4 808 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
4 808
Décisions totales
383 581
Ordonnances
262 617
Avec résumé IA
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a examiné le recours en excès de pouvoir de M. B..., ressortissant afghan, contre un arrêté de la préfète du Rhône ordonnant son transfert aux autorités suédoises, responsables de sa demande d'asile. Le requérant invoquait notamment l'absence d'habilitation de l'agent ayant mené l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013, la présence de deux agents lors de cet entretien, et des défaillances systémiques en Suède. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés et que la décision de transfert était légale. La solution retenue confirme l'application du règlement Dublin III et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : CHERAMY LUCRÈCE
Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société SRB Construction. Celle-ci contestait la procédure d'attribution du lot n°1 (gros œuvre) du marché de construction du musée de Carnac, invoquant notamment un défaut d'information, une dénaturation de son offre technique et l'utilisation de sous-critères non divulgués. Le juge a estimé que la commune de Carnac avait suffisamment satisfait à son obligation d'information et que les moyens soulevés, dont celui tiré d'un conflit d'intérêts, n'étaient pas fondés. En conséquence, la demande d'annulation de la procédure de passation a été rejetée.
Avocat : ZURFLUH - LEBATTEUX - SIZAIRE ET ASSOCIES
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. A..., ressortissant burkinabé, contestant l'arrêté du préfet du Cher du 14 avril 2025 lui refusant un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et prononçant une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence du signataire, le secrétaire général de la préfecture bénéficiant d'une délégation de signature régulière. S'agissant de l'obligation de quitter le territoire, le juge a estimé que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de l'intéressé (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme), compte tenu de sa courte présence en France (moins de deux ans) et de l'absence de lien familial stable et pérenne établi sur le territoire. La décision s'appuie notamment sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : TALUREAU
Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe a rejeté la requête de Mme B..., directrice des soins, qui contestait son changement d'affectation et demandait réparation pour harcèlement moral. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions en annulation de la décision de refus de réaffectation, la décision implicite de rejet ayant seulement lié le contentieux indemnitaire. Sur le fond, les éléments présentés n'ont pas permis d'établir l'existence d'agissements répétés constitutifs de harcèlement moral au sens des articles L. 133-1 et L. 133-2 du code général de la fonction publique, le changement d'affectation étant justifié par l'intérêt du service. La demande indemnitaire a donc été rejetée.
Avocat : PLUMASSEAU
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par M. A..., sapeur-pompier professionnel, d’une demande d’annulation du refus implicite du service d’incendie et de secours de la Martinique de lui accorder la protection fonctionnelle. Le requérant invoquait des faits de harcèlement moral, fondés sur l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique, et soutenait que sa hiérarchie avait porté atteinte à ses droits et à sa dignité. Le tribunal a rejeté l’exception de prescription quadriennale soulevée par le défendeur, la jugeant inopérante pour un recours en excès de pouvoir non indemnitaire. Il a ensuite rappelé que la protection fonctionnelle n’est pas due pour les différends entre un agent et son supérieur hiérarchique, sauf si les actes de ce dernier constituent des agissements de harcèlement moral.
Avocat : SELARL LACLUSE & CESAR
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la demande du GIE Oc’Via Construction, qui sollicitait la restitution d’un crédit de TVA de 600 280 euros au titre de la période de janvier 2023. Le litige portait sur la qualification juridique des sommes versées par le GIE à la société Guintoli en exécution d’une convention d’exploitation de carrière. Le tribunal a jugé que ces versements constituaient la contrepartie d’une livraison de biens (extraction de matériaux) et non d’une prestation de services, rendant ainsi la TVA exigible à la date de la facture d’acompte et non à celle de l’encaissement. En conséquence, la demande de remboursement, présentée après le délai de péremption prévu à l’article 208 de l’annexe II du code général des impôts, a été déclarée tardive et irrecevable.
