Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2301648
Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la requête de Mme A..., qui demandait réparation pour une chute survenue le 11 novembre 2018 sur un trottoir bordant une route départementale, imputée à un amas de gravats. La juridiction a estimé que la preuve du lien de causalité entre le préjudice et l'ouvrage public n'était pas rapportée, les éléments fournis (attestations tardives et photographies) ne démontrant pas de manière suffisante la matérialité des faits. En conséquence, ni la responsabilité pour défaut d'entretien normal de la collectivité de Corse, ni celle pour carence fautive des pouvoirs de police de la commune de San Martino Di Lota (sur le fondement de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales) n'ont été retenues. La demande indemnitaire de 51 715,70 euros a donc été rejetée.
Avocat : PERES
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2400117
Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la requête de M. B... qui contestait le refus de réviser sa pension militaire d'invalidité pour aggravation de ses infirmités (séquelles de gelures aux pieds et cervicalgies) et pour l'obtention d'une pension au titre de coliques néphrétiques. Le tribunal a jugé que l'administration n'avait pas commis d'erreur d'appréciation, en se fondant sur les dispositions du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, notamment les articles L. 121-1 et L. 154-1. Il a estimé que les éléments médicaux produits ne démontraient pas une aggravation suffisante des taux d'invalidité déjà concédés ni le lien direct avec le service pour la nouvelle affection. Par conséquent, la décision de la commission de recours de l'invalidité du 9 novembre 2023 a été confirmée.
Avocat : EON
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2400508
Responsabilité pour défaut d'entretien d'un ouvrage public (route départementale n° 659). Tribunal Administratif de Bastia. Rejet de la requête de Mme B... demandant l'indemnisation de préjudices consécutifs à une crevaison due à un nid-de-poule, faute pour la requérante d'apporter la preuve de la matérialité des faits et du lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public. Application des principes généraux de la responsabilité pour défaut d'entretien normal.
Avocat : CABINET D'AVOCATS PHELIP & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2304097
Le Tribunal Administratif de Nîmes a examiné la requête de M. A..., marchand de biens, contestant un rappel de TVA pour la période 2014-2016 suite à la vente d’un immeuble. Le tribunal a rejeté sa demande de décharge, jugeant que l’administration avait correctement appliqué les règles de compensation prévues à l’article L. 203 du livre des procédures fiscales, et non le droit à déduction, car la TVA collectée sur la vente n’avait pas été déclarée. La majoration de 40 % pour manquement délibéré a été maintenue, le requérant n’apportant pas la preuve de sa bonne foi. Les textes appliqués sont les articles 256, 257, 269 et 271 du code général des impôts, ainsi que les articles L. 203 et L. 205 du livre des procédures fiscales.
Avocat : MANSART
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2304297
Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la demande de la société C2G et de sa gérante, Mme B..., qui sollicitaient la condamnation de la commune de Vaison-la-Romaine pour des préjudices subis lors de travaux publics (réfection de voirie) entre septembre 2021 et juin 2022. Les requérantes invoquaient un préjudice financier et moral, mais le tribunal a estimé que l’accès piétonnier au commerce « L’atelier du jouet » n’avait pas été rendu excessivement difficile ou impossible, et que le préjudice n’était ni anormal ni spécial au sens de la jurisprudence relative aux travaux publics. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité sans faute de l’administration pour les dommages de travaux publics, en application du code général des collectivités territoriales et du code de justice administrative.
Avocat : SELARL PHELIP & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2302034
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par la SARL Taxi Bretagne Plus, qui demandait l'indemnisation des préjudices subis du fait de décisions illégales du maire de Colpo (Morbihan) ayant refusé de renouveler ses autorisations de stationnement. Le tribunal a jugé que la commune avait commis une faute de nature à engager sa responsabilité, en raison de l'illégalité de ces décisions, déjà annulées par un précédent jugement définitif. La solution retenue est fondée sur l'application des principes de la responsabilité pour faute en droit administratif, sans que le tribunal ne précise le montant de l'indemnisation dans cet extrait.
Avocat : SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2302209
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par Mme B... d’une demande d’indemnisation pour les préjudices subis lors d’une chute de cheval en août 2014, lors d’un stage équestre organisé par la commune de Lanester. La requérante soutenait que la commune avait commis une faute en confiant l’encadrement à une personne mineure et non qualifiée. Le tribunal a rejeté la demande, jugeant que l’activité équestre présente des risques intrinsèques excluant la responsabilité sans faute, et que le lien de causalité direct entre la faute d’encadrement alléguée et la chute n’était pas établi. La décision s’appuie notamment sur les dispositions du code de l’éducation et du code du sport.
