182 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
182
Décisions totales
383 581
Ordonnances
261 118
Avec résumé IA
Avocat : RIQUIER
Le Tribunal Administratif de Montreuil (2ème chambre) a rejeté la requête de Mme B... contre un arrêté du maire de Noisy-le-Sec du 10 mai 2023 autorisant la surélévation et le changement de destination d’un local professionnel en habitation. La juridiction a d’abord écarté la fin de non-recevoir tirée du défaut d’intérêt à agir, reconnaissant à la requérante, voisine immédiate du projet, la qualité pour agir en raison des atteintes potentielles aux conditions de jouissance de son bien. Sur le fond, le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment l’incompétence de l’auteur de l’acte et la méconnaissance du plan local d’urbanisme intercommunal (article III.2.e), pour les écarter comme non fondés. La solution retenue est donc le rejet de la demande d’annulation, sans application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par le préfet du Tarn d’un référé-suspension visant à suspendre l’arrêté du maire de Lavaur du 14 octobre 2025, qui interdit temporairement la circulation des véhicules de plus de 7,5 tonnes dans l’agglomération. Le préfet soutient que cette mesure crée un danger immédiat pour la sécurité routière en l’absence d’itinéraires de contournement adaptés, et qu’elle est entachée d’un doute sérieux sur sa légalité, notamment en raison de l’incompétence du maire pour réglementer la voirie départementale hors agglomération et du caractère disproportionné de l’interdiction. La commune de Lavaur conteste ces arguments, affirmant que le maire est compétent sur le territoire communal et que la mesure est proportionnée aux nécessités de sécurité publique. Le juge des référés doit statuer sur l’urgence et l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté, en application des articles L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales et L. 554-1 du code de justice administrative.
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., avocat, qui demandait la restitution d'un crédit d'impôt complémentaire pour la modernisation du recouvrement (CIMR) au titre de ses revenus de 2018. Le requérant soutenait que l'augmentation de ses bénéfices non commerciaux en 2018 résultait d'un surcroît ponctuel d'activité, ce qui devait lui permettre de bénéficier du complément prévu à l'article 60 de la loi du 29 décembre 2016. Le tribunal a jugé que les conditions légales pour l'octroi de ce crédit complémentaire n'étaient pas remplies, sans se prononcer sur le fond du moyen d'irrecevabilité soulevé d'office concernant les intérêts moratoires. La solution retenue est donc le rejet de l'intégralité des conclusions de la requête.
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de l’université Paris Nanterre refusant le maintien en licence 3 d’un étudiant. Le juge a estimé qu’aucun moyen soulevé (insuffisance de motivation, défaut d’examen, erreur de fait ou erreur manifeste d’appréciation) n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment en raison des résultats de l’étudiant et de l’absence de justificatifs médicaux. La requête a été rejetée sans qu’il soit nécessaire d’examiner la condition d’urgence, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
Le Tribunal Administratif de Lille a examiné les requêtes de l'Institut catholique de Lille contestant le refus de lui verser l'allocation d'activité partielle pour la période d'avril à juin 2020, au motif de la prescription de sa créance. Le tribunal a jugé que la prescription avait été valablement opposée par l'autorité compétente et que les demandes de l'institut n'avaient pas interrompu le délai de prescription d'un an prévu à l'article L. 5221-1 du code du travail. Il a également estimé que le refus de lever cette prescription n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes d'annulation, d'injonction et de frais de justice.
Avocat : CABINET PUBLICA -AVOCATS RIQUIER
Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par la société BDO ANGERS, commissaire aux comptes, qui demandait la condamnation de l'État à l'indemniser des préjudices subis du fait de l'entrée en vigueur de la loi PACTE du 22 mai 2019 et de son décret d'application, qui ont relevé les seuils de désignation obligatoire des commissaires aux comptes. La société invoquait la rupture d'égalité devant les charges publiques et la méconnaissance de l'article 1er du premier protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la loi n'excluait pas toute indemnisation mais que le préjudice allégué, lié à la perte de mandats et de chiffre d'affaires, ne présentait pas un caractère grave et spécial justifiant une indemnisation sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques.
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par M. B..., praticien contractuel, d’une demande de condamnation du centre hospitalier de Haute-Corrèze au versement d’indemnités de précarité pour ses contrats à durée déterminée successifs. Le tribunal a fait droit à l’exception de prescription quadriennale soulevée par l’hôpital, en application de la loi du 31 décembre 1968, et a jugé que seuls les contrats échus après le 31 décembre 2018 pouvaient être pris en compte. Sur le fond, le tribunal a rejeté la requête en considérant que M. B... avait refusé la proposition d’un contrat à durée indéterminée, ce qui, conformément à l’article L. 1243-10 du code du travail, exclut le versement de l’indemnité de fin de contrat.
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... demandant la suspension de la décision du 2 juin 2025 par laquelle l'université Paris Nanterre a refusé son admission en master 1 de psychologie. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence du jury et de la situation de compétence liée du chef d'établissement, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. En conséquence, la demande de suspension et d'injonction a été rejetée, et Mme B... a été condamnée à verser 500 euros à l'université au titre des frais de justice.
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par Mme A B, ancienne directrice d’un EHPAD, d’une demande d’annulation d’un avis des sommes à payer d’un montant de 9 107,37 euros émis par l’établissement. La requérante contestait notamment le défaut de base légale de la créance et l’absence d’indication précise des bases de liquidation. Le tribunal a annulé l’avis des sommes à payer pour vice de forme, en relevant que celui-ci ne précisait pas les périodes exactes ni les modalités de calcul de la créance, en méconnaissance de l’article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. La solution retenue est l’annulation du titre exécutoire pour irrégularité formelle, sans se prononcer sur le bien-fondé de la créance.
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par le directeur d'un EHPAD pour ordonner l'expulsion d'une ancienne agent occupant sans titre un logement de fonction dépendant du domaine public. La juge des référés a fait droit à la demande, considérant que l'occupation sans droit ni titre était établie, que la condition d'urgence était remplie en raison de la nécessité de loger un agent technique indispensable au service, et que la mesure était utile pour le fonctionnement du service public. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 2122-1 et R. 2124-64 du code général de la propriété des personnes publiques, qui prohibent l'occupation sans titre du domaine public.
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait la suspension de la décision du directeur de l'Institut d'Études Judiciaires (IEJ) de l'Université Paris Nanterre refusant son inscription aux épreuves d'admissibilité de l'examen d'entrée au CRFPA. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante s'étant placée elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoquait en ne respectant pas les délais d'inscription. Par ailleurs, aucun des moyens soulevés, notamment l'erreur de droit et l'incompétence du signataire, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé sur une demande de suspension d’une sanction disciplinaire, a rejeté la requête de Mme A, adjointe administrative hospitalière. La requérante contestait une exclusion temporaire de six mois (dont quatre avec sursis) prononcée par le directeur du centre hospitalier de Haute-Corrèze pour comportement inadapté et insubordination. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment le vice de procédure et l’erreur manifeste d’appréciation, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu’il soit nécessaire d’examiner la condition d’urgence. La décision s’appuie sur les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.