Avocat : SELUS ATELEIA SOCIETE D'AVOCATS
Le Tribunal Administratif de Lille annule l'arrêté du 13 novembre 2025 par lequel le préfet du Nord ordonnait le transfert de Mme A... aux autorités belges. La requérante, ressortissante guinéenne accompagnée de son nourrisson gravement malade, invoquait la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal retient que le transfert aurait privé l'enfant de soins palliatifs spécialisés indispensables au regard de son pronostic vital engagé, constituant une violation de son intérêt supérieur. En conséquence, l'arrêté est annulé et il est enjoint au préfet d'enregistrer la demande d'asile de Mme A... en procédure normale.
Avocat : LUTRAN
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. C..., ressortissant algérien, qui contestait un arrêté préfectoral du 19 février 2025 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, puis a jugé que l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, invoqué par le requérant, n'est pas applicable aux ressortissants algériens, dont la situation est régie par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En conséquence, la solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. C..., incluant ses demandes d'annulation, d'injonction et de frais de justice.
Avocat : LUDOT
Le Tribunal Administratif de Montreuil annule l'arrêté du 14 décembre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne avait obligé M. A... à quitter le territoire français. Le requérant, bien que né en Moldavie, justifie de sa nationalité roumaine, ce qui lui confère la qualité de citoyen de l'Union européenne. La décision attaquée, fondée à tort sur les dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables aux ressortissants de pays tiers, est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut de base légale. En conséquence, le tribunal annule également la décision fixant le pays de destination et l'interdiction de retour sur le territoire français.
Avocat : MASILU-LOKUBIKE
Le Tribunal Administratif de Montreuil a constaté le désistement d'office de M. A..., qui contestait le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle en tant que bénéficiaire de la protection subsidiaire. Le requérant n'ayant pas confirmé le maintien de ses conclusions dans le délai d'un mois imparti, en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, il est réputé s'être désisté. L'ordonnance donne acte de ce désistement et rejette la demande de frais de justice.
Avocat : PLUCHET
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI DTN IMMO, qui contestait une saisie à tiers détenteur du 12 décembre 2023 pour le recouvrement de créances de TVA. La société soutenait que sa réclamation contentieuse, assortie d'une demande de sursis de paiement, avait été déposée dans les délais et que la saisie était donc irrégulière. Le tribunal a jugé que la réclamation était tardive, car présentée au-delà du délai prévu à l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales, et que la demande de sursis de paiement était donc irrecevable. En conséquence, la saisie à tiers détenteur a été validée et les conclusions de la société ont été rejetées.
Avocat : CABINET SEMON JONATHAN (SELARLU)
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B..., ressortissant indien, qui contestait l'arrêté du préfet de police du 5 mai 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal écarte le moyen tiré du défaut de motivation, l'arrêté étant suffisamment motivé en droit et en fait. Il juge que, bien que M. B. ait formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), il ne dispose pas du droit de se maintenir sur le territoire français durant l'examen de ce recours, en application des articles L. 541-1 et L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Enfin, le tribunal rappelle que le requérant peut demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français selon la procédure prévue à l'article L. 752-5 du CESEDA.
Avocat : VELU TAMIL VENTAN
Le Tribunal administratif de Melun a examiné les requêtes de M. et Mme A..., ressortissants ivoiriens, contestant les arrêtés du 6 mai 2025 par lesquels le préfet de Seine-et-Marne leur a refusé un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire et a fixé le pays de destination. Les requérants soutenaient notamment que le préfet n'avait pas examiné leur demande sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (admission exceptionnelle au séjour), et que les décisions méconnaissaient l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a fait droit à leur demande en annulant les arrêtés, considérant que le préfet avait commis une erreur de droit en n'examinant pas leur demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du CESEDA. Il a enjoint au préfet de réexaminer leurs situations dans un délai de deux mois et de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente.
