Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2501800
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. D..., représentant légal de son fils mineur. Cette mesure vise à déterminer les éventuels manquements du centre hospitalier d’Ajaccio lors de la prise en charge de l'enfant le 24 mai 2017 et à évaluer les préjudices subis selon la nomenclature Dintilhac. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par l'hôpital, reconnaissant la qualité pour agir du père. La mission de l'expert inclut l'examen du dossier médical, l'analyse des soins prodigués et la recherche d'un lien de causalité entre un éventuel manquement et le dommage.
Avocat : CABINET D'AVOCATS GASQUET-SEATELLI
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2501827
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. C..., agent public victime d'un accident de service reconnu le 16 mars 2011. Le juge a estimé la mesure utile pour évaluer l'ensemble des préjudices patrimoniaux et personnels subis par l'agent, dans la perspective d'une éventuelle action en indemnisation. La mission confiée à l'expert inclut notamment la détermination du lien de causalité entre l'accident et les affections actuelles, l'évaluation du taux d'incapacité permanente partielle, et la quantification des différents chefs de préjudice listés. La demande de mise hors de cause du préfet de zone de défense a été implicitement rejetée par l'octroi de la mesure.
Avocat : PERES
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2400256
Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la demande de M. A... tendant à la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu de l'année 2022. Le requérant contestait l'imposition des indemnités journalières suisses perçues, qu'il estimait devoir être exonérées sur le fondement de l'article 80 quinquies du code général des impôts. Le tribunal a jugé que la charge de la preuve incombait au contribuable, l'imposition ayant été établie sur la base de ses déclarations, et que M. A... n'apportait pas la preuve que les indemnités perçues remplissaient les conditions pour bénéficier de l'exonération prévue par ce texte.
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2400450
Le Tribunal Administratif de Besançon a examiné la requête de Mme A..., agent territorial, qui demandait la condamnation de la commune des Auxons pour les préjudices liés à une maladie professionnelle et à une gestion fautive de sa carrière. La requérante invoquait la responsabilité sans faute de la commune pour ses préjudices corporels et la responsabilité pour faute pour des irrégularités dans le versement de ses traitements et la gestion de ses congés. Le tribunal a constaté que Mme A... n'avait pas justifié avoir saisi l'administration d'une demande préalable pour l'indemnisation de ses congés annuels non pris, rendant ces conclusions irrecevables. Pour le surplus, le tribunal a ordonné une expertise avant dire droit afin d'évaluer les préjudices corporels de Mme A..., la commune ne s'opposant pas à cette mesure. Les autres demandes indemnitaires ont été réservées dans l'attente des résultats de l'expertise, et les conclusions relatives aux frais de justice ont été également réservées.
Avocat : LANDBECK
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2401310
Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de la SCI « La casa del lupo » contestant un rehaussement fiscal pour les exercices 2020 et 2021. La société, soumise à l'impôt sur les sociétés, avait consenti à ses associés majoritaires un loyer jugé insuffisant pour la location d'un bien, ce que l'administration a qualifié d'acte anormal de gestion. Le tribunal a estimé que la SCI ne justifiait pas que la surface louée ou l'état du bien justifiaient un loyer inférieur à la valeur locative réelle. En conséquence, le rehaussement des résultats et les majorations pour manquement délibéré prévues à l'article 1729 du code général des impôts ont été maintenus.
Avocat : fiscalité sociétés
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2401312
Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de Mme B... contestant le rehaussement de ses bénéfices non commerciaux pour les années 2020 et 2021. La requérante, orthoptiste, avait déduit un loyer versé à une SCI qu'elle contrôlait, mais l'administration fiscale a estimé ce loyer surévalué. Le tribunal a jugé que la proposition de rectification était suffisamment motivée, conformément aux articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales. Sur le fond, il a considéré que l'administration avait correctement évalué la valeur locative et les charges déductibles, en application des articles 92 et 93 du code général des impôts. La demande de décharge des impositions supplémentaires a donc été rejetée.
