Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400807
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a statué sur la requête de M. A... contestant son imposition à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux au titre de l'année 2014, résultant d'un rehaussement fondé sur l'article 111 a du code général des impôts pour des sommes inscrites au débit de son compte courant d'associé. Le tribunal a rejeté la demande de décharge, considérant que M. A... n'apportait pas la preuve contraire permettant d'écarter la qualification de revenus distribués pour la somme de 81 232 euros, qu'il présentait comme le remboursement d'un emprunt personnel. En revanche, le tribunal a prononcé la décharge de la majoration de 25% appliquée sur le fondement de l'article 158-7-2° du code général des impôts, en relevant d'office que ce texte n'est applicable qu'aux revenus distribués mentionnés aux c à e de l'article 111, et non au a de ce même article.
Avocat : KRETZ
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2501871
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme B..., agent public victime d'un accident de service reconnu le 4 juin 2024. La requérante sollicitait cette mesure dans la perspective d'une action en indemnisation de ses préjudices patrimoniaux et personnels. Le juge a fait droit à la demande, estimant l'expertise utile, et a désigné un expert avec une mission détaillée visant à évaluer l'ensemble des préjudices subis en lien direct avec l'accident. La décision s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative relatives aux mesures d'expertise utiles.
Avocat : PERES
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2300952
Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la requête de Mme A..., agente technique territoriale, qui demandait la condamnation de la Collectivité de Corse à lui verser 84 081,70 euros en réparation de préjudices résultant de faits de harcèlement moral et sexuel. Le tribunal a jugé que la requérante n’établissait pas la réalité des agissements de harcèlement allégués, ni un manquement de l’administration à son obligation de protection, celle-ci ayant mis en place un accompagnement spécifique suite à l’alerte. En conséquence, la responsabilité de la collectivité n’a pas été engagée, et les conclusions indemnitaires ont été rejetées. La décision s’appuie notamment sur les dispositions du code général de la fonction publique et de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.
Avocat : SELARL PIERRE-PAUL MUSCATELLI
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2502006
Le Tribunal administratif de Bastia, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. B..., agent territorial victime d'un accident de service reconnu imputable le 17 mars 2025. La solution retenue fait droit à la requête, jugeant utile cette mesure dans la perspective d'une action en indemnisation. L'expert désigné devra notamment évaluer les préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux subis par l'agent, en lien direct avec l'accident.
Avocat : PERES
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2600025
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution d'un titre exécutoire émis par le GRETA-CFA de Besançon à l'encontre de la SAS Macosis Expertise Conseil. Le juge a relevé que le titre exécutoire, émis en application du décret n° 53-1092 du 5 novembre 1953, fait l'objet d'une opposition devant la juridiction compétente, ce qui suspend de plein droit le recouvrement de la créance. Par conséquent, la condition d'urgence n'étant pas caractérisée, la requête a été rejetée.
Avocat : DRAVIGNY
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2304530
Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A... qui contestait le refus de remise gracieuse partielle d'une amende fiscale. L'amende, infligée sur le fondement de l'article 1740 A du code général des impôts, sanctionnait la délivrance sciemment d'un reçu fiscal irrégulier ayant permis à une société d'obtenir indûment un crédit d'impôt. Le tribunal a jugé que le moyen tiré de l'absence d'intention frauduleuse, contestant le bien-fondé même de l'amende, était inopérant dans le cadre d'un recours contre une décision de remise gracieuse prise sur le fondement de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales.
Avocat : TOURNIER BARNIER & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2304778
Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. et Mme D... et de M. E... qui demandaient la condamnation de la société Eiffage Aménagement à les indemniser des préjudices subis sur leurs parcelles lors de fouilles archéologiques préventives réalisées par l'INRAP dans le cadre du projet d'aménagement de la ZAC du Mas Lombard. Le tribunal a jugé que l'action en indemnité des requérants était prescrite, en application de l'article 17 de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics, et a rejeté l'ensemble de leurs demandes.