Avocat : MBOMBO MULUMBA
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté les requêtes de M. et Mme A..., ressortissants ivoiriens, contestant les arrêtés du préfet de Seine-et-Marne du 6 mai 2025 leur refusant un titre de séjour, les obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de destination. Le tribunal a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur de droit en n'examinant pas d'office leur demande sur le fondement de l'article L. 435-1 du CESEDA, les requérants n'ayant pas sollicité une admission exceptionnelle au séjour. Il a également estimé que les décisions ne méconnaissaient ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ni l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, et n'étaient pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Avocat : MBOMBO MULUMBA
Le Tribunal administratif de Melun, saisi d’une demande d’exécution du jugement n° 2310899 du 4 juillet 2024, a constaté que le préfet de Seine-et-Marne n’avait pris aucune mesure pour exécuter cette décision. Le jugement initial annulait le rejet implicite d’une demande de titre de séjour et enjoignait au préfet de procéder à un réexamen sous trois mois, avec délivrance d’une autorisation provisoire de séjour. En application des articles L. 911-2 et L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a prononcé une nouvelle injonction assortie d’une astreinte de 50 euros par jour de retard, à défaut d’exécution dans un délai d’un mois.
Avocat : LUCIANO
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par la SNC Bobigny Independance d’une demande de décharge de l’obligation de payer la taxe sur les locaux à usage de bureaux, commerciaux et de stockage, consécutive à un permis de construire délivré en 2020. Par une ordonnance du 17 décembre 2025, le président de la 3ème chambre a constaté que l’administration avait prononcé le dégrèvement total de l’imposition le 30 juin 2025, rendant la requête sans objet sur le fond. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, il a donc été décidé qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales. L’Etat, considéré comme partie perdante, a été condamné à verser 1 000 euros à la société requérante au titre de l’article L. 761-1 du même code.
Avocat : SCP ZURFLUH LEBATTEUX SIZAIRE & ASSOCIÉS
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par la SNC Bobigny Independance d’une demande de décharge de la taxe sur la création de locaux à usage de bureaux, commerciaux et de stockage, assise sur un permis de construire délivré en 2020. Postérieurement à l’introduction de la requête, l’administration a prononcé le dégrèvement total de l’imposition litigieuse. Par ordonnance du 17 décembre 2025, le président de la 3ème chambre a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge, devenues sans objet. En application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, l’État, partie perdante, a été condamné à verser 1 000 euros à la société requérante au titre des frais exposés.
Avocat : SCP ZURFLUH LEBATTEUX SIZAIRE & ASSOCIÉS
Le Tribunal administratif de Grenoble a pris acte du désistement pur et simple de M. et Mme A..., qui demandaient la reconnaissance de la responsabilité de la commune de Meyrie pour défaut d'entretien d'un ouvrage public et l'indemnisation de leurs préjudices. Par une ordonnance fondée sur l'article R.222-1 du code de justice administrative, le président de la 3ème chambre a constaté que rien ne s'opposait à ce désistement et en a donné acte. La requête est donc classée sans examen au fond.
Avocat : LE GULLUDEC
Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. C..., ressortissant turc, contestant le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de Loir-et-Cher le 18 août 2025. Le requérant invoquait une erreur manifeste d'appréciation et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, en raison de sa présence de vingt ans en France. Le tribunal a jugé que la seule durée de présence, même avec des titres de séjour antérieurs, ne suffit pas à établir une vie privée et familiale protégée, et que M. C... n'a pas justifié de liens personnels ou familiaux suffisamment stables en France. La décision s'appuie sur les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : JANVIER-LUPART
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise annule la décision implicite de refus de titre de séjour opposée à M. A..., ressortissant bangladais bénéficiaire de la protection subsidiaire. La juridiction a jugé que ce refus méconnaissait l’article L. 424-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui impose la délivrance d’une carte de séjour pluriannuelle aux bénéficiaires de cette protection. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de délivrer ce titre dans un délai de deux mois, ainsi qu’une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans les quinze jours. Les frais d’instance sont mis à la charge de l’État.
Avocat : LUJIEN