Avocat : SOCIETE D'AVOCATS BAILLEUX - BALK-NICOLAS - DOUBLET
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2401272
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B..., détenu, qui contestait son affectation au centre pénitentiaire du Havre. Le requérant invoquait une atteinte à sa vie familiale et à son projet de réinsertion à Rennes, sur le fondement de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a jugé que la décision d'affectation ne constituait pas un acte administratif susceptible de recours, sauf atteinte excessive aux droits fondamentaux. En l'espèce, M. B... n'ayant apporté aucun élément probant sur l'existence de liens familiaux ou de démarches de réinsertion, l'administration n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie familiale.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2523023
Le Tribunal Administratif de Nantes, saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative par la communauté de communes Grand Lieu Communauté, était initialement requis d'enjoindre l'expulsion d'occupants sans titre d'un parc d'activités. La collectivité invoquait l'urgence et un risque grave d'incendie lié à des branchements électriques illicites. Cependant, la communauté de communes ayant informé le tribunal du départ volontaire des occupants, le juge des référés a constaté que la requête était devenue sans objet. Par une ordonnance du 23 janvier 2026, il a donc prononcé un non-lieu à statuer, sans tenir d'audience.
Avocat : SELARL PUBLI-JURIS
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2304584
Le Tribunal Administratif d'Orléans a examiné la requête de M. B..., associé de la SCI B..., contestant un avis de mise en recouvrement émis à son encontre pour des rappels de TVA, pénalités et amendes dus par la société. Le tribunal a statué sur le principe de la solidarité fiscale de l'associé et sur le bien-fondé des impositions et amendes mises à la charge de la SCI. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais les débats ont porté sur l'application des articles 1857 et 1858 du code civil concernant la responsabilité des associés, ainsi que sur les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales relatives à la TVA, aux majorations et aux amendes.
Avocat : CABINET LAURANT MICHAUD DUCEUX
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2300290
Le Tribunal Administratif de Nancy a été saisi par la société Relyens Mutual Insurance (assureur du CHRU de Nancy) pour contester deux titres exécutoires émis par l'ONIAM, visant à recouvrer les sommes de 9 069,63 euros et 89 520,49 euros versées à un patient au titre de l'indemnisation de ses préjudices. La société requérante soutenait que ces préjudices relevaient de l'aléa thérapeutique et non d'une faute médicale, ce qui aurait dû conduire à une prise en charge par la solidarité nationale. Le tribunal a rejeté les requêtes et, faisant droit aux conclusions reconventionnelles de l'ONIAM, a condamné la société Relyens à lui verser les sommes dues, assorties des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, ainsi qu'une pénalité de 15 % sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et le remboursement des frais d'expertise.
Avocat : SCP DUBOIS - MARRION- MOUROT
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2302757
Le Tribunal Administratif de Nancy a été saisi par M. et Mme C..., agissant pour leur fils mineur A..., d’une demande d’indemnisation pour des préjudices résultant d’une erreur de diagnostic de torsion testiculaire par le CHRU de Nancy en octobre 2021. Le CHRU ne contestant pas sa responsabilité, le tribunal a appliqué l’article L. 1142-1 du code de la santé publique pour retenir une faute, mais a limité l’indemnisation à 70 % des préjudices, correspondant à la perte de chance de se soustraire au dommage, conformément au rapport d’expertise. La solution retenue est une condamnation partielle du CHRU, réduisant les prétentions indemnitaires des requérants en fonction de ce taux de perte de chance.
Avocat : SELARL LIME & BARRAUD
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2301490
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de provision de la société Bouygues Energies et Services, qui réclamait le paiement du solde d’un marché public d’éclairage public sur l’autoroute A16. La société invoquait un décompte général et définitif signé, mais le juge a estimé que ce document, non revêtu de la signature du représentant du pouvoir adjudicateur, ne pouvait constituer un tel décompte au sens du CCAG Travaux 2009. En conséquence, la créance n’a pas été jugée comme non sérieusement contestable au sens de l’article R. 541-1 du code de justice administrative. La requête a donc été intégralement rejetée, y compris les demandes d’intérêts moratoires et d’indemnité forfaitaire.
