Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 075
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2302561
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par M. A..., détenu, d'une demande de condamnation de l'État à lui verser 101,59 euros pour un reliquat de salaire non perçu lors de son travail en prison en janvier et février 2019. Le garde des sceaux, ministre de la justice, a partiellement acquiescé à la demande, proposant 79,71 euros après déduction de la CSG et de la CRDS. Le tribunal a jugé que la rémunération minimale prévue par les articles 717-3 du code de procédure pénale et D. 432-1 du même code s'apprécie sur le montant brut, mais que les cotisations sociales (CSG et CRDS) sont légalement dues et doivent être déduites. En conséquence, il a condamné l'État à verser à M. A... la somme de 79,71 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2023 et de leur capitalisation.
Avocat : SOCIETE D'AVOCATS THEMIS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2410982
La société Atalian propreté a saisi le Tribunal Administratif de Lille d'une demande de référé-provision pour le recouvrement de créances liées à un marché public avec le centre hospitalier du Cateau-Cambrésis. Par une ordonnance du juge des référés, il est donné acte du désistement pur et simple de la requérante, mettant fin à l'instance. Le tribunal rejette par ailleurs la demande du centre hospitalier de condamner la société à des frais irrépétibles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : SELARL CARLINI ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2601344
**Sujet principal** : Demande de suspension en référé du rejet du renouvellement d'une carte de résident pour un ressortissant tunisien, fondée sur une menace grave à l'ordre public. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lille (formation de référé). **Solution retenue** : Le juge des référés rejette la demande de suspension. Il estime que le requérant ne démontre pas l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision préfectorale, celle-ci étant justifiée par un casier judiciaire comportant plusieurs condamnations, dont des peines de prison ferme pour des infractions graves (stupéfiants, conduite sans permis). **Textes appliqués** : L'article L. 521-1 du code de justice administrative (conditions du référé-suspension) et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au renouvellement de la carte de résident et à la menace grave à l'ordre public.
Avocat : CABINET CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2200186
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a statué sur une demande d'indemnisation pour préjudices liés à une aggravation de l'état de santé, suite à un retard fautif dans le diagnostic et le suivi d'une insuffisance rénale par le CHU. La juridiction a rejeté la demande principale, estimant que l'aggravation postérieure au 5 février 2013 et les préjudices allégués découlaient de l'évolution normale de la pathologie initiale et non des manquements retenus. Elle a appliqué les dispositions du code de la santé publique relatives à la responsabilité médicale et a confirmé l'autorité de la chose jugée par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 9 mai 2019 concernant la perte de chance.
Avocat : LANTERO & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2409415
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. C... contestant la date de son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi. Le requérant demandait une inscription rétroactive au 1er novembre 2024, mais France Travail l'avait inscrit à compter du 14 novembre 2024, date de sa demande. Le tribunal a rappelé, sur le fondement de l'article L. 5411-1 du code du travail, que l'inscription ne peut intervenir à une date antérieure à celle de la demande. La solution retenue est le rejet de la requête, sans application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2600242
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car l'intéressé a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'en avril 2026 et ne s'est pas présenté à un rendez-vous biométrique nécessaire à l'instruction de sa demande. En tout état de cause, la demande de délivrance d'un titre de séjour permanent excède la compétence du juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires. La requête est donc rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais de justice.
Avocat : PERREY
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2111024
**Sujet principal** : Le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil (CHIC) demande réparation pour des désordres affectant un ouvrage, en engageant les responsabilités décennale, contractuelle et quasi-délictuelle de plusieurs constructeurs et intervenants (Coframenal, Sapa/Hydro Building Systems France, Bureau Veritas Construction, Groupe 6). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Melun (10ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal administratif, saisi en plein contentieux, devra statuer sur la compétence de l'ordre administratif pour connaître de ces demandes, qui mettent en cause des responsabilités de droit privé (décennale et contractuelle) liées à des travaux de construction. La décision portera sur l'engagement éventuel de ces responsabilités et le montant des indemnités réclamées. **Textes appliqués** : Les articles 1792, 1792-1 et 1792-4 du code civil (responsabilité décennale des constructeurs) et l'article L. 761-1 du code de justice administrative (frais irrépétibles) sont invoqués. La question préalable de la compétence juridictionnelle (administrative ou judiciaire) est centrale.
Avocat : RSGN AVOCATS
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2301400
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la demande d'un contribuable visant à imputer ses déficits fonciers afférents à un immeuble situé en Allemagne sur son revenu global français pour les années 2020 et 2021. Le juge a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, les déficits fonciers générés par des biens immobiliers situés en Allemagne ne sont pas imputables sur l'impôt sur le revenu français. La décision s'appuie sur les articles 4 A et 156 du code général des impôts, interprétés à la lumière de la convention bilatérale, qui prime en vertu de l'article 55 de la Constitution.
Avocat : SUTTON-PELETENGEAS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2313778
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société BNP Paribas, qui contestait l'application d'une quote-part de frais et charges de 5% sur les dividendes perçus de filiales établies hors de l'Union européenne, au titre des exercices 2018 à 2020. La juridiction a jugé que la différence de traitement entre les dividendes intra-UE et extra-UE, prévue par l'article 216 du code général des impôts, ne constituait pas une discrimination contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a notamment considéré que cette distinction était justifiée par l'objectif de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, qui est plus difficile à mettre en œuvre avec des États tiers.
