenu l'urgence au vu des graves conséquences de l'inertie administrative sur la situation de la requérante, qui se trouvait en séjour irrégulier. La décision, fondée sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a également condamné l'État à verser une somme au titre des frais exposés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 février 2026, Mme B... A..., représentée par Me Lenouvel Alvarez, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de la convoquer en vue de la remise d’un récépissé de demande ou d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est caractérisée compte tenu des conséquences graves et immédiates de l’inertie administrative sur sa situation personnelle ;
- aucune réponse ne lui a été apportée malgré ses démarches ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a pas présenté d’observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cantié en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante congolaise née le 30 décembre 1984, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de la convoquer en vue de la remise d’un récépissé de demande ou d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Il résulte de l’instruction que Mme A..., qui était titulaire d'une carte de séjour temporaire aujourd’hui expirée, a vainement tenté d’obtenir un rendez-vous pour déposer une demande d’admission au séjour. La condition d’urgence doit être regardée comme étant remplie au vu des graves conséquences de l’inertie administrative sur la situation de Mme A... qui réside irrégulièrement en France et atteste de sa situation de particulière vulnérabilité, de même que la condition d’utilité de la mesure sollicitée, laquelle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de fixer à Mme A..., dans le délai de 5 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un rendez-vous dans les trois mois de la même notification en vue de l’enregistrement de sa demande d’admission au séjour en préfecture et de lui délivrer, à l’occasion de cet enregistrement, dès lors que le dossier de l’intéressée est complet, un récépissé de demande de titre de séjour comportant une autorisation de travail, valable jusqu’à ce qu’il ait statué sur cette demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à ce titre à Mme A....

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de fixer à Mme A..., dans le délai de 5 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un rendez-vous dans les trois mois de la même notification en vue de l’enregistrement de sa demande d’admission au séjour en préfecture et de lui délivrer, à l’occasion de cet enregistrement, dès lors que le dossier de Mme A... est complet, un récépissé de demande de titre de séjour comportant une autorisation de travail valable jusqu’à ce qu’il ait statué sur cette demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Article 2 : L’Etat versera à Mme A... la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 31 mars 2026.

Le juge des référés,

Signé

C. Cantié

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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