Avocat : fiscalité sociétés
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2600086
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme D... visant à suspendre les décisions du préfet du Jura du 9 décembre 2025 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. La requérante, une ressortissante étrangère, invoquait l'urgence et un doute sérieux sur la légalité des décisions, notamment en raison de sa situation de santé (hépatite B) et de l'impact sur sa formation et son contrat jeune majeur. Le tribunal a considéré que la condition d'urgence n'était pas remplie, car les conséquences alléguées (interruption de formation, perte de logement) ne présentaient pas un caractère suffisamment immédiat et grave pour justifier une suspension. Aucun des moyens soulevés, tirés de la méconnaissance des articles L. 613-1, L. 423-22, L. 425-9 du CESEDA et de l'article L. 221-2-4 du code de l'action sociale et des familles, n'a été retenu comme créant un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.
Avocat : DRAVIGNY
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2302190
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la requête de Mme E..., attachée d’administration, contestant un titre de perception émis le 16 mars 2022 par la DRFIP d’Île-de-France et de Paris pour un trop-perçu de rémunération de 4 441,40 euros. La requérante invoquait notamment la prescription biennale de la créance et une erreur dans les bases de liquidation. Le tribunal a rejeté l’ensemble de ses moyens, jugeant que le titre de perception était suffisamment motivé et que la différence de montant invoquée correspondait à la CRDS acquittée par l’administration. La solution retenue est le rejet de la requête, sur le fondement de l’article 24 du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 et de l’article 37-1 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600128
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, fait droit à la demande de l’expert désigné d’étendre une mesure d’expertise médicale au contradictoire du docteur B... A..., chirurgien ayant réalisé l’opération litigieuse. Cette extension est jugée utile à la bonne exécution de la mission d’expertise, qui porte sur la qualité de la prise en charge médicale d’une patiente au centre hospitalier de Carcassonne. La décision s’appuie sur l’article R. 532-3 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés d’étendre une expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées.
Avocat : FAIDI SARAH
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2204753
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme B... d'une demande d'indemnisation pour infection nosocomiale contractée lors de sa prise en charge en janvier 2008 au centre hospitalier universitaire de Grenoble. La juridiction a examiné la fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier et son assureur, la SHAM (devenue Relyens), concernant la tardiveté de la requête. Le tribunal a considéré que le délai de recours contentieux, interrompu par un référé-provision, n'avait pas couru en raison de l'absence de notification régulière de l'ordonnance du juge des référés à Mme B..., rejetant ainsi la fin de non-recevoir. La solution retenue s'appuie sur les principes de procédure administrative contentieuse relatifs à la computation des délais de recours.
Avocat : SELARL GERBI
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2207772
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné la requête de Mme et M. G... visant à engager la responsabilité du centre hospitalier de Valence suite à une chute survenue après une biopsie mammaire. Le tribunal a rejeté le moyen tiré d'un défaut de surveillance, estimant que l'infirmière avait respecté les précautions d'usage et que le malaise de la patiente ne constituait pas un signe imposant une présence continue. En revanche, il a retenu un défaut d'information, le risque de malaise, qualifié de fréquent et normalement prévisible, n'ayant pas été porté à la connaissance de la patiente, en méconnaissance de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique. Cette faute est de nature à engager la responsabilité de l'établissement pour la perte de chance de la patiente de se soustraire au risque.
Avocat : SELARL LIGAS-RAYMOND PETIT
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2403682
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi d'un recours en plein contentieux visant à annuler une décision d'orientation professionnelle vers le marché du travail prise à l'égard d'une personne handicapée. Le tribunal a jugé que la maison départementale des personnes handicapées, mise en cause, avait manqué à son obligation de communiquer l'intégralité du dossier administratif et médical, en violation des articles R. 772-5 à R. 772-10 du code de justice administrative. Par conséquent, sans pouvoir statuer au fond sur les droits de l'intéressé au titre des articles L. 241-6 et suivants du code de l'action sociale et des familles, le tribunal a annulé la décision attaquée pour vice de procédure.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2404502
Sujet principal : Demande d'annulation du rejet d'une demande de carte mobilité inclusion (mention « stationnement »). Juridiction : Tribunal Administratif de Lille (formation de juge unique). Solution retenue : Acte donné au désistement pur et simple de la requérante, mettant fin à l'instance sans examen du fond. Textes appliqués : Code de justice administrative (notamment articles R. 222-13 et R. 772-9).