Avocat : OLLEON
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2303090
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de la société Sanofi visant à obtenir la restitution d'un complément de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au titre de 2018. La juridiction a jugé que les rémunérations des salariés sous convention de forfait en jours ne pouvaient être intégralement incluses dans l'assiette du CICE, car le plafond d'éligibilité prévu par l'article 244 quater C du code général des impôts doit être apprécié au regard de la durée légale du travail. Les textes appliqués sont principalement l'article 244 quater C du CGI et les dispositions du code du travail relatives au forfait en jours.
Avocat : DELSOL AVOCATS
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2524062
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que le requérant, un jeune majeur anciennement pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance, n'apportait pas la preuve d'une situation d'urgence suffisante au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle a également été rejetée, le juge considérant que les conditions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 n'étaient pas remplies.
Avocat : SCALBERT
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2506842
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. A... d’une demande d’annulation du refus implicite de la CAF du Bas-Rhin de lui accorder la remise gracieuse d’une dette de 351,92 euros liée à un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA). En cours d’instance, la Collectivité européenne d'Alsace a informé le tribunal que la dette avait été intégralement remise par une décision de la CAF du 2 septembre 2025. Constatant que la requête était devenue sans objet, le juge unique, statuant en application des articles R. 222-13 du code de justice administrative et des codes de la sécurité sociale et de l’action sociale, a prononcé un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2506486
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme B... d'un recours en plein contentieux contre une décision de la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin du 3 juin 2025, qui lui accordait une remise gracieuse partielle d'une dette de prime d'activité, laissant 933,37 euros à sa charge. En cours d'instance, la CAF a informé le tribunal avoir accordé une remise totale de cette dette par une décision du 2 septembre 2025. Constatant que la requête était ainsi devenue sans objet, le tribunal, statuant en juge unique, a prononcé un non-lieu à statuer et rejeté la requête.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2506405
Le Tribunal Administratif de Strasbourg statue sur la requête de M. B... contestant le refus de la CAF de la Moselle de lui accorder une remise gracieuse d’une dette de prime d’activité de 1 426,68 euros. La CAF ayant informé le tribunal que la dette était soldée, la requête est devenue sans objet. En conséquence, le juge unique, appliquant les dispositions du code de justice administrative, prononce un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2504565
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme B... d’un recours en plein contentieux contestant une décision de la CAF du Haut-Rhin du 13 février 2025, qui lui accordait une remise gracieuse partielle de sa dette de revenu de solidarité active, laissant à sa charge 139,85 euros. La Collectivité européenne d'Alsace a informé le tribunal que la dette était désormais soldée. En conséquence, le juge unique, statuant sur le fondement des codes de la sécurité sociale et de l’action sociale et des familles, a prononcé un non-lieu à statuer, la requête étant devenue sans objet.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2504204
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en juge unique, était saisi par M. A... d’un recours en plein contentieux contre le retrait de points consécutif à une infraction du 25 septembre 2024 et la décision d’invalidation de son permis de conduire. En cours d’instance, le ministre de l’intérieur a informé le tribunal avoir retiré la décision contestée. Le tribunal a constaté que les conclusions en annulation et en injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur ces points. Il a rejeté les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : FITOUSSI
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2503680
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en juge unique, était saisi par M. A... d’un recours en plein contentieux contre le refus implicite du ministre de l’intérieur de retirer une décision 48SI et contre la décision du 31 octobre 2024 invalidant son permis de conduire. Le requérant contestait la réalité des infractions et l’absence d’information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En cours d’instance, le ministre a retiré la décision attaquée, rendant les conclusions en annulation et en injonction sans objet. Le tribunal a donc prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions et rejeté la demande de frais de justice.
Avocat : SELARL SCHACH
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2602175
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête du préfet de la Loire-Atlantique demandant l'expulsion d'une famille déboutée de l'asile de son lieu d'hébergement. Le juge des référés a estimé que la condition d'urgence légale, requise par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, n'était pas caractérisée, malgré la saturation du dispositif d'accueil. La décision s'appuie également sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la fin de l'hébergement des demandeurs d'asile.
Avocat : PRELAUD
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2601123
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de décisions relatives aux droits d'un enfant handicapé. Le juge a estimé que les litiges concernant le refus d'accorder la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) et l'Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé (AEEH) relèvent de la compétence exclusive du tribunal judiciaire, en application des articles L. 134-3 du code de l'action sociale et des familles et L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Par conséquent, la juridiction administrative s'est déclarée incompétente pour connaître de cette partie de la requête.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2524065
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a examiné une demande de suspension d'un rejet implicite de renouvellement de titre de séjour. Le juge a admis la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en raison de l'urgence de sa situation. En revanche, il a rejeté sa demande de suspension de la décision préfectorale, considérant que les moyens soulevés ne créaient pas un doute sérieux sur sa légalité, notamment au regard des articles L. 423-6 du CESEDA et 8 de la CEDH.
Avocat : ACTE V AVOCATS