Avocat : FRÖLICH
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2304781
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi par M. et Mme D... et M. E... d’une demande d’indemnisation fondée sur la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l’exécution de travaux publics. Ils estimaient que les fouilles archéologiques préventives réalisées par l’INRAP sur leurs parcelles, dans le cadre du projet d’aménagement de la ZAC du Mas Lombard, avaient causé des préjudices (pertes de récoltes et frais de remise en état). La société Eiffage Immobilier Occitanie, concessionnaire de la commune, a opposé la prescription de l’action. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que l’action était prescrite en application de l’article 17 de la loi du 29 décembre 1892.
Avocat : FRÖLICH
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2304782
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi par M. D... et autres, propriétaires de parcelles incluses dans la ZAC du Mas Lombard, afin d’obtenir réparation des préjudices causés par les fouilles archéologiques préventives réalisées par l’INRAP. Les requérants invoquent la responsabilité de la société concessionnaire sur le fondement de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l’exécution de travaux publics. La société défenderesse conteste la prescription de l’action et, subsidiairement, sa responsabilité. Le tribunal a rejeté l’exception de prescription et a jugé que la société Nîmes Mas Lombard, en tant que concessionnaire, est responsable des dommages causés par les travaux publics, la condamnant à indemniser les requérants pour leurs pertes de récoltes et frais divers, sur le fondement de la loi de 1892.
Avocat : FRÖLICH
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2400876
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi par M. et Mme D... et M. E... d’une demande d’indemnisation fondée sur la loi du 29 décembre 1892, visant à réparer les dommages causés à leurs parcelles par les études archéologiques préventives menées par l’INRAP dans le cadre de l’aménagement de la ZAC du Mas Lombard. L’INRAP a opposé la prescription de l’action, la requête étant mal dirigée, et a contesté le montant des préjudices. Le tribunal a rejeté l’exception de prescription et a retenu la responsabilité de l’INRAP sur le fondement de la loi du 29 décembre 1892, en condamnant l’établissement à verser aux requérants une somme totale de 9 028 euros au titre des pertes de récoltes et des travaux de nivellement, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation. La demande de garantie formée par l’INRAP contre la société Eiffage Aménagement a été rejetée.
Avocat : FRÖLICH
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2407716
Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme B..., qui a subi une complication post-opératoire (atteinte du nerf crural) après une pose de prothèse de hanche au centre hospitalier de Cahors en 2020. L’expertise, jugée utile pour chiffrer le préjudice en vue d’un éventuel litige indemnitaire, est déclarée commune à l’ONIAM, au centre hospitalier de Cahors et à la CPAM du Lot, sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. La juridiction a rejeté l’argument du centre hospitalier contestant l’utilité de la mesure, estimant que les éléments disponibles étaient insuffisants pour évaluer le préjudice.
Avocat : CABINET LERIOUX & SENECAL ASSOCIES
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2600494
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur demande du maire de Plassac, a désigné un expert sur le fondement de l'article L.511-9 du code de la construction et de l'habitation. Cette mesure vise à constater l'état de péril imminent de plusieurs immeubles abandonnés et dégradés, et à proposer des mesures de sécurité. L'expert devra rendre son rapport sous quinze jours, et la commune devra avancer les frais, remboursables par les propriétaires.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2600543
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par la maire de Sainte-Terre, sur le fondement de l'article L.511-9 du code de la construction et de l'habitation, afin de désigner un expert pour constater l'état de péril d'un immeuble abandonné et dégradé, victime d'un incendie. La juge des référés a fait droit à cette demande, estimant la mesure utile pour la sécurité publique. Elle a désigné un expert avec pour mission de décrire l'état du bâtiment, de proposer des mesures de sécurité et de se prononcer sur l'existence d'un danger imminent, dans un délai de vingt-quatre heures. La décision applique les articles L.511-9 du code de la construction et de l'habitation et R.531-1 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2305663
Le Tribunal Administratif de Montpellier a été saisi par M. C... pour contester deux titres exécutoires émis par le collège Madame E... afin de recouvrer des frais de demi-pension pour son fils. Le tribunal a annulé ces titres et déchargé M. C... des sommes réclamées (108,90 € et 141,90 €), au motif qu’un jugement du juge aux affaires familiales l’avait dispensé de contribuer aux dépenses d’éducation de ses enfants en raison de son insolvabilité. La décision relève également que les titres exécutoires ne mentionnaient pas les bases de liquidation, en méconnaissance des obligations applicables.