Avocat : CABINET FRECHE & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2305335
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné l'office public de l'habitat Partenord Habitat à verser une provision à la société Demuynck. Cette décision concerne le solde du lot n° 9 « plomberie – chauffage – vmc » d'un marché de construction de logements à Aniche. La solution retenue est fondée sur l'absence de contestation sérieuse de la créance, en raison de la naissance d'un décompte général tacite, conformément aux stipulations de l'article 13.4.4 du CCAG Travaux 2014, et sur l'acquiescement aux faits par le défendeur.
Avocat : CABINET D'AVOCATS SDSK-CONSEIL
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2403774
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, rejette la demande de la société Blaq. Celle-ci sollicitait le versement d'intérêts moratoires et d'une indemnité forfaitaire pour paiement tardif d'une facture par la commune de Noyelles-lès-Seclin. Le juge estime que l'obligation de la commune est sérieusement contestable, car la société n'établit pas être étrangère au retard de paiement, notamment en n'ayant pas fourni en temps utile les documents exigés par le comptable public. La requête est donc rejetée, de même que les conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : CLL AVOCATS
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2200126
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de la société La Compagnie de Vichy contestant un titre de perception de 15 069 euros émis pour un rappel de redevance domaniale au titre de 2018. La société invoquait notamment l'incompétence de l'ordonnateur, un vice de procédure et une méconnaissance des stipulations contractuelles et de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques. Le tribunal a jugé ces moyens non fondés, confirmant la validité du titre exécutoire et le bien-fondé de la créance. La solution s'appuie sur les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques et du code de la commande publique.
Avocat : BENECH
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2202412
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de M. A... qui sollicitait l'indemnisation de ses préjudices (douleurs inguinales et azoospermie) au titre de la solidarité nationale, suite à une cure de hernies inguinales. Le tribunal a estimé que le dommage invoqué, à savoir les douleurs neuropathiques, ne présentait pas un caractère anormal au sens du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, car il s'agit d'une complication fréquente de ce type de chirurgie (10 à 20% des cas). En conséquence, la condition d'anormalité du dommage n'étant pas remplie, la requête a été rejetée.
Avocat : SCP PETIT & BOULARD
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2302822
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de M. B... contestant une mise en demeure et un avis à tiers détenteur émis pour recouvrer des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales. Le requérant soutenait que l'obligation de payer était dépourvue de base légale en raison de l'absence de notification de la proposition de rectification. Le tribunal a jugé ce moyen irrecevable car, en application de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, une contestation relative au recouvrement ne peut remettre en cause le bien-fondé ou la régularité de l'impôt, qui relève de l'assiette. Par conséquent, la demande de décharge de l'obligation de payer et les conclusions accessoires ont été rejetées.
Avocat : DELPLANCKE-POZZO DI BORGO-ROMETTI & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400176
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a examiné la requête de l'EURL Clasper Associates France contestant une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et une retenue à la source pour l'exercice 2018. La société contestait la remise en cause par l'administration fiscale de la mise à disposition gratuite d'un véhicule à un tiers, qualifiée d'acte anormal de gestion sur le fondement des articles 38 et 39 du code général des impôts, ainsi que le rejet de frais de déplacement et de réception. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l'administration avait établi le caractère anormal de la gestion, et a maintenu les impositions et pénalités, à l'exception de l'amende prévue à l'article 1759 du code général des impôts déjà déchargée. La décision s'appuie sur les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.
Avocat : IN EXTENSO AVOCATS ALSACE
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400391
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la demande de la SCI Hostellerie 2000, qui contestait une cotisation supplémentaire d’impôt sur les sociétés pour 2020. La société avait consenti un abandon de loyers à sa locataire, la SARL Veleda, que l’administration fiscale a requalifié en acte anormal de gestion. Le tribunal a jugé que, malgré l’absence de lien de dépendance capitalistique, les deux sociétés étaient contrôlées par les mêmes personnes physiques, établissant un lien de dépendance de fait au sens du 12° de l’article 39 du code général des impôts. Par conséquent, l’abandon de loyers ne pouvait bénéficier de l’exonération prévue à l’article 14 B du même code et a été réintégré dans les résultats imposables.
Avocat : KRETZ