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2310525
La société Barbara Bui SA demandait au Tribunal Administratif de Paris le remboursement d'un crédit d'impôt recherche (CIR) pour 2021, invoquant une position antérieure de l'administration et son éligibilité en tant qu'entreprise industrielle du textile. Le tribunal a rejeté sa requête. Il a jugé que les articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales, relatifs à l'opposabilité des positions de l'administration, ne s'appliquaient pas à une demande d'avantage fiscal comme le CIR, mais seulement à des rehaussements d'imposition. Concernant l'éligibilité au titre de l'article 244 quater B du code général des impôts, le tribunal a considéré que la société, dont l'activité principale est la fabrication de vêtements de luxe, ne démontrait pas disposer des moyens de production industrielle requis par la loi pour bénéficier du régime spécifique au secteur textile-habillement.
Avocat : BENNAHIM
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312843
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les requêtes de la société Murs Hôtel Daunou Capucines, qui contestait ses impositions à la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) pour les années 2019 à 2022. La juridiction a jugé que les travaux de réhabilitation, bien que lourds, ne rendaient pas l'immeuble impropre à toute utilisation au sens fiscal et ne le faisaient pas sortir du champ de la propriété bâtie défini par l'article 1380 du code général des impôts. Elle a également estimé que la société ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de l'exonération temporaire prévue à l'article 1383 du CGI et a rejeté le moyen tiré de l'illégalité de la délibération fixant le taux de la TEOM.
Avocat : PRAD PARIS (SAS)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315355
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la demande de décharge de l'Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER) sur les stations radioélectriques présentée par la société Bouygues Télécom pour les années 2020 à 2022. La juridiction estime que l'IFER, instituée par l'article 1519 H du code général des impôts, constitue une taxe administrative conforme aux directives européennes 2002/20/CE et 2018/1972, car elle vise à couvrir les coûts administratifs liés à la gestion des autorisations et des droits d'utilisation des fréquences. Le tribunal considère que cette imposition est proportionnée et ne porte pas atteinte au principe de neutralité concurrentielle.
Avocat : CABINET CMS FRANCIS LEFEBVRE
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2316747
**Sujet principal** : Une agente publique de la Ville de Paris demande réparation pour des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de harcèlement moral et de discriminations liées à son statut de travailleur handicapé. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (2e Section - 1re Chambre), statuant en plein contentieux. **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande d'indemnisation de la requérante. Il considère que les éléments produits (notamment des échanges de courriels) ne permettent pas d'établir l'existence des agissements répétés de harcèlement moral allégués, qui doivent excéder l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. **Textes appliqués** : L'article L. 134-5 et l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique (codifiant l'article 6 quinquies de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983), relatifs à l'obligation de protection de l'agent public et à la définition du harcèlement moral.
Avocat : CABINET ARTEMONT (AARPI)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404899
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande de décharge de la taxe sur les logements vacants pour l'année 2023. Le requérant a démontré, par la production d'un bail et d'inventaires, que le logement avait été occupé plus de 90 jours consécutifs durant la période de référence. En application de l'article 232 du code général des impôts, le tribunal a fait droit à sa demande principale mais a rejeté sa demande d'allocation pour frais de procédure.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502203
Le Tribunal Administratif de Rouen rejette la demande de M. A... visant à réduire son obligation de payer une dette fiscale. Le sujet principal est la contestation d'une majoration de 10% pour paiement tardif appliquée sur des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu. La juridiction estime que le sursis de paiement avait pris fin et que le comptable public a correctement appliqué la majoration légale prévue par l'article 1730 du code général des impôts.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2600377
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé, a été saisi par une requérante demandant l’injonction au préfet de procéder à l’examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour ou de lui délivrer un récépissé. Le juge a constaté que la demande de renouvellement était désormais en cours d’instruction, rendant la première conclusion sans objet. Il a également relevé qu’une attestation de prolongation d’instruction valide avait déjà été délivrée, privant la seconde conclusion d’utilité. En application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge a donc ordonné qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur la première demande et a rejeté le surplus de la requête.