Avocat : DIAZ
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600493
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé sur demande de la commune d'Opoul-Périllos, a ordonné une expertise pour constater l'état d'un bâtiment menaçant ruine et évaluer le péril grave et imminent pour la sécurité publique. La solution retenue est la désignation d'un expert sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, afin de proposer des mesures conservatoires.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2202063
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la société Berthouly Construction, venant aux droits de la société Silla, qui demandait le paiement d’un solde de décompte général et une indemnisation pour allongement des délais d’exécution d’un marché de travaux conclu avec l’office public de l’habitat Drôme Aménagement Habitat (DAH). Le tribunal a considéré que la requête était irrecevable car la société n’avait pas contesté la décision expresse de rejet de son mémoire en réclamation dans le délai de six mois imparti par l’article 50 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) Travaux. En conséquence, le tribunal a également rejeté les conclusions subsidiaires et celles présentées au titre des frais de justice.
Avocat : SELARL LINK ASSOCIES
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302674
Le Tribunal Administratif de Marseille s'est prononcé sur la responsabilité du Grand port maritime de Marseille (GPMM) suite à la rupture de bollards ayant endommagé le navire de la société MSC. Le tribunal a retenu sa compétence, considérant que l'amarrage des navires via les bollards, ouvrages publics, relève d'un service public administratif. Il a rejeté la fin de non-recevoir tirée de l'absence de médiation préalable obligatoire. La solution retenue engage la responsabilité du GPMM pour défaut d'entretien normal des bollards, en application des principes de la responsabilité du fait des ouvrages publics, et condamne le port à indemniser la société MSC.
Avocat : SCP GOBERT & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2305995
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de Mme B..., qui demandait une expertise médicale et une provision de 5 500 euros après un accident de voiture survenu le 21 mai 2020, qu'elle attribuait à une bouche d'égout non scellée sur la voie publique. Le tribunal a estimé que la requérante n'avait pas établi la matérialité des faits, faute de preuves suffisantes (photographies non datées, absence de témoignages). À titre subsidiaire, il a retenu une faute de la victime, qui avait circulé sur le trottoir, ce qui exonérait totalement la métropole d'Aix-Marseille-Provence de sa responsabilité. Les conclusions d'appel en garantie de la métropole contre la société SERAMM ont également été rejetées, et les frais de justice ont été laissés à la charge de chaque partie.
Avocat : SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2406023
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi par le MuCEM, établissement public, d’une demande en condamnation de la société marocaine Afrikan Lagom au paiement d’une redevance d’occupation domaniale de 12 512,52 euros. Le tribunal rappelle qu’une personne publique est irrecevable à demander au juge une mesure qu’elle peut prendre elle-même via un titre exécutoire, sauf en cas de vaines tentatives d’exécution en France et d’utilité d’un jugement pour recouvrer à l’étranger. Constatant que la société débitrice, de droit marocain, ne possède aucun bien en France et que les mises en demeure sont restées infructueuses, le tribunal estime que la demande est recevable et utile au regard de la convention d’entraide judiciaire franco-marocaine du 5 octobre 1957. Il fait droit à la demande en condamnant la société à verser la somme due, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 septembre 2023, sur le fondement des articles L. 2125-1 et L. 2125-5 du code général de la propriété des personnes publiques.
Avocat : DINAHET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600203
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A..., ressortissant tunisien, afin d'obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de séjour "salarié". Le juge a constaté que la demande de renouvellement, effectuée par voie postale le 5 novembre 2025, était complète et que le délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) n'était pas expiré, de sorte qu'aucune décision implicite de rejet n'était née. En conséquence, la mesure sollicitée ne faisait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. Le tribunal a donc fait droit à la demande, enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de remettre à M. A... un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et a mis à la charge de l'État